Archives

30 heures aux aspirants : regards croisés d’un pro-Talon et d'un opposant

30 heures aux aspirants : regards croisés d’un pro-Talon et d'un opposant

Au Bénin, la décision du gouvernement d’attribuer 30 heures de cours par semaines aux aspirants au métier d’enseignant continue de faire polémique. Ce dimanche 11 septembre 2020, le sujet était en débat entre un opposant et un proche du pouvoir sur la radio nationale. 

Au Bénin, la décision du gouvernement d’attribuer 30 heures de cours par semaines aux aspirants au métier d’enseignant continue de faire polémique. Ce dimanche 11 septembre 2020, le sujet était en débat entre un opposant et un proche du pouvoir sur la radio nationale. 

eleves-enseigant-classe

Pour le compte de l’année scolaire 2020-2021, chaque aspirant au métier d’enseignant, déployé sur le terrain devra exécuter 30 heures de cours par semaine. Depuis fin septembre 2020, la polémique autour de cette décision du ministre de l’enseignement secondaire devient de plus en plus grande. Pendant que certains aspirants et les responsables syndicaux dénoncent une « surcharge », le gouvernement a démontré les avantages de cette décision.

Mais cette approche n’a pas mis fin aux contestations verbales dans l’opinion. « 30 heures de cours par semaine, c’est fastidieux », a lancé Solomon Odjo, ancien enseignant et membre du bureau politique de la Force cauris pour un Bénin émergent (FCBE), sur la radio nationale, ce dimanche 11 octobre.

Invité tout comme lui sur l’émission « 90 minutes pour convaincre », le député Abdoulaye Gounou du Bloc Républicain (BR) a soutenu que le gouvernement a pris cette décision pour combler le vide de l’insuffisance d’enseignants. Une position que ne partage pas l’opposant. Pour Salomon Odjo, la solution au problème évoqué par le parlementaire n’est pas la surcharge des nouveaux enseignants. « On dit qu’il y aura des classes sans enseignants, dans ce cas qu’on en recrute davantage. Il faut recruter le nombre qu’il faudra pour que chaque classe puisse avoir le nombre d'enseignants recommandé », a-t-il lancé.

Ce recrutement, souligne Abdoulaye Gounou, va coûter cher à l’Etat béninois. « L’éducation a un coût parce que c’est l’avenir du pays », a retorqué l’opposant. En sa qualité d’enseignant du supérieur, le député proche du pouvoir estime que 30 heures, ce n’est pas trop demander aux aspirants. « 30 heures ça fait 6 heures par semaine, c’est tenable », a-t-il soutenu.

Pour l’universitaire, dans le passé, les enseignants vacataires étaient recrutés « à l’emporte-pièce alors que l’enseignement c’est une vocation ». Pour mettre fin à cette manière de procéder, poursuit-il, le gouvernement béninois a décidé de constituer une base de données des aspirants au métier d’enseignement. Malgré son argumentaire, son vis-à-vis, continue de croire que le recrutement massif d’enseignants ou d’aspirants au métier d’enseignant reste la meilleure solution au problème d’insuffisance d’enseignants dans les lycées et collèges du Bénin.

Le jeudi 8 octobre, lors d’une rencontre avec les centrales et confédérations syndicales, le président Patrice Talon a reconnu qu’imposés 30 heures aux aspirants c’est trop LEUR demander. « Trente heures, c’est largement au-dessus de la norme, c’est demander pratiquement l’impossible aux aspirants », a-t-il déclaré lors de ses échanges avec les secrétaires généraux des centrales et confédérations syndicales.