Wally Zoumarou, député à l'Assemblée nationale du Bénin
La gouvernance du Bénin sous le pouvoir de Patrice Talon n’est pas exempte de tout reproche. C’est en tout cas ce que pense Wally Zoumarou. Mardi 21 décembre 2021, lors de la présentation du rapport 2020-2021 de la Commission béninoise des droits de l’Homme, le député a laissé entendre qu’il y a des choses à critiquer dans la gouvernance de Patrice Talon.
« Le président Talon fait de bonnes choses, et je suis d’accord, mais il y a des choses qu’on doit dire aussi. Tout n’est pas bon dedans », s’est exprimé l’élu de la 13ème circonscription rapporté par le quotidien Fraternité.
Wally Zoumarou estime que les points noirs de la gouvernance du président béninois doivent être relevés pour avancer.
Et entre autres points sur lesquels le pouvoir doit progresser, le parlementaire évoque notamment la démocratie. Premier pays de démocratie en Afrique francophone, le Bénin glisse vers un régime hybride, selon le rapport 2021 de l’Institut international pour la démocratie et l’assistance électorale (IDEA) sur l’état mondial de la démocratie. Le Bénin, à en croire le rapport de l’IDEA, est avec la Turquie les pays où les principes de la démocratie ont le plus reculé ces cinq dernières années (2015-2020). « On s’est battu pour cette démocratie et la démocratie n’a pas d’arrêt. Ça continue. Elle doit s’améliorer tous les jours. Si on nous dit que nous sommes déclassés, est-ce qu’on va porter ce boubou-là pour dire que nous sommes contents ? Ce n’est quand même pas bien ! », a regretté le député. Le parlementaire se rappelle les sacrifices consentis pour hisser le Bénin au rang de pays démocratique. « Nous étions premier pays de la démocratie en Afrique francophone, mais vous ne savez pas ce que nous avons enduré. Nous avons pris nos valises depuis Dakar pour venir défendre les libertés. Nous aurions pu ne pas avoir nos diplômes ».
« Après le manger, il y a la dignité de l’homme »
Wally Zoumarou s’est aussi exprimé sur la situation des droits de l’Homme au Bénin. Le rapport 2020-2021 sur l’état des droits de l’Homme au Bénin révèle un certain nombre de violation nonobstant des avancées. « Lorsque nous sommes ensemble, qu’il y a des droits bien définis et qu’il y a des gens qui sont à des endroits, si nous sommes là en face d’eux et qu’on ne dit rien, les droits de l’homme, c’est où ? Celui qui est chargé de protéger tout le monde est là et brime tout le monde ou orchestre des brimades quelque part, tout le monde dit que c’est lui et personne ne dit rien. Quelle est cette société-là ? », s’est interrogé le parlementaire avant d’ajouter : « Après le manger, il y a la dignité de l’homme. Pour moi, là où j’en suis aujourd’hui, c’est le plus important ».
Pour la protection des droits de l’Homme, le député Zoumarou estime que la Commission béninoise des droits de l’Homme a un « rôle central » à jouer. Dans ce sens, juge le député, « il faut que (les membres de l’institution, ndlr) sachent eux-mêmes ce qu’on appelle les droits de l’Homme et qu’ils sachent que s’ils sont là pour faire plaisir au régime, ce n’est pas bien ».
2 commentaires
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Dandjinou Gbodja pyrhanaud ,Pr ONG LES DEUX AXES
il y a 4 ansBazar
il y a 4 ans