Jean-Baptiste Elias sur le plateau de ESAE TV
A quoi peut-on s’attendre au terme des prochaines élections législatives au Bénin? Jean-Baptiste Elias, le président du Front des Organisations Nationales contre la Corruption (FONAC) a donné une aperçue sur ESAE TV.
Invité dans un débat face à Midofi Antonin Hounga (Député du parti d’opposition, Les Démocrates), Armand Gansè (Député pro-Talon du Bloc Républicain) et Maixent Djeigo (Député pro-Talon de l’Union Progressiste le Renouveau), il a présenté un schéma critique possible pour la répartition des sièges.
Dans une approche didactique, Jean-Baptiste Elias a présenté une simulation électorale illustrant les conséquences inattendues du Code électoral béninois lors des prochaines élections législatives de janvier 2026.
Il imagine un scénario qui met aux prises quatre partis A, B, C, D dans lequel le Parti A se présente seul et récolte 61,95 % des suffrages au niveau national, avec des scores très élevés dans 23 circonscriptions sur 24. Pourtant, dans la 21e circonscription, ce parti n'obtient que 15 % des voix. Résultat selon l’article 146, fait-il remarquer : le Parti A n’obtiendrait aucun siège à l’Assemblée nationale.
À l’opposé, le président du FONAC montre que les partis B, C et D, bien que recueillant individuellement autour de 10 % des suffrages chacun, bénéficieraient d'une représentation parlementaire complète, grâce à un accord parlementaire déposé à la CENA avant les élections.
« Celui qui a 61 % n’a aucun député. Celui qui a 10 % ou moins peut siéger. C’est ça, le problème ! », a martelé Jean-Baptiste Elias. Selon lui, cette situation soulève une problématique fondamentale de représentation démocratique : « Le peuple qui accorde 61 % de ses suffrages à un parti ne verra aucun député le représenter. Est-ce cela une démocratie représentative ? »
Un problème à régler
En face de lui, les députés pro-Talon ont argué que la disposition mise en épingle dans cette démonstration n’a pas pour but de créer l’exclusion comme des critiques le laissent croire. Le député Armand Gansè et son collègue Maixent Djeigo ont relevé que le code électoral veut mettre fin au règne des partis régionalistes pour favoriser un maillage territorial des formations politiques qui aspirent à diriger le Bénin.
Malgré ces tentatives d’explication, le président du FONAC prévient contre les distorsions potentielles que ce mécanisme pourrait engendrer, appelant à un débat national sur l’interprétation et les effets de ce Code.
Selon l’article 146 du Code électoral béninois « Seuls sont éligibles à l'attribution des sièges les listes ayant recueilli au moins 20% des suffrages valablement exprimés dans chacune des circonscriptions électorales législatives. Toutefois, pour les partis politiques ayant conclu et déposé à la Commission électorale nationale autonome, préalablement à la tenue du scrutin, un accord de coalition parlementaire, il sera procédé pour le calcul du seuil prévu à la lignée précédente à la somme des suffrages de ceux ayant recueilli au moins 10% des suffrages exprimés au plan national. »
A travers cette démonstration choc qui interpelle, il ressort qu’à moins d’un ajustement législatif ou d’une évolution politique, les élections de 2026 pourraient bien révéler au grand jour les paradoxes d’un système qui, tout en voulant structurer la vie politique, risque d’en exclure la majorité électorale.
0 commentaire
0 commentaire