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Arnaque mobile money depuis la prison de Missérété : les explications des policiers arrêtés, du cerveau et des victimes à la CRIET

Arnaque mobile money depuis la prison de Missérété : les explications des policiers arrêtés, du cerveau et des victimes à la CRIET

Les mis en causes dans le dossier d’arnaque d'opérateurs mobile money par un détenu depuis la prison civile d’Akpro-Missérété étaient devant le juge de la Cour spéciale lundi 26 juin 2023. Le prisonnier, cerveau de l’affaire, n’a pas reconnu les faits à la barre. 

Les mis en causes dans le dossier d’arnaque d'opérateurs mobile money par un détenu depuis la prison civile d’Akpro-Missérété étaient devant le juge de la Cour spéciale lundi 26 juin 2023. Le prisonnier, cerveau de l’affaire, n’a pas reconnu les faits à la barre. 

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L’affaire arnaque d'opérateurs mobile money depuis la prison de Missérété se poursuit devant le juge à la CRIET. La Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme a examiné le dossier lors de l’audience correctionnelle du lundi 26 juin 2023. 

Les accusés dans cette affaire qui a fait plusieurs victimes ont été convoqués devant la Cour. Au total 19 personnes dont neuf (9) policiers parmi lesquels six placés sous mandat de dépôt, sont poursuivies par le parquet spécial dans cette arnaque orchestrée par un détenu depuis la prison civile d’Akpro-Missérété. Les prévenus sont poursuivis suivant deux procédures que la Cour a ordonné de faire la jonction et les débats s’en sont suivis. 

Les victimes à la barre

Le juge a demandé à chaque victime convoquée d’expliquer les conditions dans lesquelles elles ont été escroquées. Chacune d’elles est passée devant la Cour pour déclarer les montants vidés de leurs comptes. Tous avec le même récit. Elles ont reçu des appels d’un interlocuteur qui s’est présenté comme un agent des réseaux GSM pour les aider à faire la mise à jour de comptes marchands. Le faux agent leur envoie un code qu’il demande de valider.  Après validation de code, déclarent les victimes, elles ont constaté la disparition des fonds de leurs comptes. Elles étaient dix-neuf à passer devant le juge pour réclamer entre 17 098 FCFA et 1 783 443 FCFA. Ces victimes souhaitent rentrer en possession de leurs fonds. 

 
Le prisonnier, cerveau de l’arnaque a nié les faits


Convoqué à la barre, le prévenu Ortis Erno Kakpo n’a pas reconnu les faits. A la question du président des céans de savoir « est-ce le détenu sait ce pour quoi, il est devant la Cour ? ». L’accusé a répondu par la négation. Le président le relance « Est-ce vous avez entendu tout ce que les victimes ont dit ? Le prévenu a répondu oui mais, il déclare ne pas savoir ce qui lui est reproché. 
Le détenu arnaqueur présumé est prison pour 7 ans. Il a déclaré avoir été condamné à 7 années d’emprisonnement pour escroquerie. L’accusé aurait déjà purgé 4 ans de cette peine. 

Ses complices présumés s’expliquent à la Cour

Les complices présumés de Ortis Erno Kakpo ont expliqué leurs liens avec le prévenu. Le mis en cause qui l’aide a fait les retraits mobile money. Le jeune homme a expliqué qu’il aide de temps en temps son grand frère de quartier incarcéré à faire des opérations lorsqu’il le sollicitait. Le prévenu ami de Erno a reconnu avoir acheté des crédits sur le compte du prisonnier de plusieurs endroits dont Covè et Parakou. 


« J’ai reçu 3000 FCFA de Erno Kakpo. Il m’a dit de lui acheter de crédits pour 200 FCFA chez différents opérateurs », a-t-il déclaré. A la question de savoir, « est-ce qu’il n’a pas trouvé bizarre que quelqu’un lui demande d’acheter plusieurs fois de crédits pour 200 FCFA chez différents opérateurs ? ».

Le mis en cause a expliqué à la Cour que le prisonnier lui a fait comprendre que le cumul des forfaits est plus élevé. Il a également confié à la Cour qu’il a eu à acheter des médicaments pour son  ”grand frère du quartier” qui souffre de diabète. 

Le prisonnier a été hospitalisé plusieurs fois au Centre hospitalier universitaire départemental à Porto-Novo. D’où il profite pour faire ses opérations.

Un agent de santé accusé d’avoir facilité le séjour du prisonnier à l’hôpital en mettant son bureau à sa disposition s'est défendu en alléguant qu’il offre les mêmes services à tous les patients de l’hôpital. Mais le premier substitut du procureur l’a confondu en s’appuyant sur des extraits de son téléphone. L’agent aurait fait des retraits au prisonnier. Il aurait laissé son bureau à la disposition du prisonnier pour une intimité avec sa femme. Le procureur a révélé que l’agent de santé a aidé son patient-prisonnier à consulter un ‘’bokonon”.

Cet agent de santé identifié comme le plus proche du détenu-malade est placé sous mandat de dépôt. Deux autres agents de santé ont également été écoutés. 

Les policiers inculpés se défendent

A l’audience de ce lundi 26 juin 2023, les fonctionnaires de police mis en cause dans le dossier de l’arnaque ont été écoutés. Six (6) policiers ont été écoutés. Parmi les six  cinq ont déclaré avoir aidé le prisonnier à acheter ses médicaments. Ils ont reconnu avoir reçu de l’argent de la part du détenu qu'ils ont retiré à son profit pour régler ses factures de soins et médicaments. Le sixième policier a, quant à lui, confié avoir aidé un ami du sieur Erno Kakpo à acheter un véhicule d’une valeur 15 millions de FCFA.

 Après les avoir écoutés, le juge a décidé de renvoyer le dossier au 17 juillet 2023 pour continuation. 19 personnes sont poursuivies dans le dossier 9 neuf policiers. 14 accusés sont placés sous mandat de dépôt.