POLITIQUE

Sanctions de la CEDEAO contre la Guinée : pas d’accord, le Mali se désolidarise

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Le Mali a affiché son désaccord contre les sanctions prises par la CEDEAO à l'égard de la Guinée en marge de la 77e assemblée générale de l'ONU à New-York. 

abdoulaye-maiga-maliAbdoulaye Maiga, premier ministre par intérim du gouvernement de transition au Mali

Le Mali veut aider la Guinée à faire face aux sanctions de la CEDEAO. Un Sommet extraordinaire de la Conférence des chefs d'Etat et de gouvernement de la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) a été tenu le 22 septembre 2022 à New York sur la situation au Mali et en Guinée. A l’issue de ce sommet, la CEDEAO a décidé de prendre des « sanctions progressives » contre la Guinée.

Il s’agit de sanctions progressives sur des individus et contre la junte guinéenne. Mais, le président en exercice de la CEDEAO et le président de la commission de l’instance vont établir une liste de personnes à sanctionner et, de manière graduelle, appliquer ces sanctions. Mais, les sanctions n’ont pas encore été dévoilées.

Sans attendre ces sanctions, le Mali apporte déjà son soutien à la Guinée. A travers un communiqué publié, mercredi 29 septembre 2022, le gouvernement de la Transition a indiqué qu’il a été « outré par les sanctions illégales, illégitimes et inhumaines qui impactent négativement la vie des populations guinéennes ». Alors, il a décidé de « se désolidariser de toutes les sanctions illégales, inhumaines et illégitimes prises à l'encontre de la République sœur de Guinée et ne leur réservera aucune suite ». Selon le communiqué du premier ministre par intérim, le Colonel Abdoulaye Maïga, le Mali est prêt à adopter, si nécessaire, des mesures pour assister la Guinée, afin d'annihiler les conséquences de ces sanctions inutiles contre le peuple guinéen et la junte au pouvoir.

Le Mali rappelle que l'objectif de la CEDEAO est « d'améliorer les conditions de vie des populations et non d'adopter des sanctions contre-productives les affectant ». Il relève que « les transitions politiques ne résultent que de la mauvaise gouvernance ». En conséquence, « les autorités de Transition sont accompagnées par la CEDEAO pour mener des réformes politiques et institutionnelles qui contribuent à renforcer la bonne gouvernance et la stabilité ».

Bamako exprime sa solidarité indéfectible et son ferme soutien au peuple et au gouvernement guinéens dans « leur engagement à jeter les bases d'une refondation de l'État guinéen à travers des réformes politiques et institutionnelles nécessaires à un retour apaisé, crédible et sécurisé à un ordre constitutionnel normal ».

Selon le communiqué, la junte au pouvoir au Mali reste ouverte à toutes les initiatives sincères de recherche de solutions aux défis relatifs à la stabilité, à la paix et à la sécurité de la sous-région. Mais, ces initiatives doivent être menées dans le respect mutuel et dans la cadre du panafricanisme.

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