Les participants à l'atelier régional de trois joursSelon les estimations de l’Organisation mondiale du travail (OIT), dans certains pays africains, les populations qui ne jouissent pas de leurs droits à la protection sociale avoisineraient 90%. Les victimes sont les travailleurs du secteur informel et le monde rural. Et pourtant, cette protection est un droit humain reconnu par plusieurs textes juridiques internationaux.
Face à ce tableau, l’ONG We Social Movements (WSM) et son partenaire Inspir organisent depuis la matinée du lundi 21 juin 2021 à Cotonou, un atelier régional sur les stratégies d’implication des mouvements sociaux et des organisations de la société civile dans l’extension effective de la protection sociale en Afrique.
Apprentissage, partage, appropriation et feuille de route
L’objectif principal de cet atelier est d’organiser un apprentissage commun (formation et échange) entre le réseau Inspir-Afrique, les cadres techniques des départements ministériels en charge de la protection sociale au niveau national et les cadres des institutions continentales et régionales africaines (Ua, Cedeao, Uemoa).
De façon spécifique, les participants veulent parvenir à des enseignements croisés sur la vision et les actions des mouvements sociaux africains de la protection sociale (WSM/Inspir, CSI-Afrique, Raess), les stratégies nationales d’extension de la protection sociale et d’implication des mouvements sociaux dans les pays francophones et anglophones et la stratégie d’extension de la protection sociale par l’implication des mouvements sociaux (Osc/Syndicats) de l’Oit et de l’Unicef.
Les participants espèrent aussi partager et s’approprier les politiques de protection sociale des instances supranationales continentales africaines (Ua, Cedeao, Uemoa), puis élaborer une feuille de route. Ce document permettra une meilleure synergie d’action et une meilleure articulation des stratégies des mouvements sociaux continentaux et des organisations de la société civile avec les politiques gouvernementales.
Les participants à l'atelier de Cotonou entendent enfin réaliser une action de plaidoyer à l’endroit des autorités béninoises, afin de solliciter une meilleure implication des mouvements sociaux continentaux et des OSCs dans les politiques nationales en lien avec la protection sociale.
Une synergie des acteurs et des stratégies
L’atelier se déroule du lundi 21 au jeudi 24 juin 2021 en virtuel et en présentiel. Il réunit une quarantaine de participants dont des membres du réseau Inspir-Afrique de six pays, des représentants de l’Union africaine, de la Cedeao et de l’Uemoa, des acteurs de la protection sociale du Bénin, du Burkina Faso, du Mali, du Ghana, du Sénégal et du Togo, plusieurs représentants de mouvements sociaux et de la société civile et des représentants diplomatiques.
Les discours prononcés au lancement de l’atelier tournent autour de l’urgence d’harmoniser les forces entre les acteurs pour l’effectivité de la protection sociale pour tous. Directeur général de WSM, Bart Verstraeten a rappelé que l’acteur étatique, l’acteur économique et l’acteur social doivent s’unir pour la protection sociale. Il en appelle à la solidarité internationale. Pour lui, la communauté internationale doit intensifier ses efforts en faveur de la protection sociale universelle. Il a fait savoir que chaque Etat doit proposer une politique nationale pour la protection sociale de sa population.
S'inscrivant dans le même registre, Aboubakar Koto Yérima, point focal Inspir-Bénin, a affirmé qu’une articulation entre les initiatives étatiques et celles privées est désormais indispensable face au défi de la protection sociale. Et pour cause, explique-t-il, dans tous les pays du monde, les mouvements sociaux et autres organisations de la société civile ont toujours été présents là où les gouvernements sont absents ou insuffisamment présents.
La lutte pour la protection sociale des populations doit passer par la résolution de l’emploi des jeunes, a pour sa part déclaré Eric Manzi, directeur adjoint du CSI-Afrique.

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