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Protection sociale en Afrique: 21 choses à retenir sur la déclaration de Cotonou

Protection sociale en Afrique: 21 choses à retenir sur la déclaration de Cotonou

L'Ong We Social Movements (WSM), a organisé en partenariat avec Inspir-Afrique, du lundi 21 au jeudi 24 juin 2021 à Cotonou, un atelier sur les stratégies d’implication des mouvements sociaux et des organisations de la société civile pour une extension effective de la protection sociale en Afrique. Au terme des travaux, au regard des constats, des recommandations ont été faites par les participants.

L'Ong We Social Movements (WSM), a organisé en partenariat avec Inspir-Afrique, du lundi 21 au jeudi 24 juin 2021 à Cotonou, un atelier sur les stratégies d’implication des mouvements sociaux et des organisations de la société civile pour une extension effective de la protection sociale en Afrique. Au terme des travaux, au regard des constats, des recommandations ont été faites par les participants.

bPrésidium

Les pays africains, organisations et partenaires sociaux et techniques disposent désormais des pistes pour une protection sociale de toutes les couches de la société. A la faveur d’une conférence de presse, Inspir-Afrique et l’Ong WSM ont exposé, jeudi 24 juin 2021, sept constats sur la thématique et fait quatorze recommandations aux différentes parties concernées par la promotion de la protection sociale. C’est au terme de leur atelier sous régional sur : « Les stratégies d’implication des mouvements sociaux et des organisations de la société civile pour une extension effective de la protection sociale en Afrique ». Cet atelier s'est tenu du lundi 21 au jeudi 24 juin 2021 à Cotonou.

L’objectif est d’organiser un apprentissage commun entre le réseau Inspir-Afrique, les cadres techniques des départements ministériels en charge de la protection sociale au niveau national et les cadres des institutions régionales continentales (Ua, Uemoa, Cedeao).

La rencontre a mobilisé en présentiel et en vision conférence des participants de plusieurs pays: Bénin, Burkina Faso, Mali, Sénégal, Mali, Togo et Guinée.  Ce sont notamment les membres des réseaux Inspir du Bénin et des représentants des départements ministériels en charge de la protection sociale des pays participants, les représentants d’institutions communautaires (Ua, Cedeao, Uemoa), les représentants des bureaux régionaux des institutions du système des Nations unies (Bit et Unicef) et de l’Ambassade du Royaume de Belgique près le Bénin et des cadres de la National health insurance authority (Nhia), institution en charge de la protection sociale dans le domaine de la santé au Ghana.

A l’issue des échanges, les participants ont fait les constats suivants:

  1. Dans tous les pays de l’Afrique de l’Ouest ayant pris part à l’atelier, des politiques et programmes d’extension de la protection sociale aux couches vulnérables sont mis en œuvre (par exemple les filets sociaux)

  2. L’implication des mouvements sociaux et organisations de la société civile dans le processus d’extension de la protection sociale connaît une avancée dans la plupart des pays.

  3. Les institutions communautaires, notamment l’UEMOA et l’UA, ont mis en place des instruments politiques et programmes (Spirework-UA, Pacrm-Uemoa) visant l’extension de la protection sociale ainsi que des mécanismes de participation des mouvements sociaux dans le processus d’extension de la protection sociale (Cas du comité consultatif de la mutualité sociale (Ccms) de l’Uemoa, Comité spécialisé de l’UA sur le développement social, le travail et l’emploi).

  4. Malgré la mise en place par les institutions communautaires des cadres juridiques pour l’extension de la protection sociale, leur mise en œuvre reste un défi dans la plupart des pays. Les acteurs de l’économie informelle restent faiblement couverts.

  5. Un effort d’accompagnement des initiatives développées par les mouvements sociaux en matière d’extension de la protection sociale par certains Etats, pour leur permettre d’assurer une plus grande couverture des populations de l’économie informelle et du monde rural.

  6. Plusieurs Etats africains ne parviennent pas à honorer les engagements pris au niveau communautaire ou régional, notamment ceux visant à consacrer une part de leurs PIB à la protection sociale et au développement social, ou mettre en œuvre les instruments qu’ils ont mis en place eux-mêmes (Règlement communautaire de la mutualité sociale, Spirework, …)

  7. Un effort de développement de synergies entre les organisations de la société civile (syndicats, mutuelles, acteurs de l’économie, …) actives sur les différentes dimensions de la protection sociale dans tous les pays présents à l’atelier.

 

Au regard de ces constats et considérant que la protection sociale est un droit humain fondamental, les mouvements sociaux et membres des organisations de la société civile, participant à l’atelier ont invité les Etats à :

  1. Poursuivre l’extension de la protection sociale à toute la population et principalement aux couches vulnérables, aux acteurs de l’économie informelle et du monde rural ainsi qu’aux travailleurs migrants et migrantes avec un focus particulier sur les jeunes et sur les femmes ;

  2. Elargir la gamme des prestations garanties aux travailleurs du secteur informel public et privé,

  3. Mettre en place au niveau national des mécanismes d’implication effective des mouvements sociaux et des organisations de la société civile actifs déjà sur la thématique de la protection sociale dans la formulation, la mise en œuvre, le suivi et l’évaluation des politiques et stratégies de protection sociale ;

  4. Mettre en application le cadre juridiction communautaire existant en matière de protection sociale, notamment le règlement 07/2009/UEMOA sur la mutualité sociale.

  5. Mettre en application des mesures coercitives prévues par ces cadres juridiques,

  6. Accompagner activement les initiatives développées par les mouvements sociaux et acteurs de la société civile en faveur des groupes vulnérables et marginalisés pour leur permettre le passage à l’échelle ;

  7. Faciliter les mécanismes de portabilité de la protection sociale dans les pays africains ;

Les partenaires techniques et financiers à :

  1. Poursuivre l’accompagnement des Etats ainsi que des mouvements sociaux pour plus de professionnalisme dans la gouvernance et l’opérationnalisation des mécanismes de protection sociale inclusive ;

  2. Favoriser le développement des synergies et les partenariats entre les mouvements sociaux et OSC d’Afrique et leurs homologues des autres continents en matière de protection sociale.

  3. Accompagner l’organisation et la structuration des mouvements sociaux au plan national, régional et international pour mieux porter les plaidoyers et mieux assurer la représentation des mouvements sociaux dans les instances de prise de décisions à tous les niveaux (national, régional et international).

  4. Assurer l’alignement de leurs appuis aux politiques de protection sociale des Etats en veillant également bien les articuler avec les initiatives développées par les communautés à la base.

Recommandations 

Aux mouvements sociaux et organisations de la société civile de :

  1. Renforcer les collaborations et synergies entre les mouvements sociaux et organisations de la société civile africains en matière de protection sociale pour un apprentissage commun et un enrichissement mutuel ;

  2. Renforcer les capacités des acteurs et actrices de la protection sociale pour une meilleure compréhension sur la thématique et le cadre juridique la régissant aux plans international, régional et national ;

  3. Renforcer l’organisation et la structuration des mouvements sociaux au plan national, régional et international pour mieux porter les plaidoyers et mieux assurer leur représentation dans les instances de prises de décisions à tous les niveaux (international, régional et national).