POLITIQUE

Présidence de l’Union progressiste : comment Bruno Amoussou est parti selon les confidences de Gbénonchi

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Dans un entretien accordé à Guérite Tv Monde, Gérard Gbénonchi, député et 2e vice-président de l’Union progressiste, a fait des confidences sur le départ de Bruno Amoussou de la tête de leur formation politique.

bruno-amoussou-presidence-union-progressisteBruno Amoussou, ex-président de l'Union progressiste a-t-il été contraint de quitter la tête?

C’est un fait. Bruno Amoussou a passé la main à la tête de l’Union progressiste. Lors d’une réunion extraordinaire du bureau politique, le 16 juillet 2022, l’ancien président de l’Assemblée nationale a cédé son fauteuil de président à Joseph Djogbénou, démissionnaire quelques jours plus tôt de la présidence de la Cour constitutionnelle. Selon des rumeurs, Bruno Amoussou a été contraint de passer la main. Mais Gérard Gbénonchi, 2e vice-président de l’Union progressiste assure que non.

Dans un entretien lundi 8 août 2022 à la web tv Guérite Tv Monde, le député a confié que c’est Bruno Amoussou lui-même qui a « présidé en personne la réunion extraordinaire du bureau politique qui a accouché de son départ ». A en croire Gérard Gbénonchi, Bruno Amoussou « a conduit de main de maitre cette réunion extraordinaire du bureau politique et a dit point par point ce qui devait être fait, à partir du bureau politique qui a été élargi, réaménagé, étoffé pour permettre que certains acteurs clés de notre parti puissent l’intégrer. Puis après cela, il est passé à la direction exécutive nationale qui a été aussi réaménagée, étoffée pour plus de dynamisme avant d’en arriver au présidium puis d’annoncer que suite à des consultations, voici le trio qui va désormais présider le parti ». « C’est lui-même qui a annoncé », insiste le député Gbénonchi.

Après le dévoilement du trio du présidium, apprend Gérard Gbénonchi, des gens ont interrogé Bruno Amoussou sur son absence et celles des ex-présidents de l’Assemblée nationale Idji Kolawolé et Mathurin Coffi Nago, de même que celle d’Abraham Zinzindohoué dans le bureau politique. « Il a dit ben Amoussou, Idji, ZInzindohoué, Nago ne figurent plus dans le bureau politique parce qu’ils n’ont plus souhaité figurer dans le nouveau bureau politique. S’il y a des gens parmi vous qui souhaitent nous emboiter le pas alors qu’ils envoient leurs noms, on va les enlever. Et puis les gens ont ri », a confié le 2e vice-président de l’Union progressiste assurant que Bruno Amoussou « n’était pas du tout fâché ».

Un désir lointain de partir

Proche de Bruno Amoussou, Gérard Gbénonchi confie que prendre la retraite politique est un vieux projet du désormais ex-président de l’Union progressiste. « Ça fait longtemps qu’il manifestait le désir de partir », a-t-il laissé entendre. Selon Gérard Gbénonchi, Bruno Amoussou poursuivait un seul objectif : « arriver à faire accoucher d’un parti politique à ancrage national ». Après donc la réforme du système partisan qui a abouti à la création de l’Union progressiste, fait savoir le député Gbénonchi, Bruno Amoussou estimait qu’il a atteint son objectif et avait souhaité passer la main à ce moment-là.

« Mais, révèle Gérard Gbénonchi, tous ont dit non, qu’il n’y a que lui qui incarne l’unité, qu’il reste d’abord jusqu’à ce que nous allions au prochain congrès qui était prévu pour un an, pour permettre d’élire un nouveau bureau à qui passer la main. (…) Les préparatifs pour aller au congrès ont commencé quand il lui a été dit mais les législatives de 2019 sont proches. Si tu t’en vas à cette période, il y aura de décadence dans le parti. Il faut rester au moins pour qu’on parte aux législatives de 2019. Il a dit ok. Pour l’intérêt supérieur du parti, il est resté. Il a conduit le parti vers les élections législatives ». Après ces élections législatives controversées où l’Union progressiste est arrivée en tête avec le plus grand nombre de députés, 47 sur 83, Bruno Amoussou, aux dires de Gérard Gbénonchi, a entamé le processus devant conduire à l’élection d’un nouveau bureau. « On était dans ce processus quand on s’est aperçu que les élections communales de 2020 étaient proches et on lui a dit encore qu’on arrête. Il faut qu’on aille à ces élections communales d’abord. Il a accepté », a-t-il laissé entendre. Au lendemain des élections communales remportées par le parti, souffle Gérard Gbénonchi, le processus devant aboutir à la mise en place d’un nouveau bureau dirigeant a été relancé. « On s’est retrouvé nez-à-nez avec la présidentielle. Il a été dit mais, tu ne vas pas faire les législatives, les communales et abandonner à ce moment précis. Il a encore accepté », confie le 2e vice-président de l’Union progressiste.

Ayant été contrainte de surseoir au processus devant conduire au renouvellement du bureau en raison de la proximité avec des élections, l’Union progressiste, soutient Gérard Gbénonchi, a décidé de relancer le processus après la présidentielle.  « Après 2021, on a une autre élection qu’en 2023. Donc, on a deux ans pour faire les choses », s’était-on dit au sein du parti. Après les élections de 2021, il s’est cependant écoulé un certain temps avant une énième relance du processus. Le processus, selon Gbénonchi, était en cours quand la Cour constitutionnelle a sorti sa décision qui fixait les élections au 8 janvier. « C’était à moins de 8 mois. Il lui a été dit encore stop, et cette fois-ci, il a dit non. Ça va », a fait savoir Gérard Gbénonchi.

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