Barkatou Sabi Boum, déléguée génétale de Génération Aïvo
Ce 15 avril 2024 marque l’an 3 de l’arrestation de Joël Aïvo. Ce même jour en 2021, l’universitaire et candidat recalé à l’élection présidentielle était arrêté, selon ses soutiens, « par un impressionnant contingent de policiers cagoulés et armés jusqu’aux dents », « alors qu’il revenait du campus d’Abomey-Calavi où il avait maintenu ses activités académiques malgré son engagement politique.»
Mis en détention provisoire à la prison civile de Cotonou, il sera jugé et condamné, début décembre de la même année, par la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (Criet) à 10 ans de prison et 45 millions d’amende pour « blanchiment de capitaux » et « atteinte à la sureté de l’Etat ».
Dans l’opinion, ça passe mal. Le procès de l’homme qui s’ést positionné comme l’un des principaux opposants de Patrice Talon à partir de 2019, est dénoncé et qualifié de politique. « Je suis poursuivi pour avoir incarné une alternative démocratique pour mon pays. Je suis poursuivi pour avoir préparé une candidature indépendante capable de provoquer l’alternance au sommet de l’État », déclarait Joël Aïvo lui-même lors de son procès.
Alors qu’il purge sa peine à la maison d’arrêt de Cotonou, ses soutiens se remobilisent après plusieurs mois d’hibernation. Mis en place pour pérenniser les acquis du combat politique de Joël Aïvo, Génération Aïvo se veut « le rassemblement des patriotes, artisans d’un Bénin apaisé, gouverné dans la justice, la transparence et la démocratie ».
Sous le leadership de sa déléguée générale, Barkatou Sabi Boum, ce rassemblement étend ses tentacules à travers le Bénin, par l’installation de cellules départementales et de circonscriptions électorales. A l’étape du département de l’Atlantique, dimanche 14 avril 2024 à Godomey, commune d’Abomey-Calavi, la veille du « tristement célèbre anniversaire » de l’arrestation de Joël Aïvo, la militante s’est adressée au président de la République pour la libération du professeur. Et pas que. Elle indique aussi à Patrice Talon les actions prioritaires pour le bien du Bénin. « A « Génération Aïvo », nous considérons la libération de tous les détenus politiques et le retour au bercail des exilés politiques, comme la priorité des priorités », a martelé Barkatou Sabi Boum.
Elle invite le président Talon « à expérimenter le dialogue avec vos adversaires, à libérer le Professeur Joël Aïvo, Mme Réckya Madougou, ainsi que tous les prisonniers politiques. » La militante politique estime que l’élection présidentielle de 2021 étant désormais derrière nous, « nous devons avoir le courage de tourner cette page et de permettre à nos frères et sœurs emprisonnés ou partis en exil de retrouver leurs familles et d’apporter au développement de notre pays, leur contribution ».
Pour ce faire, insiste la déléguée générale de Génération Aïvo, « je voudrais prier le chef de l’Etat, le Président Patrice Talon d’engager le processus de décrispation du climat politique et de travailler à l’apaisement de notre pays. Monsieur le Président de la République, il faut savoir mettre fin à une guerre ».
Or, enchaine-t-elle, « Celle qui vous oppose à certains de vos compatriotes dont nous-mêmes, n’est pas une guerre. C’est au contraire un combat d’idée, une bataille politique. Ce que nous enseigne l’histoire des Nations, c’est qu’il y a un temps pour se battre, un temps pour faire la paix et un temps pour avancer vers l’avenir ».
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