Un étang piscicole (Ph:AquaDeD ONG)
Dans les départements du Zou, du Mono et du Couffo,au Bénin, la pisciculture change de visage. Depuis le 2 juin 2025, le projet « Valorisation des pratiques agroécologiques pour la durabilité des élevages piscicoles » (PADEP-Bénin) s’emploie à démontrer qu’une production de poissons à faible niveau d’intrants, adossée aux ressources locales, peut être à la fois économiquement viable, socialement inclusive et écologiquement soutenable.
Porté par l’ONG béninoise Aquaculture et Développement Durable (AquaDeD), avec l’appui de l’Agence française de développement (AFD), le programme s’inscrit dans une ambition plus large. C’est celui d’accompagner la transition agroécologique et renforcer la sécurité alimentaire dans un contexte de dérèglement climatique.
Réponse à une alternative à bout de souffle
Au Bénin, les initiateurs du projet ont observé que la pression sur les ressources halieutiques naturelles s’est accentuée au fil des ans, sous l’effet conjugué de la surexploitation et de la dégradation des écosystèmes aquatiques. Pour eux, la pisciculture apparaît dès lors comme une alternative crédible pour répondre à la demande croissante en protéines animales.
A ce sujet, notent-t-ils, les modèles de production longtemps promus sont fortement dépendants d’aliments industriels et d’intrants importés. Ce qui, de par leur analyse, engendre des coûts élevés, des marges faibles pour les producteurs, et des prix souvent inaccessibles pour les ménages les plus modestes.
« Or, des modèles de pisciculture à faible niveau d’intrants, basés sur la valorisation des ressources locales et naturelles, font de plus en plus leurs preuves », souligne-t-on au sein d’AquaDeD. C’est précisément sur ce créneau que se positionne le PADEP-Bénin, lancé pour une durée de trois ans, jusqu’au 2 juin 2028.
En filigrane, le projet s’inscrit dans la poursuite de l’Objectif de développement durable n°2, dit « Faim zéro », qui vise à éradiquer la faim et la malnutrition par la promotion de systèmes de production alimentaires durables et résilients. En soutenant une pisciculture accessible, respectueuse de l’environnement et génératrice de revenus, l’AFD et ses partenaires entendent démontrer que la transition agroécologique peut aussi être un levier de justice sociale et de souveraineté alimentaire.
300 exploitations familiales ciblées
Le projet cible 300 exploitations agricoles familiales, 10 groupements ou coopératives de producteurs et 50 mareyeuses, actrices clés de la transformation et de la commercialisation du poisson. L’approche se veut participative et sensible au genre, afin d’améliorer durablement la production de poissons issus de la pisciculture agroécologique, tout en garantissant un prix compétitif et accessible aux ménages à faible pouvoir d’achat.
Concrètement, il s’agit de diffuser des pratiques reposant sur l’intégration agriculture-pisciculture, l’utilisation d’aliments produits localement, la fertilisation organique des étangs et une meilleure gestion de l’eau et des écosystèmes. Autant de leviers qui permettent de réduire les coûts de production, de limiter l’empreinte environnementale et d’accroître la résilience des exploitations face aux chocs climatiques.
À l’issue du projet, les 300 exploitations agricoles familiales cibles devraient pratiquer une pisciculture agroécologique, pour une production estimée à 45 tonnes de poissons par an. Au-delà des volumes, le PADEP-Bénin ambitionne de transformer la chaîne de valeur à travers l’amélioration des circuits de commercialisation, la mise en réseau des acteurs, la structuration professionnelle et une capacité accrue à défendre leurs intérêts économiques.
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