Major Jean Sodji, vice-président de Adjidja handball club
Monsieur le vice-président, quel a été le sentiment qui vous a animé ce soir-là, quand votre club a renversé la hiérarchie en mettant fin au règne sans partage de Flowers ?
Un sentiment de joie, un sentiment de mission accomplie. Puisque, pour ceux qui ont eu droit à mes rares interviews, je n’avais eu de cesse de dire que je suis là, dans le but de bousculer la hiérarchie du handball. Si au lieu de bousculer, je suis arrivé à renverser, vous imaginez. C’est un grand sentiment de satisfaction et au-delà même.
Il a fallu trois ans pour votre bureau exécutif pour en arriver là. Quels sont les éléments qui vous ont permis de hisser le club à ce niveau ?
D’abord, c’était un bureau qui jouissait d’une cohésion sans nul pareil. C’était un bureau qui savait où il allait parce qu’il s’est fixé un objectif clair comme pré énoncé. Ensuite, il y a eu un travail de fourmi. Cela veut dire quoi ? Vous savez, gérer un club sans sponsor en face d’autres clubs qui sont gâtés par les grandes sociétés de la place, il fallait un contact permanent avec les joueurs. Il fallait les convaincre du sens sportif de la compétition au-delà de ce que cela peut amener comme intérêt pécunier. Cela a été un travail quotidien, dans la douleur parfois parce que les plus faibles ont cédé au pouvoir de l'argent et ont quitté le navire. Donc, le secret a été la proximité avec les joueurs, un travail de tous les jours pour maintenir la cohésion au sein de l’équipe et faire valoir le sens sportif de tout ce qu’on faisait. Et, au bout, je pense qu’ils ont compris que c’était très intéressant d’être champion. Ceci dit, on s’organisait pour quand même de légers accompagnements de nos joueurs, en face des rémunérations mirobolantes qui pourraient les attirer. Nous avons su les garder. Donc, on a eu un esprit de conducteur d’hommes.
Aujourd’hui, qu’est-ce que ce titre change dans la vie du club ?
En fait, ça a changé beaucoup de choses dans la vie du club. D’abord, les joueurs ont compris, qu’aujourd’hui, on n’a pas besoin de grands moyens pour faire de grandes choses. La cohésion et le don de soi peuvent produire un résultat. Mieux, nous ne sommes plus, aujourd’hui, à la phase de dire, nous allons défendre notre club. Nous devenons un identifiant national aujourd’hui parce que dans les joutes continentales à venir, nous allons, par la grâce de Dieu, être les représentants du pays. Et, cela interpelle à plus d’un niveau. Ce n’est plus le niveau compétition, championnat national. Donc, ce titre a changé les ambitions du club.
Comment comptez-vous aborder ce baptême de feu au plan sous-régional ?
D’abord, on ne change pas l’équipe qui gagne. Si en trois ans, on a pu réussir à se hisser au sommet de notre championnat, cela veut dire que le club a quelque chose. Donc, le club compte garder son sens d’organisation, son sens de sacrifice, de don de soi. Et, ensuite, nous savons qu’à ce niveau, le sport nécessite de gros moyens. Nous en appelons déjà à la hiérarchie, aux compatriotes pour que nous soyons suffisamment accompagnés pour aller loin que les autres clubs ne l’ont fait. Aucun béninois n’est de trop pour nous accompagner. D’ailleurs, cela a été l’une des raisons de notre cérémonie de présentation de trophée. Nous connaissons la limite de nos moyens. Nous sommes venus dire voilà. Nous venons d’accomplir ceci. Ça sollicite de nous un sens du devoir. Nous allons plus loin. Nous avons déclaré lors de cette cérémonie que nous ne représentons plus l’armée, nous représentons toute la nation à l’étranger. Venez donc nous accompagner pour nous aider à parfaire notre savoir-faire. Personne ne sera du reste. La presse sera la tête de proue pour nous vendre chers pour dire allez les accompagner parce qu’ils sont sérieux. Vous avez vu avec peu de moyens ce qu’ils ont fait, si vous les accompagner, ils iront plus loin. Et, notre organisation sera telle que vous n’allez pas diagnostiquer en notre sein des dilapidations de fonds. Nous ne voulons même pas avoir de contact avec l’argent.
L'équipe de Adjidja handball club célévrant avec le président de la Fédération béninoise de handball, Siikou Karim, son sacre le samedi 12 novembre 2022
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