SECURITE-HUMAINE

Qualité des aliments au Bénin: l’ENSTA pose le débat sur une situation peu rassurante

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L’Ecole de nutrition, des sciences et technologies alimentaires (ENSTA) a célébré lundi 7 juin 2021 la Journée internationale de la sécurité sanitaire des alimentaires.

Dr. Ir. Sylvain Dabadé, lors de sa communication

La sécurité sanitaire des aliments en débat à l’Université d’Abomey-Calavi. La communauté internationale a célébré lundi 7 juin 2021 la Journée internationale de la sécurité sanitaire des alimentaires. Le thème retenu pour cette année par l’Organisation mondiale de la santé est : « Des aliments sains pour un avenir ».  

Au Bénin, l’Ecole de nutrition, des sciences et technologies alimentaires a marqué l’évènement à travers l’organisation à l’Université d’Abomey-Calavi d’une séance d’échanges sur la sécurité sanitaire des aliments au Bénin et dans la sous-région. Deux communications ont meublé la célébration. La première sur le thème : « L’Afrique au sud du Sahara et le défi de la production d’aliments sains » est présentée par Dr. Ir. Sylvain Dabadé. La deuxième communication présentée par Dr Nadia Fanou Fogny porte sur le thème : « Sécurité sanitaire des aliments et nutrition : effets et actions ».

A travers leurs communications, les deux universitaires ont montré qu’il y a à redire sur les aliments que nous consommons. Se basant sur des chiffres de l’OMS, Dr. Ir. Dabadé a fait savoir que plus de six cent millions de cas de maladie chaque année en raison des aliments contaminés par des agents infectieux et chimiques. L’universitaire a laissé entendre que l’Afrique au sud du Sahara est la partie du monde qui paie le plus lourd fardeau. « Nous payons lourd. Nous avons près de cent quarante-deux mille qui meurent chaque année en Afrique du fait des aliments que nous consommons », a signalé l’universitaire.

Selon l’enseignant, cette situation déplorable de la sécurité sanitaire des aliments est due à un certain nombre de facteurs. Notamment le système de production, l’hygiène et le système de fabrication. « Nous n’avons pas un bon système de production, les bonnes pratiques d’hygiène ne sont pas respectées, les bonnes pratiques de fabrication ne sont pas respectées. En fin de compte, on a des aliments qui ne sont pas de bonnes qualités », a fait savoir Dr. Ir. Dabadé.

Le Doyen de la FSA entouré du vice-doyen de l'ENSTA (g) et le président du comité d'organisation de la séance d'échanges

Au Bénin, apprend le communicateur, des études ont révélé la présence d’agents chimiques, notamment de l’aflatoxine, des résidus de pesticides et du cyanure dans les aliments.  

Piste de solutions

Comment faire pour la garantir la sécurité sanitaire des aliments ? Les communicateurs ont proposé d’agir sur trois axes clés. Le premier axe concerne la sensibilisation factuelle. Selon Dr. Ir. Dabadé, cette sensibilisation est basée sur les preuves. « Nous n’allons pas continuer juste à parler. Il faut qu’on amène les acteurs qui sont impliqués dans la chaîne de production à comprendre effectivement que le problème se pose en faisant des démonstrations simples », a suggéré l’enseignement. Le deuxième axe, c’est le renforcement des capacités. « C’est très important. Il faut former tous les acteurs. Que ce soient les consommateurs, les chercheurs, les structures comme l’Agence béninoise de la sécurité sanitaire des aliments…pour que chacun sache ce qu’il y a à faire pour que nous ayons la sécurité sanitaire des aliments », a laissé entendre l’enseignant. Le troisième axe sur lequel il faut agir selon le chercheur, c’est la règlementation. « Il faut que nous ayons les textes. Il faut que nous ayons les normes et que cette règlementation soit une règlementation contextuelle basée sur nos réalités », a indiqué Dr. Ir. Sylvain Dabadé. Il est suggéré également de mettre un accent sur les mesures coercitives. Vice-doyen de l’ENSTA, Professeur Polycarpe Kayodé s’est réjoui de l’organisation de cette journée à l’Université et a invité à une prise de conscience collective pour préserver notre santé.

La célébration de la journée à l’Université d’Abomey-Calavi a mobilisé de nombreux étudiants, des universitaires. Le doyen de la Faculté des Sciences agronomiques qui abrite l’ENSTA, Professeur Philippe Lalèyè a souhaité que pour les prochaines fois, les autorités soient conviées, de même que les producteurs et les transformateurs.

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