Patrice Talon et Candide Azanaï se serrent la main
Patrice Talon rompt le silence sur son différend avec Candide Azannaï. Le président béninois a exprimé, lundi 28 juillet 2025, son état d’âme sur sa rupture avec son ancien allié Candide Azannaï, devenu depuis un farouche opposant.
Alors qu’il s’adressait à un groupe de jeunes invités à la présidence pour échanger sur les grandes questions de développement ainsi que sur les préoccupations sociales et économiques de la jeunesse béninoise, Patrice Talon a ouvert une brèche pour parler de celui qui fut son ministre délégué à la Défense et l’un des artisans de sa victoire en 2016.
Devant plus de deux cents jeunes (selon les chiffres de la présidence), dont Guy Mitokpè, secrétaire national à la communication du parti de l'opposition Les Démocrates et ancien secrétaire général du parti de Candide Azannaï, le chef de l’État a posé une question.
« Est-ce que vous savez pourquoi le président Azannaï et moi, nous sommes fâchés ? », a-t-il lancé. Sans attendre de réponse, le président ajoute: « Azannaï, c’est un ami à moi, c’est un frère. Jusqu’à l’heure où je parle, c’est un frère ».
Le chef de l’État ne s’en est pas arrêté là. Comme s’il ne pouvait plus le garder pour longtemps, Patrice Talon a fait des confidences. « Je souffre de nos différends. Je peine parce que je ne vois plus Azannaï ».
Patrice Talon a aussi formulé le vœu de voir la hache de guerre enterrée entre lui et Candide Azannaï d’ici une dizaine de mois, lorsqu’il cédera le fauteuil présidentiel à son successeur. « J’espère bien que quand je vais quitter la charge, dès le lendemain, on va se voir lui et moi, et on va s’embrasser à nouveau », a-t-il souhaité.
Un aveu d’émotion qui tranche avec les critiques exacerbées de Candide Azannaï, qui est devenu un opposant au régime de la rupture depuis sa démission du portefeuille ministériel de la Défense, le 27 mars 2017, moins d’un an après l’installation du gouvernement.
Du côté de Candide Azannaï, le mot « ami » semble être utilisé avec beaucoup de réserve. Fin mars 2025, dans un entretien public, le président du parti Restaurer l’Espoir a tranché net.
« Le mot ami a un sens pour moi. Moi je n’emploie pas le mot ami comme passe-partout. Lorsque vous appelez ami quelqu’un, vous pouvez vous mettre nu devant la personne. L’ami, c’est celui avec qui vous n’avez rien à cacher. Je n’en ai pas. Et je refuse d’en avoir. Je conseille à mes amis de ne jamais en avoir. Le seul ami qu’on peut avoir, c’est soi-même », avait-il déclaré.
Depuis sa démission du gouvernement, Candide Aznanaï est devenu l’un des critiques les plus virulents du pouvoir en place. À plusieurs reprises, il a contesté les fondements de l’action gouvernementale, n’hésitant pas à qualifier de « mise en scène » l’affaire dite de tentative de coup d’État contre le président Talon, dans laquelle l'homme d'affaires et mai du chef de l'État Olivier Boko et Oswald Homéky, ex-ministre des sports ont été condamnés à 20 ans de prison.
Face à ses prises de position, certains citoyens s’interrogent sur les raisons pour lesquelles Candide Azannaï semble-t-il intouchable. « Je connais des personnes [...] qui n’ont pas dit comme lui, qui n’ont pas fait des sorties comme lui, qui n’ont pas parlé comme lui, mais qui sont aujourd’hui en prison », a exprimé le web-humoriste Timinni lors d’un live TikTok en juin 2025.
Face aux préoccupations de l’humoriste, la réponse du porte-parole du gouvernement, Wilfried Léandre Houngbédji, a été laconique : « Je vous remercie pour l’information ».
Candide Azannaï n’a pas encore répondu à ces différentes réactions sur sa personne.
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