Les Afro-descendants qui ont un lien avec le Bénin pourront bientôt avoir la nationalité béninoise. Le gouvernement béninois veut reconnaître la nationalité béninoise aux Afro-descendants. Cette décision a été prise en Conseil des ministres du mercredi 8 mai 2024.
Selon le gouvernement, la quête d’identité à laquelle sont confrontés les Afro-descendants « peut trouver une solution par la volonté des pays africains à leur offrir leur patrimoine social et identitaire ».
Le gouvernement souligne qu'il est une évidence que la plupart des Afro-descendants souhaitent retrouver un lien avec leurs royaumes de départ ou à défaut avec les Républiques qui se sont substituées à eux. Mais il est difficile, malgré les archives mémorielles, d'obtenir des précisions sur l’identification des victimes de la traite des esclaves, leurs destinations et leur sort ultérieur en raison de la nature fragmentaire de ces archives et de la trajectoire variée des déportés.
Au-delà des discours et des symboles, les descendants revendiquent leurs liens avec la terre africaine, leur ré-appartenance à celle-ci, le renforcement identitaire et la valorisation de leur contribution à son renouveau.
Les autorités béninoises estiment alors « qu’il est venu le moment de reconnaître clairement le lien historique existant entre les Afro-descendants et l’Afrique. Par conséquent, le Bénin pourrait être également considéré comme leur terre natale ».
Un projet de loi relative à la reconnaissance de la nationalité béninoise aux Afro-descendants en République du Bénin a été transmis à l’Assemblée nationale pour la concrétisation de cette décision. Cette loi permettra au Bénin de disposer des voies juridiques appropriées pour accorder à ceux qui en feraient la demande, la reconnaissance de la nationalité béninoise.
Si elle est adoptée, la loi permettra de définir les conditions et modalités spécifiques suivant lesquelles les personnes reconnues comme Afro-descendants peuvent acquérir la nationalité béninoise par reconnaissance. « La preuve de l’afro-descendance est fournie par le demandeur au moyen de toute documentation d’état civil ou officielle, de tous témoignages constatés par acte authentique, d’un test ADN réalisé par une structure agréée au Bénin ou par tout autre moyen technique ou scientifique », a clarifié le gouvernement.
« L’article 98 de notre Constitution dispose que la citoyenneté, les droits civiques, sont du domaine de la loi. Quoique la nationalité béninoise par reconnaissance confère à son détenteur tous les droits et obligations qui y sont attachés, conformément à l’article 36 de la loi n° 2022-32 du 20 décembre 2022 portant code de la nationalité en République du Bénin, elle excepte cependant les intéressés des droits politiques et de l’accès à la Fonction publique béninoise », explique le Conseil des ministres
Le projet de loi soumis au parlement vient une fois de plus conforter la politique panafricaniste prônée par le gouvernement depuis 2016, notamment avec la suppression de visas pour tous les ressortissants africains et traduit une forte volonté d’intégration africaine.
La réponse à une résolution de l’ONU et l’UA
L'Assemblée générale de l'Onu a proclamé, dans sa résolution 68/237, la période de 2015 à 2024 comme Décennie internationale des personnes d’ascendance africaine. Elle évoque la nécessité de renforcer les mesures et activités de coopération nationales, régionales et internationales pour garantir le plein exercice des droits économiques, sociaux, culturels, civils et politiques de ces personnes ainsi que leur pleine et égale participation à la société sous tous ses aspects.
La Décennie internationale a pour thème « Personnes d’ascendance africaine : reconnaissance, justice et développement ». L’Union africaine reconnaît également la diaspora comme la sixième région du continent, actant ainsi la nécessité d’une reconnaissance des Afro-descendants comme partie intégrante à part entière du continent africain.
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