POLITIQUE

Hennebel: «En arrêtant Joël Aïvo, le gouvernement du Bénin met la “Constitution" derrière les barreaux »

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Pour l'avocat belge Ludovic Hennebel, l'opposant Joël Aïvo a été arrêté pour son audace de rappeler au président Patrice Talon que "5 ans c'est ans". Il estime que son client incarne la constitution du Bénin qui est ainsi jetée en prison.

 

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Prof Joël Aïvo, constitutionnaliste béninois

 

Que reproche exactement la justice béninoise à l'universitaire Joël Aïvo ? Depuis son arrestation et son placement en détention provisoire par la CRIET, les Béninois s'interrogent sur les faits reprochés à l'opposant au régime du président Patrice Talon. L'un de ses avocats Barnabé Gbago avait déclaré dans une interview à RFI ne pas savoir exactement ce qui est reproché au professeur de droit constitutionnel.

 Dans une déclaration diffusée dimanche 11 juillet 2021 sur la page Facebook du professeur Joël Aïvo, son avocat belge Ludovic Hennebel a déclaré que l'opposant est poursuivi pour avoir lancé un slogan contre la prorogation du mandat du président Patrice Talon. «On lui reproche son slogan lancé en décembre 2020 où il a osé rappeler l'évidence : "5 ans, c'est 5 ans".  Voilà le slogan, montrant que le prolongement du mandat présidentiel était inconstitutionnel. On lui reproche d’avoir exprimé à ce moment-là, par ce slogan, un désaccord», a-t-il informé.

selon l'avocat c'est sur la base de ce slogan que la CRIET accuse le professeur Aïvo «d'avoir voulu soi-disant comploté, et d'avoir appelé les Béninois à manifester». «On l’emprisonne car il a osé dire qu'il n'était pas d'accord avec la lecture constitutionnelle du gouvernement. On l’emprisonne pour avoir exercé sa liberté académique et sa liberté d'expression. Et son devoir de constitutionnaliste», fustige-t-il. 

Une détention arbitraire ?

Le professeur Aïvo a été arrêté le jeudi 15 avril 2021 par la police et ensuite placé en détention à la prison civile de Cotonou par la CRIET. Officiellement, il lui est reproché de présumés faits de «blanchiment de capitaux et d'atteinte à la sûreté de l'État béninois». Selon Ludovic Hennebel, «son arrestation et sa détention sont totalement arbitraires».

«En réalité, en arrêtant Joël Aïvo, le gouvernement du Bénin met derrière les barreaux, non pas un homme, mais la “ Constitution " du Bénin et les valeurs sacrées du Bénin que cette Constitution porte. Dans cette lutte, Joël Aïvo représente l'Etat de droit, il incarne les valeurs démocratiques et les droits de l'homme», fait-il remarquer.

À moins de quatre jours du procès de l'opposant devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme, l'avocat dénonce toujours des difficultés pour sa défense d'avoir accès à son dossier judiciaire.

«Depuis le jeudi 15 avril 2021, mes confrères et moi, les avocats de Joël Aïvo, n'avons que très difficilement accès au dossier. Il n'y a aucun élément de preuve. Il n’y a aucune charge. Ce dossier est vide», a-t-il dénoncé.

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