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Justice: la CCJA confirme une décision de la Cour africaine critiquée par les autorités béninoises

Justice: la CCJA confirme une décision de la Cour africaine critiquée par les autorités béninoises

La Cour Commune de justice et d’arbitrage de l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (CCJA-OHADA) a rendu jeudi 26 novembre 2020 une décision dans le dossier à l’origine du retrait par le Bénin de la possibilité à ses citoyens de saisir directement la Cour africaine des droits l’homme et des peuples (CADHP). 

La Cour Commune de justice et d’arbitrage de l’Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires (CCJA-OHADA) a rendu jeudi 26 novembre 2020 une décision dans le dossier à l’origine du retrait par le Bénin de la possibilité à ses citoyens de saisir directement la Cour africaine des droits l’homme et des peuples (CADHP). 

ccja

Une décision de la Cour Commune de justice et d’arbitrage similaire à celle de la Cour africaine dans l’affaire qui oppose la SHRL et la SGB. Saisie d’une requête dans le cadre de ce dossier, la CCJA a cassé jeudi 26 novembre 2020, le jugement ADD n°14/19/CSI/TCC rendu le 19 décembre 2019 par le tribunal de commerce de Cotonou. Les juges de CCJA ont en effet annulé « le commandement aux fins de saisie immobilière du 04 juillet 2019 et tous les actes subséquentes » prononcé par le tribunal de commerce. Ils ont également « rejeté la demande de la SHRL tendant au paiement des dommages-intérêts, mais ont condamné la SGB S.A aux dépens. »

Le nouveau verdict intervient après une décision semblable rendue par la CADHP dans ce dossier. La décision de mesures provisoires ordonnées par la Cour africaine avait amené le gouvernement béninois à annoncer le retrait de la possibilité à ses ressortissants de saisir directement cette juridiction. Dans leur verdict, les juges d’Arusha avaient décidé de faire droit à la requête introduite par ce citoyen béninois contre la décision rendue par le tribunal de commerce de Cotonou. Elle a demandé à l’État béninois de "Surseoir à toute mutation du titre foncier n"14140 volume LXIX folio 149 de la circonscription de Cotonou au profit de l'adjudicataire ou de tout tiers bénéficiaire et à toute mesure de dépossession du requérant de l'immeuble dont il s'agit, en exécution du jugement ADD en attendant I ‘examen au fond de la requête par la Cour ».

Colère et retrait du Bénin

Cette décision a fort déplu aux autorités béninoises qui n’ont pas tardé à réagir et à critiquer la CADHP. « Cette décision a bien évidemment provoqué un désarroi dans les milieux d’affaires et celui des banques prêteuses en particulier dont le représentant n’a pas manqué d’exprimer au Gouvernement son vif émoi face à cette intrusion aussi incongrue, inopportune, qu’impertinente dans le domaine des relations commerciales entre particuliers », avait le ministre de la justice Sévérin Quenum.

Selon lui, cette décision revenait plutôt à la CCJA. Il a déploré le fait que Cour africaine a omis d’aviser directement la Société Générale Bénin en notifiant le recours le 18 février 2020 à l’Etat béninois qui n’était pas partie à la procédure, en lui impartissant un délai de huit (08) jours pour répondre à la demande de sursis à exécution. « Ce sont ces considérations qui ont donc amené le Gouvernement de la République du Bénin à prendre la décision de désengagement pour ce qui concerne la compétence de la Cour relativement aux requêtes individuelles et des ONG », a-t-il précisé.