SECURITE-HUMAINE

Burkina Faso : condamné avec sursis, un chef coutumier préfère être enfermé pour sa sécurité

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A Kaya, un chef traditionnel a été condamné pour incitation à à la haine et à la violence. Son procès s’est tenu le mercredi 23 novembre 2022.

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Condamnation d’un chef traditionnel au Burkina Faso. Agé de 50 ans, le chef du canton de Zomoogo âgé dans le Namentenga a été condamné le mercredi 23 novembre 2022 à 6 mois de prison assortie de sursis et à 300 000 FCFA d’amende pour incitation à la haine et à la violence.

Les propos mis en cause sont contenus dans une vidéo qui a circulé sur les réseaux sociaux. Selon l’AIB, le prévenu accuse quelqu’un d’avoir falsifié la vidéo et estime ne plus être en sécurité depuis que cette histoire a commencé. Il soupçonne la personnes d'avoir indiqué sa maison des des hommes "masqués". 

Au tribunal, le chef coutumier a confié au procureur que depuis la publication de cette vidéo sa vie serait menacée. « Je suis surpris que depuis les évènements, j’ai été auditionné par la gendarmerie sans être détenu. Je préfère qu’on m’enferme pour préserver ma vie », a-t-il déclaré rapporté par l’agence de presse du Burkina Faso.

Les faits

Alors qu’il était à une rencontre-bilan entre les forces vives de la région et les représentants du Centre-Nord aux assises nationales pour l’adoption de la Charte de la Transition, apprend l’AIB, il a tenu des propos qui ont suscité une vague d’indignations sur les réseaux sociaux et au sein de la société civile burkinabè. Le chef traditionnel est accusé d’avoir ciblé des profils types de citoyens à tuer pour combattre le terrorisme dans le pays des hommes intègres. C’était le 16 octobre 2022 à la place de la Nation du Kaya. Ces propos incitant à la haine et à la violence, a rappelé le procureur leur du procès, sont punis sont punis par l’article 322 du Code pénal en son alinéa 4.

A la barre, le mis en cause n’a pas reconnu les faits mis à sa charge. « On était à un meeting et on m’a donné la parole. J’ai parlé durant une vingtaine de minutes. J’ai dit que si l’insécurité continue, nous allons demander aux Dima et aux chefs traditionnels que chacun corrige ses ethnies. La personne a coupé mes propos et a collé des parties. Ces propos ne me ressemblent pas », s’est-il devant au tribunal, rapporte l’AIB.

Mais des hommes qui étaient à la place de la Nation le 16 octobre ont soutenu qu’il a réellement tenu ces propos. Après les différents témoignages, le tribunal a estimé que les faits d’incitation à la haine et à la violence sont établis. Le mis en cause a été reconnu coupable a été condamné à 6 mois de prison avec sursis et 300 000 FCFA d’amende. 

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