L’Alliance nationale pour le changement (ANC) et la Dynamique pour la majorité du peuple (DMP) ne seront pas dans les starting-blocks en vue des sénatoriales au Togo. Une des principales formations politiques d’opposition, l’ANC a annoncé, samedi 14 décembre 2024 dans un communiqué, qu’elle va boycotter le scrutin sénatorial prévu pour le 2 février 2025.
Quelques jours plus tôt, la DMP, regroupement de partis politiques de l’opposition et d’organisations de la société civile, avait annoncé sa volonté de ne pas prendre part aux élections sénatoriales.
L’ANC a justifié sa décision de ne pas participer aux élections sénatoriales par l’absence de garantie de transparence. Pour le parti, rapporte TV5 Monde Afrique, « les élections sénatoriales annoncées ne pourront être qu’une nouvelle mascarade » .
La DMP n’a toujours pas digéré la réforme constitutionnelle intervenue il y a quelques mois qu’elle considère comme un coup d’Etat constitutionnel. Pour la Dynamique, « ces élections sénatoriales s'inscrivent dans la continuité d’un processus de coup d’Etat constitutionnel en cours »
Le boycott, une option risquée
Le choix de l’ANC et de la DMP de ne pas participer à la course pour l’occupation des sièges de sénateurs est une option qui a montré ses limites dans plusieurs pays.
En Côte d’Ivoire, l’ancien président Laurent Gbagbo a fait l’amère expérience en 2011 lorsque sa formation politique d’alors, le FPI a décidé de boycotter les élections législatives. Avant Laurent Gbagbo, l’actuel président ivoirien, Alassane Ouattara, avait regretté le choix du boycott des élections législatives.
Cette arme de contestation a souvent profité au pouvoir en place et ses alliés qui pendant la durée du mandat des élections concernées ont contrôlé la totalité des institutions pour lesquelles les élections ont été organisées.
En décidant de ne pas prendre part aux élections sénatoriales, l’opposition togolaise battue lors des législatives laissera le champ libre au parti au pouvoir qui pourrait renforcer son hégémonie sur la politique au Togo.
L'option du boycott des élections législatives peut s'analyser comme une difficulté de ces formations politiques à proposer une alternative crédible au pouvoir en place. L'opposition a du mal à faire un front uni contre le parti au pouvoir.
Les résultats des dernières élections législatives révèlent une perte de terrain de l'opposition. Certains analystes politiques y voient le résultat de la déception des électeurs togolais face à leur incapacité à parler d'une même voix et proposer des solutions viables aux problèmes de la population.
Le Sénat au Togo a été institué par la révision constitutionnelle de 2002 mais n'a jamais été mis en place jusque-là. Les élections sénatoriales du 2 février 2025 sont les premières que le pays organise. Elle devrait permettre d’élire 41 sénateurs par de grands électeurs. Vingt autres sénateurs seront désignés par le président du Conseil institué par la révision constitutionnelle d’avril 2024.
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