ENVIRONNEMENT

Bénin : une foire pour promouvoir les semences paysannes et les mets anciens

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Le Cevaste a organisé fin février 2021 au Fort français à Ouidah, avec la Fédération agroécologique du Bénin (FAEB) une foire semencière et de dégustation des mets anciens.

Les autorités visant les stands de semences paysannes et de mets locaux

Promouvoir les semences paysannes et valoriser les mets anciens. C’est l’objectif d’une foire semencière et de dégustation de mets organisée vendredi 26 février 2021 au Fort français à Ouidah. Initiée par le Centre d’expérimentation et de valorisation de l’agroécologie, des sciences et techniques endogènes (Cevaste) avec la Fédération agroécologique du Bénin (FAEB), la foire s’est déroulée autour du thème : « semences paysannes et agroécologie pour la souveraineté alimentaire au Bénin ».

A travers ce thème, les organisateurs de la foire entendent mettre en lumière également l’agroécologie. Cette forme d’agriculture, dans sa pratique, écarte toute utilisation d’intrants chimiques de synthèse (c’est-à-dire engrais chimique, produits de traitement chimiques) mais qui privilégie les intrants naturels. La FAEB, dans une déclaration, s’est engagée à promouvoir cette forme d’agriculture car, a-t-elle fait remarquer, « l’agro écologie a fait ses preuves par ses performances économiques sociales et environnementales ». Cette forme d’agriculture, assure la FAEB dans sa déclaration, « protège l’environnement, le producteur et le consommateur et fournit des aliments sains aux populations ».

Evoquant les semences, principaux facteurs de production, la FAEB a exigé que soit accordée dans les documents de politiques agricoles du Bénin une place de choix pour les semences locales. Dans une communication sur le thème de la foire, la Mère Jah, a souligné la nécessité pour les paysans béninois de « protéger valoriser et de préserver notre patrimoine semencier tel que nous l’avons reçu pour les générations qui viennent ».

La Mère Jah justifie cette nécessité par les enjeux liés à la semence. Notamment la modification de l’ADN des semences dans un but purement financier et ses conséquences présumées sur la santé. « Les recherches technologiques telles que l’hybridation ou les OGM organismes génétiquement modifiés visent à dénaturaliser la semence donc à modifier sa contribution à notre santé. L’objectif est le gain financier.  Elles ne sont donc pas motivées par la recherche d’une meilleure sensation gustative ou mieux d’un meilleur apport nutritionnel. Le bien-être de l’homme est mis de côté dans la quête de profits financiers », a fait observer la Mère Jah.

De la souveraineté alimentaire

De l’analyse de la Mère Jah, « les semences hybrides et les OGM ne constituent en rien la solution contre la faim ou le moyen pour atteindre la sécurité alimentaire ». « Au-delà des promesses et des concepts alléchants, les résultats sont là et la faim continue à tuer plus que la pandémie », souligne l’activiste de la société civile dans sa communication.

« Depuis l’avènement des cultures conventionnelles chimiques, les fruits et légumes ont perdu 16% de calcium, 27% de vitamine C, et 48% de fer. Les aliments que nous consommons se vident progressivement de leur teneur en nutriment », a laissé entendre la Mère Jah. Pour l’activiste, « la seule manière d’être en sécurité, c’est d’être souverain sur le plan alimentaire. C’est-à-dire de produire ce que nous consommons en utilisant les ressources de notre environnement pour fertiliser ou traiter notre terre », pense la Mère Jah.

Evoquant une publication de l’Alliance pour la souveraineté alimentaire en Afrique dont est membre la FAEB, la Mère Jah a laissé entendre qu’un remède est négligé dans la lutte contre la pandemie du Covid-19. Elle fait allusion notamment à la nutrition. « La nutrition peut jouer un rôle important dans la lutte contre le Covid et bien d’autres maladies évitables », a-t-elle fait savoir avant d’inviter : « Célébrons nos cuisines traditionnelles et toutes les connaissances qu’elles renferment et enrichissons-les ».

Représentant du ministre de l’Agriculture à la cérémonie, le directeur général de l’Agence territoriale de développement agricole, pôle 7, Agossou Prospère Sagbo, a soutenu que les semences paysannes et l’agroécologie ne sont pas du reste dans la politique de développement agricole du Bénin.

 

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