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Elections générales 2026 au Bénin: les suggestions de “Les Démocrates” pour une révision urgente du code électoral

Elections générales 2026 au Bénin: les suggestions de “Les Démocrates” pour une révision urgente du code électoral

Au Bénin, le parti d’opposition “Les Démocrates” a fustigé à nouveau certaines dispositions du code électoral. Le parti de l’ex-président Boni Yayi estime que des articles du code électoral sont destinés à l'exclure et à favoriser les partis au pouvoir. Il a fait des propositions en vue d’une révision urgente du code électoral.

Au Bénin, le parti d’opposition “Les Démocrates” a fustigé à nouveau certaines dispositions du code électoral. Le parti de l’ex-président Boni Yayi estime que des articles du code électoral sont destinés à l'exclure et à favoriser les partis au pouvoir. Il a fait des propositions en vue d’une révision urgente du code électoral.

Guy Mitokpè, secrétaire national à la communication du parti "Les Démocrates"

Guy Mitokpè, secrétaire national à la communication du parti "Les Démocrates"

Le parti “Les Démocrates” donne une nouvelle fois de la voix. À la faveur d’une conférence de presse tenue dimanche 18 mai 2025, la formation politique de l’ex-président Boni Yayi a exprimé de vives préoccupations sur plusieurs articles du Code électoral en vigueur. D'après Dr Guy Dossou Mitokpè, secrétaire national à la communication du parti, certaines dispositions du code électoral « méritent d’être révisées au risque de mettre en mal la paix et la cohésion nationale».

 

L’article 17 du Code électoral cristallise les inquiétudes. Il impose la transmission de la liste électorale informatisée (LEI) à la CENA plusieurs mois avant l’élection. Cette rigidité, selon le parti, exclut automatiquement les jeunes citoyens qui atteignent leur majorité entre la date d’extraction et celle du scrutin. Une inégalité de traitement dénoncée comme une entrave au principe d’universalité du suffrage. Le parti propose une seconde extraction du fichier électoral, spécifiquement pour la présidentielle, afin de garantir le droit de vote aux nouveaux majeurs.

 

Autre disposition décriée : l’article 42, relatif au quitus fiscal. “Les Démocrates” craignent surtout que cette exigence administrative devienne un instrument politique. «(...)Le refus ou le retard dans la délivrance du quitus peut être utilisé comme un outil d’exclusion contre certains candidats, notamment ceux de l’opposition », estime le parti de l'opposition. Il a alors appelé à substituer ce quitus par une déclaration sur l’honneur.

 

La procédure de désignation des membres des bureaux de vote, régie par l’article 66, est également dénoncée par le parti dirigé par Yayi Boni. L’article 66 confie à la Commission électorale nationale autonome (CENA) la nomination des membres des bureaux de vote sans en détailler la procédure. Chez "Les Démocrates", ce manque de précision alimente des inquiétudes sur la transparence et un possible favoritisme envers le pouvoir. Le parti recommande alors une réforme qui associerait toutes les forces politiques à la composition des bureaux de vote.

 

L’article 93, quant à lui, limite l’accès des partis aux procès-verbaux de dépouillement aux dires du seul parti de l'opposition représenté à l'Assemblée nationale, 9e législature. En ne prévoyant qu’un seul exemplaire pour tous les représentants des candidats, il expose les opposants à une confiscation de preuve électorale. Le parti exige une remise systématique de procès-verbal à chaque représentant. À défaut, il estime qu’il s’agit d’un acte de fraude, passible de poursuites.

 

Sur la question du parrainage présidentiel, l’article 132 concentre les critiques. Exiger 15 % des élus, répartis dans trois cinquièmes des circonscriptions, rend pratiquement impossible toute candidature indépendante ou issue d’un petit parti, pensent “Les Démocrates”.

 

Les membres de la formation politique dénoncent un verrouillage démocratique sans équivalent dans le monde. Ils préconisent un seuil de 5 % et l’ouverture du parrainage à tous les élus communaux, considérant leur légitimité élective.

 

L’article 146 est, pour sa part, accusé d’instaurer une mécanique de marginalisation politique. Il impose un seuil de 20 % dans chaque circonscription pour prétendre à un siège. Une mesure jugée absurde par Yayi Boni et ses seins, qui explique qu’un parti majoritaire à l’échelle nationale pourrait être écarté du Parlement s’il échoue dans une seule circonscription. 

 

Le mécanisme des coalitions prévu en contrepartie serait, selon “Les Démocrates”, un artifice réservé aux partis proches du pouvoir. «Ramener le seuil à 5 % au niveau national », a suggéré la formation politique.

 

Lors de son entretien quotidien avec les médias, vendredi 23 mai 2025, le porte-parole du gouvernement a soutenu que les défis du code électoral sont "uniformes" à tous les partis politiques qui seront engagés dans les élections générales de 2026. Wilfried Houngbédji a par ailleurs, invité les partis de l'opposition à laisser les contestations pour investir le terrain afin d'être plus proche de leurs bases, seul gage pour récolter des voix à l'issue du scrutin. « Il faut aller travailler, aller au-delà de ceux dont on dispose déjà comme base pour conquérir de nouveaux électeurs », a-t-il lancé.

 

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