FIFF Cotonou
Mercredi 21 février 2024. Première journée de projection de films du Festival international de films de femmes, FIFF Cotonou 2024. 18 h 45. 15 minutes avant l’heure de la projection, la salle est comble. Les derniers amateurs de cinéma, qui continuent de rejoindre l’Auditorium de l’Institut français de Cotonou, s'installent ici et là dans les couloirs.
Si d’aucuns sont assis, d’autres visiblement plus curieux et déterminés à ne rien rater des six films au programme sont debout. Parmi ce monde, la directrice du comité d’organisation du grand événement cinématographique, Cornélia Glèlè. ‘’Quand la directrice est assise à terre’’, se moque amicalement Marina, l’une de ses collaboratrices.
Dans la salle, ça brille de mille feux. Pendant l’attente de quelques minutes, ça discute, ça taquine et rigole entre festivaliers, en tee-shirts, tenues tradi-modernes ou encore gros sweat à capuche. D’un bout à l’autre de la salle, des téléphones portables et des appareils photos sont sollicités pour immortaliser cette belle soirée cinématographique. Grand moment médiatique pour les professionnels des médias qui s'affairent au pied du podium pour offrir les meilleurs reportages à leurs téléspectateurs et auditeurs.
19 heures 00. Fini, les chuchotements. Moumine Wologan, maître de cérémonie, prend place sur le podium sous le regard bienveillant du public. Bref moment de rappel. ‘’Bonsoir à tous. Nous voici à cette première soirée de projection de film du FIFF Cotonou, 3e édition. Il faut rappeler que ce sont 18 films de 14 nationalités qui entrent en compétition pour remporter l’une des cinq Amazones (prix)’’, lance le MC. Quelques secondes après sa prise de parole, les lumières cèdent leur place à l’écran géant au dos du podium.
Les sons de tam-tam emballent la salle. Et c’est le ‘’Tresseurs de mémoire’’ qui donne le ton de la soirée. Ce film documentaire de 26 minutes offre une plongée au cœur de l’univers artistique des griots, conteurs africains qui transmettent oralement l’histoire et la littérature de leurs communautés à travers un témoignage poétique et musical. Le griot, de la réalisatrice béninoise Laurette Yekpon, est une femme. Sous-estimée par ses confrères, elle s’est faite une place et a su imposer sa marque dans ce milieu d’hommes au Nord du Bénin grâce son savoir-faire.
‘’J’ai réalisé ce film, pas parce que j’avais quelque chose à dénoncer. Déjà, je suis dans le nord et après, j'ai vu beaucoup de bonnes choses. Ça, c'est une belle chose que j’ai vue, que j’ai aimé et que j'ai voulu partager avec le public’’, a justifié Laurette Yekpon.
Le deuxième film de la soirée est ‘’La Tâche’’ de la réalisatrice camerounaise Titiane Thiguiha. Il expose l’histoire d'Amina, jeune fille de 10 ans, envoyée en mariage précocement, et ce, avec le consentement de sa mère. La réalisatrice a réussi à faire voyager les spectateurs à la rencontre des réalités africaines.
Le voyage sera écourté par Mariame N’Diaye, réalisatrice française. Dans son court-métrage ‘’Langue maternelle’’, la passionnée du cinéma et du théâtre relate avec son œuvre, l’histoire d’une jeune femme malienne, Sira qui vit en France avec son mari, Malick et sa fille Abi avec qui elle parle exclusivement en Soninké. Conséquence, Abi, à l'école, n'a pas les mêmes aptitudes en langue française que ses camarades. L’école invite les parents à lui parler français à la maison, Sira s’y oppose.
‘’Debout !’’, le kiff de la soirée
Quatrième film de la première journée de projection de film du FIFF Cotonou 2024, ‘’Debout !’’ de Felana Rajaonarivelo. À travers un langage cinématographique ciblé, des images, une musique entrainante et les transitions vivantes, la réalisatrice malagasy a mis en lumière le quotidien de quatre femmes en situation de handicap, Fela, Lahatra, Nourina et Marie-Claire. Si Fela, Lahatra et Nourina travaillent dans diverses structures, Marie-Claire est mère célibataire, vendeuse ambulante et couturière.
Personnes en situation de handicap, les quatre personnages font face, par la force du courage, à la vulnérabilité des femmes, mais également à celle de femmes handicapées. La réalisation dit vouloir, à travers son film, véhiculer un message de bienveillance envers soi-même et envers son entourage. Le récit émouvant a ému le public qui a salué l'œuvre par de long moment d'applaudissements.
‘’J’ai vraiment aimé le film. Ça a suscité beaucoup d’émotion. L’histoire que ça apporte sur la vie et le combat pour les droits des femmes et des personnes en situation de handicap est magnifique’’, a témoigné Roma Bella. ‘’Le film m’a fait voyager. La musique m’a emporté. Il y a de la créativité’’, a enchaîné Ruth.
Parmi les films projetés figure ‘’Mirror Mirror’’ de Sandulela Asanda. Dans une fiction, la réalisatrice sud-africaine conte l’histoire d’une ado de 16 ans et sa fidèle amie. Elles s’appuient l’une sur l’autre alors qu’elles découvrent les mécanismes du plaisir personnel et décident par elles-mêmes de connaître ce que signifie être une femme.
La soirée cinématographique a pris fin par ‘’Yadikoon Le petit prince’’, de la réalisatrice sénégalaise, Aïssata Koné. Dans ce film, Yama, une mère célibataire de 35 ans, travaille comme bibliothécaire. Elle vit avec son fils de 10 ans Yadikoon atteint d’un syndrome d’asperger, un trouble autistique. Un jour, après avoir surpris sa nounou Yacine qui maltraite Yadikoon, Yama renvoie Yacine puis prend Yadikoon qu’elle amène avec elle à la bibliothèque. Yannick, son patron, découvre que Yadikoon a déchiré des livres précieux. Yannick réprimande Yama sévèrement en taxant Yadikoon d’enfant malade. Yama supporte mal ses remontrances et démissionne.
Dans une atmosphère d'enthousiasme, Felana Rajaonarivelo, réalisatrice de ''Debout !'' et Laurette Yekpon de ''Tresseurs de mémoire'' ont échangé avec le public.
Six films seront projetés ce jeudi 22 février 2024 au centre culturel Arttistik Africa à Cotonou, à partir de 19 H.
0 commentaire
0 commentaire