Enlèvement d’une petite fille à Cotonou avec demande de rançon. L’affaire a été évoquée, jeudi 27 février 2025, à l’audience correctionnelle de la CRIET. Selon la procédure, une homme de la quarantaine est placé sous mandat de dépôt. Il est accusé d’avoir, en complicité avec un coiffeur, enlevé une petite à ses parents au quartier Houéyiho à Cotonou. Les faits remonte au mois de décembre 2024.
Convoqué à la barre, le père de fille a présenté comment les choses se sont passées. Il a identifié son coiffeur comme principal auteur du kidnapping de sa fille. Le père a expliqué avoir amené sa fille chez son coiffeur pour que ce dernier lui fasse une coupe de cheveux.
Depuis des années, assure-t-il, c’est le coiffeur qui prend soin de sa tête. Le coiffeur et lui seraient devenus amis au point où il avait une totale confiance en lui. Quelques jours avant l’incident, affirme le père, le coiffeur alors sous menace d’expulsion, aurait même sollicité un prêt de 60 000 FCFA pour payer ses bails.
Le jour de l'incident, le père dit avoir laissé sa fille chez le coiffeur à qui il a demandé de l’accompagner à la maison après la coupe de cheveux. Ce qui n’a pas été fait. Après quelques heures, la mère de la fille a appelé son mari pour savoir où est-ce qu’il en ait avec leur fille.
Le père dit avoir marqué un étonnement parce que, pour lui, sa fille devrait déjà rentrer à la maison. Il dit avoir immédiatement contacté le coiffeur pour demander la position de sa fille. D’après sa déposition, le coiffeur lui a fait savoir que sa femme est intervenu pour que l’enfant puisse rentrer à la maison seule après la coupe de cheveux. Le coiffeur lui a donc indiqué que sa fille n’est plus avec lui.
Le papa est revenu précipitamment à l’atelier de son coiffeur. Ce dernier n’était plus là. Son numéro sonnait, mais il ne décrochait pas jusqu'à ce que le numéro est devenu injoignable.
Le père a confié avoir violemment réprimandé sa femme. Ayant pris les propos du coiffeur pour parole d'évangile, il a déclaré avoir sorti son épouse de la maison lui reprochant d'être à l'origine de la disparition de leur fille. Il est retourné à l’atelier. Le coiffeur n’était toujours pas de retour.
Demande de rançon
Déboussolé par la situation de sa fille, le papa ne savait à quel saint se vouer. Il dit qu’il en était là quand, dans la soirée, un numéro inconnu l'a appelé par rapport à sa fille. « La personne m’a dit que si je veux revoir ma fille je dois payer une somme d’un million de FCFA », a-t-il laissé entendre. C’est en ce moment, dit-il, qu’il a compris ce qui lui arrivait.
Le papa s’est alors rendu à la police. Les flics lui ont conseillé de mobiliser l’argent. « Le commissaire a demandé de faire un appel vidéo avec les ravisseurs de ma fille pour leur montrer que l’argent est prêt. Mais je devais exiger d’entendre la voix de ma fille pour voir si elle est bien encore en vie ». Ce qu’il dit avoir fait.
Quatre jours après le kidnapping, la police a réussi à ramener sa fille saine et sauve. Un homme auprès de qui le coiffeur a déposé la fille a été interpellé avec sa femme. La femme est poursuivie sans mandat de dépôt.
Non coupable
Convoqué à la barre, le prévenu a plaidé non coupable. Il a expliqué que c’est le coiffeur qui a ramené la fille de 06 ans chez lui. Selon le prévenu, le coiffeur a présenté la fille comme une de leur cousine.
Il a fait savoir qu'à l'époque, il traversait un moment un tout petit peu critique. Le prévenu apprend qu’un de ses enfants était gravement malade. "J’étais en train de préparer une potion pour mon enfant quand le coiffeur est apparu avec la fille", a-t-il déclaré à la barre. Le présumé complice dit avoir refusé d’offrir l’hospitalité à la fille. Mais il a finalement accepté.
Les larmes aux yeux, le prévenu a confié avoir perdu son enfant malade dans la période. Le mis en cause n’a pas reconnu les appels téléphoniques avec le père de la fille. Il a rejeté les responsabilités précisant qu’il n’a jamais plus revu le coiffeur.
Le ministère public lui a demandé d’arrêter ses pleurs. Le magistrat lui a lancé une interrogation en ces termes : Est-ce que vous savez que le père de fille a renvoyé sa femme à cause de vous ? ». Le président des céans a fait comprendre au prévenu qu’il ne peut pas se faire passer également comme victime. Selon le juge, les déclarations de la femme du prévenu ne sont pas en son avantage.
Donnant lecture des déclarations de la femme du prévenu, le magistrat a montré au prévenu qu’il a essayé de détourner l’attention de sa femme après une question. Le président a affirmé que quand la femme du prévenu a demandé au coiffeur qui était l’enfant, le prévenu n’a pas laissé le coiffeur lui-même répondre à la question.
Selon le magistrat, le prévenu s'est précipité pour présenter la fillette à sa femme. Une attidude "louche" selon la Cour. Après ces débats, le juge a renvoyé le dossier au 24 mars 2025 pour continuer le procès.
Depuis l'éclatement de l'affaire, le coiffeur est introuvable.
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