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Limitation des partis politiques au Bénin: Holo favorable, mais pas d’accord avec la méthode

Limitation des partis politiques au Bénin: Holo favorable, mais pas d’accord avec la méthode

Se prononçant sur la récente modification du code électoral et l’échec de la révision constitutionnelle, professeur Théodore Holo, ancien président de la Cour constitutionnelle s’est attardé sur la question de la limitation du nombre de partis politiques au Bénin.

Se prononçant sur la récente modification du code électoral et l’échec de la révision constitutionnelle, professeur Théodore Holo, ancien président de la Cour constitutionnelle s’est attardé sur la question de la limitation du nombre de partis politiques au Bénin.

Théodore Holo, ancien président de la Cour constitutionnelle du Bénin

Théodore Holo, ancien président de la Cour constitutionnelle du Bénin

« Est-ce que nous voulons une assemblée (nationale) représentative ou une assemblée monocolore ? Nous devons nous poser la question en évitant dans l’immédiat de corser les règles du jeu pour arriver à un nombre limité de partis politique. Qu’il y ait un pourcentage pour pousser les partis politiques à davantage s’unir, à se regrouper selon leur idéologie, je peux le comprendre, mais je pense que cela doit se faire progressivement ».

 

 Ainsi a réagi Théodore Holo aux nouvelles dispositions du code électoral sur l’attribution des sièges au Parlement. Le professeur titulaire de droit public et de science politique et ancien président de la Cour constitutionnelle était l’invité de l’émission Grand Angle, ce dimanche 10 mars 2024.

 

Selon un amendement au code électoral, voté par les députés dans la nuit du 05 au 06 mars 2024, désormais, seules seront éligibles à l’attribution des sièges au Parlement, les listes ayant recueilli au moins 20% des suffrages valablement exprimés dans chacune des circonscriptions électorales législatives.

 

Ce taux était jusque-là de 10 % au plan national. Minoritaire, l’opposition a voté contre la modification du code électoral. Mais le « non » des 28 députés du parti Les Démocrates n’a pas empêché l’adoption de la proposition de loi par 78 « oui » des députés de la mouvance présidentielle, majoritaire au Parlement.

 

En attendant l’avis de la Cour constitutionnelle et la promulgation du nouveau texte par le chef de l’Etat, cette modification votée par le parlement est au cœur du débat politique. Les porteurs de l’amendement justifient ce durcissement des conditions d’attribution des sièges au Parlement par le renforcement du système partisan, avec la création de conditions pour la prépondérance de partis politiques d’envergure nationale.  

 

Eviter le forcing, sinon…

 

Sur Crystal News, professeur Théodore Holo a rappelé que depuis l’instauration du renouveau démocratique en 1990, la vie politique connait diverses tendances à la fusion des partis politiques. Et ce, aussi bien à l’approche des élections qu’à l’avènement d’un nouveau président de la République. Mais, fait-il remarquer, les alliances mises en place à l’occasion des élections disparaissent généralement une fois lesdites élections terminées. Pour les législatives, par exemple, une fois au Parlement, « ces alliances se disloquent et chacun retrouve son autonomie. Ce qui ne permet pas aux partis qui ont été élus sur la base d’une alliance, avec la confiance des citoyens, de peser sur le débat au niveau du Parlement. Et du coup, ils sont émiettés au gré de leurs intérêts », regrette-t-il.

 

Pour ce qui des alliances à l’avènement d’un nouveau régime, il fait constater que « chaque fois qu’un président arrive, il y a fusion autour d’un ensemble, même si l’opposition ne fait pas la même démarche ». Il cite la Renaissance du Bénin sous le président Nicéphore Soglo, l’Union pour le Bénin du futur sous Kérékou, les Forces cauris pour un Bénin émergent sous Boni Yayi, et maintenant le Bloc Républicain et l’Union progressiste le Renouveau sous Patrice Talon.

 

« Il faut maintenir ce regroupement au-delà des acteurs qui sont au pouvoir pour que ce ne soit pas simplement au pouvoir qu’on fusionne les partis. Ce qui leur permettrait, à mon humble avis, de peser davantage sur le champ politique», soutient-il. « Aller vers une rationalisation des partis politiques, en limitant leur nombre progressivement, est une bonne chose de mon point de vue », a-t-il ajouté. Cependant, a nuancé celui qui a passé dix ans à la Cour constitutionnelle, d’abord en tant que membre, puis président, cette rationalisation « ne doit pas se faire en marche forcée », « mais c’est par étape que nous pourrons y arriver, parce que nous n’avons pas été élevés dans cette tradition ».

 

Pour Holo, « il faudrait que nous y adhérions, que nous en comprenions l’utilité pour nous battre pour préserver cela. Sinon, celui qui est là aujourd’hui qui l’a imposé, si demain il n’est plus là, on va dire bon, nous sommes libres pour reprendre nos vieilles habitudes. Or même s’il n’est plus là, il faut que les gens comprennent que c’est de l’intérêt de la démocratie, que nous puissions peser».

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