Patrice Talon, Président du Bénin
Talon peut-il être encore candidat en 2026 ? C’est en substance la question qui taraude l’esprit de Christian Lagnidé, ancien ministre sous le régime de Mathieu Kérékou. Au Bénin, bien que la constitution ne permette pas à un chef d'Etat de faire plus de deux mandats présidentiels de sa vie, des doutes continuent de planer dans une partie de l'opinion publique sur la volonté de Patrice Talon de quitter le pouvoir en mai 2026 après ses deux mandats. Et ce, bien que lui-même et le porte-parole du gouvernement aient affirmé à maintes reprises que Patrice Talon passera le pouvoir en 2026.
Lundi 27 janvier 2025, Christian Enock Lagnidé a saisi la Cour constitutionnelle pour obtenir des clarifications sur deux questions. Des interrogations qu’il estime être « d'une importance capitale pour la stabilité et l'avenir de notre République ». « Le Bénin est-il entré dans une nouvelle République depuis la révision constitutionnelle de 2019 ? ». « Patrice Talon peut-il être candidat à l’élection présidentielle de 2026 dans le cadre de cette nouvelle configuration institutionnelle ? ». Telles sont les interrogations sur lesquelles l’ancien Christian Enock Lagnidé interpelle les sept sages.
Selon le requérant, ces préoccupations, qui font l'objet de débats dans l’opinion publique, nécessitent une réponse juridique claire pour lever toute ambiguïté et préserver la transparence institutionnelle.
Les arguments avancés
Pour étayer sa requête, Christian Lagnidé s’appuie sur plusieurs éléments qui, selon certaines opinions, fonderaient l’idée d’une nouvelle République. Au nombre des éléments, l’ex-ministre a cité « le changement de l'agenda électoral lors des présidentielles de 2021, suivi de l'absence d'une passation de service entre un président sortant et un président élu à la fin du mandat constitutionnel, le 5 avril 2021 ».
Il a également cité « le changement fondamental de la forme de l’institution présidentielle, désormais structurée autour d'un président et d'un vice-président élus conjointement, comme ce fut le cas lors des présidentielles de 2021 ». « La modification de la durée du mandat des députés, passée de quatre (4) à cinq (5) ans, et l'application de ces dispositions aux élections législatives de janvier 2023 », est le troisième fait cité par Christian Lagnidé.
Le requérant rapporte que « quelques compatriotes » estiment que les trois faits énumérés constitueraient une refonte structurelle des institutions de l’État et marqueraient un changement de République.
L’éligibilité de Patrice Talon à la présidentielle de 2026
Le requérant rapporte aussi que certains citoyens estiment que les articles 42 et 157, alinéa 3, de la Constitution révisée autorisent Patrice Talon à se présenter à la présidentielle de 2026.
« Ces affirmations soulèvent des interrogations juridiques majeures, et il est essentiel que la Cour, en sa qualité de gardienne de la Constitution, examine lesdites déclarations afin de m'éclairer et de situer l'opinion nationale sur leur portée et leur validité », mentionne Christian Lagnidé.
Les clarifications de la Cour constitutionnelle, soutient-il, sont impératives pour éviter toute interprétation erronée des textes fondamentaux en vigueur au Bénin.
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