politique

Tchad : ce qu’il faut retenir de la grâce présidentielle accordée à Succès Masra et plusieurs autres opposants

Tchad : ce qu’il faut retenir de la grâce présidentielle accordée à Succès Masra et plusieurs autres opposants

Au Tchad, Mahamat Idriss Déby Itno a accordée une grâce présidentielle à l'opposant Succès Masra, ancien premier ministre et président du parti Les Transformateurs, condamné à 20 ans de prison. La mesure, actée par décret vendredi 13 août 2026, ouvre la voie à la libération de l’opposant. D'autres responables de l'opposition tchadienne ont également bénéficié de la grâce présidentielle.

Au Tchad, Mahamat Idriss Déby Itno a accordée une grâce présidentielle à l'opposant Succès Masra, ancien premier ministre et président du parti Les Transformateurs, condamné à 20 ans de prison. La mesure, actée par décret vendredi 13 août 2026, ouvre la voie à la libération de l’opposant. D'autres responables de l'opposition tchadienne ont également bénéficié de la grâce présidentielle.

Succès Masra, opposant tchadien gracié

Succès Masra, opposant tchadien gracié

Un an seulement après sa condamnation à 20 ans de réclusion criminelle, Succès Masra est désormais libre de ses mouvements. L’opposant tchadien a bénéficié d’une grâce qui lui a été accordée par le chef de l’État tchadien.

 

Cette décision a été publiée, vendredi 14 août 2026, sur la page Facebook de la présidence tchadienne. En accordant la grâce présidentielle à l’ancien premier ministre, le président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno a répondu favorablement à une demande introduite par ses avocats. 

 

 

Selon la présidence tchadienne, Succès Masra avait sollicité cette grâce par l'intermédiaire de ses avocats. Trois mois plus tôt, la Cour suprême a rejeté le pourvoi en cassation introduit par la défense de Succès Masra. 

 

 

Une demande de grâce introduite

 

Après avoir épuisé, tous leurs recours l’opposant et ses conseils n’avaient que la grâce présidentielle, principal mécanisme susceptible de modifier l'exécution de sa peine. Ils ont décidé de la solliciter auprès du chef de l’État. 

 

Succès Masra avait été condamné le 9 août 2025 à vingt ans de réclusion criminelle. Il avait été reconnu coupable de diffusion de messages racistes et xénophobes, ainsi que de complicité de meurtre. 

 

Ces accusations étaient liées aux violences communautaires survenues à Mandakao, dans la province du Logone occidental, en mai 2025. Lesdites violences avaient fait plusieurs dizaines de morts. Le tribunal l'avait également condamné à payer un milliard de francs CFA de dommages et intérêts.

 

Mahamat Idriss Déby Itno a été réceptif à la requête de l’opposant et ses avocats. Quelques jours plus tôt, le président tchadien avait annoncé son intention de gracier certains condamnés. Le vendredi 14 août 2026, il a honoré sa promesse. 

 

 

D’autres hauts responsables de l’opposition graciés 

 

Le président tchadien a pris deux décrets de grâce présidentielle. Le premier porte sur la grâce présidentielle accordée à neuf responsables politiques, dont Succès Masra. Les huit autres responsables politiques sont également de hauts dirigeants de l’opposition issus de l'ex-GCAP (Groupe de concertation des Acteurs politiques). 

 

Le second décret instaure une remise partielle de peine pour de nombreux autres condamnés à travers le pays, à l'exception des auteurs de terrorisme, de viol et de trafic de stupéfiants.

 

Cette grâce entraîne une remise totale des peines privatives de liberté. Mais elle ne constitue toutefois pas une annulation judiciaire du jugement : les condamnations civiles restent en vigueur.

 

 

Réaction de l'opposition tchadienne 

 

Selon Le Monde, le parti Les Transformateurs a salué la décision. Son vice-président, le Dr Ndolembai Sadé Njesada espère un dialogue inclusif à la suite de cette décision. « Nous remercions le président de la République d'avoir bravé les obstacles et choisi d'avancer dans l'esprit de l'unité nationale qui est en train de naître. Nous espérons enfin nous asseoir autour d'une table pour faire avancer la paix », a-t-il souhaité. 

 

Mais pour Hissein Abdoulaye, porte-parole du GCAP, « arrêter les leaders politiques arbitrairement, les traduire devant les tribunaux, les condamner avec des chefs d’accusation imaginaires et les gracier quelques mois plus tard tout en confisquant leurs droits civiques et politiques : c’est tout simplement abject et un recul démocratique très grave ».

 

 

L'arrestation puis la condamnation de Succès Masra avaient suscité de nombreuses réactions, au Tchad comme à l'étranger. Sa libération pourrait relancer le débat sur son avenir politique, dans un pays où l'opposition reste confrontée à de fortes restrictions.

 

0 commentaire

0 commentaire