
Expédit Ologou
Quelles sont les suites politiques pour une remise en liberté de Joël Aïvo et Reckya Madougou après leur condamnation? Les deux candidats recalés à la présidentielle du 11 avril 2021 ont été respectivement condamnés à 10 ans et 20 ans de réclusion criminelle aux termes de leur procès devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET).
Interrogé par Frissons radio sur l'hypothèse d'une solution politique pour permettre leur éventuelle libération, Expédit Ologou a souligné plusieurs pistes. La première possibilité est celle du président de la République Patrice Talon qui ferait un recours gracieux. « Dès lors que le chef de l'État, qui est la personnalité la plus importante dans le système politique, qui est au cœur de l'arrangement institutionnel, lorsqu'il aura décidé, tout sera possible », a-t-il déclaré.
La deuxième possibilité, affirme-t-il, est la recherche d’une solution politique entre membres de la majorité présidentielle et opposants radicaux en faveur de Aïvo et Madougou. « Si on recherche une sorte de suite collective politique dans cette affaire, c'est que les acteurs en présence se décident en fonction de leur ressenti dans l'hypothèse d'une option conciliante », évoque-t-il.
Dans ce cadre, le politologue précise que la plupart des partis politiques et des acteurs politiques entreprennent des actions de bons offices aux fins de la pacification des rapports politiques pour obtenir une sorte de clémence. « Le passé donne un précédent, il s'agit d'une loi d'amnistie (sur les violences législatives d’avril 2019, ndlr) qui pourrait permettre leur libération », illustre-t-il.
L’option radicale
Selon le président du Civic Academy For Africa’s Future (CiAAF), l’opposition radicale peut refuser de négocier avec le régime de Patrice Talon pour obtenir la libération de Joël Aïvo et Reckya Madougou.
« L'hypothèse radicalisant sera de dire que l'on ne négocie pas, on va attendre les prochaines élections et l'on va essayer de se battre et que par exemple aux législatives d'avril 2023 la majorité change de camp peut-être une loi d'amnistie pourra être possible avec ou sans le chef de l'État s'il n'a plus la majorité à l'Assemblée nationale », fait-il remarquer comme troisième possibilité.
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