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France : le gouvernement visé par une motion de censure après la publication de la Programmation pluriannuelle de l'énergie

France : le gouvernement visé par une motion de censure après la publication de la Programmation pluriannuelle de l'énergie

Le groupe du Rassemblement national a déposé, ce lundi 23 février 2026, une motion de censure après la publication de la nouvelle programmation énergétique de l’État.

Le groupe du Rassemblement national a déposé, ce lundi 23 février 2026, une motion de censure après la publication de la nouvelle programmation énergétique de l’État.

Marin Le Pen

Marin Le Pen

La contestation s’est invitée dans l’hémicycle sitôt le texte dévoilé. Les députés du groupe Rassemblement national (RN) ont déposé, lundi 23 février 2026, une motion de censure visant le gouvernement, apprend Europe 1. Ceci, pour dénoncer la troisième Programmation pluriannuelle de l’énergie, document stratégique qui trace la trajectoire française pour 2026-2035.

 

Les signataires affirment protester « sur la forme » contre « un acte illibéral contre le Parlement », mais aussi sur le fond, fustigeant « une politique décroissante qui accélère les énergies intermittentes, ment sur le nucléaire et fait peser un risque majeur sur les finances publiques ».

 

L’initiative intervient après l’appel lancé par Marine Le Pen, présidente du groupe RN à l’Assemblée nationale, qui avait exhorté les élus hostiles au projet à déposer eux-mêmes une motion, faute de quoi son parti prendrait l’initiative. La publication de la PPE3, officialisée quelques jours plus tôt, a ainsi immédiatement cristallisé les lignes de fracture parlementaires.

 

Du côté de l’exécutif, la feuille de route énergétique est présentée comme un cap stratégique. Sur le site du ministère de l’Économie, il est question d’un « cap clair » destiné à atteindre « la neutralité carbone à l’horizon 2050 ». Le document prévoit notamment de « porter la production électrique décarbonée entre 650 et 693 TWh en 2035, contre 458 TWh en 2023, tout en réduisant la consommation d’énergies fossiles à environ 330 TWh en 2035, contre 900 TWh en 2023 ». Selon le texte officiel, « cette trajectoire permettra d’inverser la structure de la consommation énergétique du pays, avec 60 % d’énergie décarbonée dès 2030 et 70 % en 2035 ».

 

Le décret précise également que « pour l’éolien terrestre, le renouvellement des parcs existants sera privilégié ». Cette orientation tranche avec la précédente programmation, qui envisageait la fermeture de quatorze réacteurs nucléaires. Dans le même temps, l’exécutif prévoit d’accélérer le développement de l’éolien en mer, tandis que les objectifs assignés à l’éolien terrestre et au solaire sont revus à la baisse, ajustement justifié par la stagnation actuelle de la consommation d’électricité.

 

L’opposition n’affiche toutefois pas un front uni. Interrogé sur BFMTV, le député socialiste Jérôme Guedj a indiqué que le Parti socialiste « ne votera pas » la motion. Il juge le texte « pas idéal » mais « pas infamant » et estime que « le RN est dans sa dimension anxiogène de dramatisation (…) Nous ne voterons pas la censure à la fois sur le fond et sur la forme, on a négocié avec ce gouvernement pour offrir un peu de stabilité au pays, pas pour avoir du chaos à tous les étages ».

 

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