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Guerre des États-Unis contre l'Iran: pas d'accord, un haut responsable américain du contre-terrorisme démissionne

Guerre des États-Unis contre l'Iran: pas d'accord, un haut responsable américain du contre-terrorisme démissionne

Opposé à l’intervention militaire des Etats-Unis en Iran, le directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme, Joseph Kent, quitte ses fonctions avec effet immédiat, dénonçant une guerre qu’il refuse de cautionner.

Opposé à l’intervention militaire des Etats-Unis en Iran, le directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme, Joseph Kent, quitte ses fonctions avec effet immédiat, dénonçant une guerre qu’il refuse de cautionner.

Donald Trump, président des Etats-Unis

Donald Trump, président des Etats-Unis

La fracture s’affiche au grand jour au sein de l’appareil sécuritaire américain. Dans une lettre adressée au président Donald Trump, Joseph Kent a annoncé sa démission, ce mardi 17 mars 2026, invoquant un désaccord profond avec la stratégie militaire engagée en Iran et au Moyen-Orient. « Après mûre réflexion, j’ai décidé de démissionner de mon poste […] avec effet immédiat », écrit le directeur du Centre national de lutte contre le terrorisme dans la lettre partagée sur son comte X. Ancien militaire aguerri, il justifie son départ par une opposition de principe à la guerre en cours.

 

Une rupture assumée avec la ligne présidentielle

 

Au cœur de sa décision, un rejet sans détour de l’intervention militaire. « Je ne peux en conscience soutenir la guerre en cours en Iran », affirme-t-il. Dans sa lettre, il conteste également la légitimité du conflit, estimant que « l’Iran ne représentait aucune menace imminente pour notre nation ». Joseph Kent va plus loin en évoquant des influences extérieures ayant pesé sur la décision américaine. Selon lui, « nous avons déclenché cette guerre sous la pression d’Israël et de son puissant lobby américain ».

 

Le désormais ancien responsable du contre-terrorisme rappelle pourtant son adhésion passée à la doctrine présidentielle. « Je soutiens les valeurs et la politique étrangère sur lesquelles vous avez bâti vos campagnes », Joseph Kent. Il insiste sur un tournant opéré récemment : « Jusqu’en juin 2025, vous saviez que les guerres au Moyen-Orient étaient un piège ».

 

Le poids de l’expérience et des pertes personnelles

 

Dans son argumentaire, Joseph Kent convoque son parcours militaire et ses sacrifices personnels. Ancien militaire et agent du renseignement, il a effectué onze déploiements au combat pour les Forces spéciales et la CIA. Sa femme, Shannon Smith, une cryptographe au sein de l'US Navy, a été tuée par un attentat kamikaze à la bombe perpétré par l'État islamique en Syrie, en janvier 2019. « En tant qu’ancien combattant […] et en tant que mari d’une soldate morte au combat […] je ne peux cautionner l’envoi de la prochaine génération se battre et mourir », écrit-il.

 

Il dénonce un engrenage déjà observé par le passé. « C’était un mensonge, la même tactique qu’ont employée […] pour nous entraîner dans la désastreuse guerre en Irak », affirme-t-il. Dans une adresse directe au président, il appelle à un changement de cap. « Vous pouvez changer de cap et tracer une nouvelle voie pour notre nation, ou vous pouvez nous laisser sombrer davantage dans le déclin et le chaos », prévient-il. Il insiste : « Vous avez le pouvoir de décision ».

 

C'est la première démission d'un membre de l'administration de Donald Trump en raison du conflit en Iran.

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