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Médias et lutte contre les VBG au Bénin : les journalistes appelés à informer sans blesser ni stigmatiser

Médias et lutte contre les VBG au Bénin : les journalistes appelés à informer sans blesser ni stigmatiser

Le traitement responsable et efficace de l'information liée aux Violences basées sur le genre (VBG) dans les organes de presse a été au cœur d'une causerie-débat vendredi 14 août 2026 à la maison des médias à Cotonou. Animée par le président élu de l'ODEM, Tanguy Agoï, ce café-média est une initiative du réseau des acteurs des médias engagés contre les violences basées sur le genre (RAME-VBG), coordonnée par le consortium SOS Civisme Bénin-Banouto.

Le traitement responsable et efficace de l'information liée aux Violences basées sur le genre (VBG) dans les organes de presse a été au cœur d'une causerie-débat vendredi 14 août 2026 à la maison des médias à Cotonou. Animée par le président élu de l'ODEM, Tanguy Agoï, ce café-média est une initiative du réseau des acteurs des médias engagés contre les violences basées sur le genre (RAME-VBG), coordonnée par le consortium SOS Civisme Bénin-Banouto.

Dr Thanguy Agoï, président de l'ODEM lors de la Causerie-débat, vendredi 14 août 2026 à la maison des médias à Cotonou

Dr Thanguy Agoï, président de l'ODEM lors de la Causerie-débat, vendredi 14 août 2026 à la maison des médias à Cotonou

Trois heures de causerie-débat sur les pratiques à privilégier dans les productions journalistiques liées aux VBG. Journalistes, acteurs de la société civile, partenaires techniques et financiers des programmes de lutte contre les VBG se sont réunis vendredi 14 août 2026 à la maison des médias à Cotonou autour d'un même objectif : informer sans blesser, dénoncer sans stigmatiser dans les productions journalistiques relatives aux Violences basées sur le genre (VBG).

 

Coordonnée par le consortium SOS Civisme Bénin-Banouto et organisée par le Réseau des acteurs des médias engagés contre les violences basées sur le genre (RAME-VBG), la rencontre avait pour thème : « Médias et VBG, informer sans blesser, dénoncer sans stigmatiser ». Elle s'inscrit dans le cadre des activités du réseau, officiellement lancées le 13 juin 2026.

 

 

La responsabilité du journaliste en première ligne

 

Au cours des échanges, la responsabilité des professionnels des médias dans le traitement des cas de violences basées sur le genre a été particulièrement mise en avant.

 

Pour le président élu de l'Observatoire de la déontologie et de l'éthique dans les médias (ODEM), Dr Tanguy Agoï, le Code de déontologie et de l'éthique des médias au Bénin (CDEM) a déjà mis en place des garde-fous pour éviter un mauvais traitement de l'information liée aux VBG.

 

Le CDEM, a-t-il rappelé, précise dans son article 15 que « le journaliste respecte et protège les droits des mineurs en s'abstenant de publier leurs photographies et de révéler leur identité ».

 

 

Dans une enquête, indique Tanguy Agoï, on ne saurait donc publier l'image ou révéler l'identité d'un mineur ou d'une mineure victime de viol. Car, selon ses explications, dans certaines situations, une information destinée à dénoncer une violence peut, par son traitement, exposer davantage la victime, renforcer les préjugés ou contribuer à sa stigmatisation.

 

Le communicateur nuance toutefois que « l'image qui valorise ou positionne l'enfant » n'est pas proscrite. Par exemple, le journaliste peut publier la photo et révéler l'identité d'un mineur qui a été le premier à un examen national.

 

 

Dans le traitement des questions relatives aux VBG, le nouveau président de l'ODEM recommande aux journalistes d'être impartiaux et de se départir de leurs émotions. Il rappelle à cet effet que « le journaliste n'est pas un juge. La radio, la télévision, le média en général n'est pas un tribunal ».

 

Le journaliste peut-il dévoiler l'identité de sa source si celle-ci donne son aval ?, a demandé une journaliste lors des débats.  Le panéliste s'est opposé catégoriquement à toute mise en danger de la source. « Ce n'est pas parce que la source est d'accord qu'il faut systématiquement dévoiler son identité », a expliqué Tanguy Agoï.

 

Il estime qu'un journaliste qui est obligé de démontrer la véracité de son information n'est pas un bon journaliste. « La seule personne devant qui le journaliste peut se justifier, c'est le juge », clarifie le chevronné professionnel des médias.

 

 

« Le silence n'est plus une option »

 

Pour les responsables du RAME-VBG, les médias ont un rôle déterminant à jouer dans la lutte contre les violences basées sur le genre.

 

Polycarpe Hounsou, président du réseau a rappelé que de nombreuses femmes, jeunes filles et autres personnes vulnérables continuent de subir des violences dans le silence, notamment dans les milieux scolaire, professionnel et institutionnel.

 

« Les violences basées sur le genre, comme vous vous en doutez, détruisent des vies dans l'ombre », a-t-il souligné. « Face à un fléau qui brise des vies et bafoue la dignité humaine, le silence n'est plus une option », a-t-il poursuivi. Il a alors appelé les médias à ne pas détourner le regard face à ce phénomène.

 

Le RAME-VBG entend ainsi faire des médias un véritable levier de prévention et de lutte contre les violences basées sur le genre. « Nous sommes ouverts à toute forme de collaboration, de partenariat et nous savons que vous, nos confrères et nos consœurs réunis ici aujourd'hui, ensemble, vous pourrez mener la lutte avec nous pour que les questions de VBG et de sextorsion puissent véritablement reculer », a lancé Maryse Assogba-Djo, secrétaire générale du réseau.

 

Le réseau des acteurs des médias engagés contre les violences basées sur le genre (RAME-VBG) est né à la suite d'une formation organisée à Grand-Popo en début d'année 2026 par le Consortium Banouto-Sos Civisme dans le cadre du projet « Stop corruption stop VBG ». 

 

Le Consortium était représentés au café-média par Olivier RibouIs, directeur de publication du média Banouto, membre du comité de gestion de ce projet et Hippolyte Ezin, chef projet « Stop corruption stop VBG ».

 

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