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Au Bénin, dans l’air flotte une ambiance faite de conversations répétées et de regards tournés vers l’échéance. Le vote du 12 avril 2026 approche, et avec lui, une question simple que chacun formule à sa manière : quel chemin choisir pour demain ?
La campagne pour ce scrutin présidentiel s’achève vendredi 10 avril prochain, dans une atmosphère où la mobilisation est devenue un mot d’ordre. Dans les discours, notamment du côté de la mouvance présidentielle, l’appel à sortir massivement pour voter revient avec insistance. Le taux de participation s’impose ainsi comme un enjeu visible.
Sur le terrain, les deux duos en lice cristallisent l’attention. D’un côté, celui porté par la mouvance présidentielle, formé de Romuald Wadagni et Mariam Chabi Talata, soutenu par une dynamique de ralliements, y compris issus du principal parti d’opposition, Les Démocrates, absent de la compétition. De l’autre, le tandem du parti Force cauris pour un Bénin émergent (FCBE), avec Paul Hounkpè et Judicaël Rock Hounwanou, qui défend une alternative. « Le match n’est pas plié », martèle Paul Hounkpè, candidat de l'opposition.
Dans ce contexte, la jeunesse observe, écoute et s’interroge sur le sens profond de cette élection.
Trois regards sur un même enjeu
Dans son bureau, Fèmi Tankpinou, jeune leader et entrepreneur, ne détourne pas la question. Pour lui, l’enjeu dépasse largement la participation. « Il s’agit de savoir si nous allons poursuivre l’élan de développement et de rayonnement enclenché ou si nous allons revenir en arrière », affirme-t-il. Il insiste sur la nécessité de continuité : « Il est crucial aujourd’hui de maintenir le cap. »
Face à lui, Franck Zingbè, président d’un mouvement de jeunes, adopte une approche plus globale. « L’enjeu principal est la continuité pour la politique menée », explique-t-il. Il met en perspective les deux candidatures : « Romuald Wadagni incarne la stabilité, tandis que Paul Hounkpè prône une plus grande inclusion sociale. »
Pour Florentin Zinsou Kinhouéyito, entrepreneur et écrivain, le débat ne doit pas se limiter à la mobilisation. « L’enjeu principal n’est pas le taux de participation », soutient-il. Il rappelle le poids institutionnel de la mouvance présidentielle, avant de préciser qu'« une élection présidentielle ne se résume pas à une démonstration de force. » Ce qui compte, selon lui, c’est la suite : « Le véritable enjeu réside dans la capacité du futur président à répondre aux attentes des Béninois. »
Quand le scrutin touche les trajectoires personnelles
Dans le quotidien de Fèmi Tankpinou, l’élection prend une dimension concrète. « Je suis chef d’entreprise, et l’issue de cette élection déterminera si mes entreprises pourront continuer à bénéficier d’une fiscalité adaptée, si elles pourront continuer à offrir des emplois. C’est déterminant pour l’avenir », confie-t-il.
Franck Zingbè élargit le regard. Il relie le scrutin aux parcours des jeunes dans leur ensemble. « Les politiques éducatives peuvent influencer la qualité de la formation, les bourses et les infrastructures », explique-t-il. Sur l’emploi, il évoque « les investissements qui peuvent créer des opportunités ou les limiter ». Et sur le quotidien, rappelle-t-il, « les décisions sur les prix, la santé et les infrastructures affecteront les conditions de vie. »
Florentin Zinsou Kinhouéyito, lui, voit des effets à plus grande échelle. « C’est l’occasion d’accélérer le développement économique, social et culturel », affirme-t-il. Il imagine un climat apaisé en indiquant que « le futur gouvernement pourrait être celui d’union nationale. » Il évoque également un impact sur l’économie. « La confiance des investisseurs sera raffermie et l’économie nationale plus performante», soutient-il.
Chacun, à sa manière, relie le vote à une transformation concrète de son environnement.
Ce qu’ils attendent du prochain président
Interrogé sur ses attentes, Fèmi Tankpinou revient à l’essentiel. « Il faut qu’il soit rassembleur et visionnaire », dit-il. Il insiste sur la cohésion nationale et insiste que le prochain chef de l'Etat « trouve les moyens de rassembler les enfants du Bénin de tous bords pour bâtir le pays ».
Franck Zingbè détaille ses priorités. « Le gouvernement doit renforcer les capacités des forces de défense et de sécurité », affirme-t-il. « Il faut promouvoir l’inclusion financière, soutenir l’agriculture et créer des emplois », ajoute-t-il. Sur la gouvernance, il attend « la transparence et le respect des libertés », et sur la santé, « un meilleur accès aux soins, surtout en zones rurales ».
Florentin Zinsou Kinhouéyito, lui, énumère des défis précis. « Le défi de la sécurité dans le nord et de l’intégrité du territoire national », cite-t-il en premier. Il évoque ensuite la continuité des infrastructures et des avancées numériques. Il insiste aussi sur le lien social. « Il faut recoudre le tissu qui semble détruit par des frustrations », martèle-t-il. Enfin, il souligne l’importance de l’éducation et souligne qu'il faut « adapter le système éducatif aux besoins du terrain et améliorer les conditions des enseignants. »
Trois visions qui convergent vers une exigence commune : un leadership capable de répondre aux attentes multiples du pays.
Le choix de participer
Au moment d’évoquer leur engagement personnel, les réponses se rejoignent. « Absolument, je vais voter », affirme Fèmi Tankpinou. « Ma voix compte et je veux avoir la fierté d’avoir contribué à élire un président dont nous serons tous fiers. » Franck Zingbè insiste sur la dimension civique : « Aller aux urnes est un devoir. » Il lance un appel direct : « J’invite tous les citoyens à voter le 12 avril 2026. » Dans ces paroles, le vote prend une dimension symbolique, celle d’un acte individuel qui participe à une décision collective.
Les heures s’égrènent, rapprochant un peu plus le pays du rendez-vous électoral. Les voix de Fèmi Tankpinou, Franck Zingbè et Kinhouéyito Zinsou Florentin continuent de résonner, chacune portant une part des attentes d’une génération. Lorsque viendra l’instant du vote, leurs mots laisseront place à un geste simple, silencieux, mais chargé de sens, celui qui décidera du chemin que prendra le pays au lendemain du scrutin.
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