Des compteurs d'électricité (Photo d'illustration)
Une affaire de fraude présumée sur des compteurs de la SBEE a conduit quatre personnes devant la CRIET. Les quatre prévenus ont comparu devant le juge, lundi 28 avril 2025, à l’ouverture de leur procès. Il s’agit de deux agents de l’Agence nationale de la métrologie, d’un agent de la SBEE et d’un abonné de la Société béninoise d’énergie électrique. Les agents de la SBEE et de l'ANM sont poursuivis par le parquet spécial pour les faits d’ « abus de fonction ».
Selon l’accusation, il est reproché aux fonctionnaires de n’avoir pas convenablement fait leur travail. Ils auraient manqué de bien faire le contrôle sur trois compteurs de la SBEE dont la contre expertise a révélé plusieurs dysfonctionnements. D’après les éléments exposés par la Cour, la contre-expertise a révélé que les trois compteurs ont été traficotés. Des plombs d’en bas sont inexistants, des plombs d’en haut sont violés. Un parmi les trois compteurs a été sur-calibré à 30 ampères au lieu de 10 ampères. Il est également constaté l’utilisation de pince universelle sur les compteurs.
Ces constats ont été faits 45 jours après le contrôle de l’équipe dont les membres sont poursuivis. Cerise sur le gâteau, il est reproché aux prévenus d’avoir pris une enveloppe de 50 000 FCFA chez un abonné (soudeur) dont le compteur est incriminé. Sur quatre prévenus, seul l’agent supposé proche du soudeur et accusé d’avoir pris l’enveloppe est placé sous mandat de dépôt. Les trois autres sont sous convocations.
Convoqués à la barre, les quatre accusés ont plaidé non coupable. Ils ont rejeté les faits d’abus de fonctions mis à leur charge. Chacun d’eux s’est défendu lors des débats qui ont duré près de 2 heures du temps.
Contradiction entre le chef d’équipe et son collègue
Devant le juge, le chef d’équipe, agent de la SBEE s’est d’abord prononcé sur la question d’enveloppe. Il a déclaré que c’est un de ses collègues d’équipe qui a pris l’enveloppe chez le client avant de l’informer. En ce moment de la fin du contrôle, l’agent a fait savoir qu’il avait la tête ailleurs. Il a indiqué avoir reçu une mauvaise nouvelle sur son enfant qui était hospitalisé. Il dit qu’il était au volant quand son collègue est venu le voir pour lui dire que le client voudrait parler avec lui.
Dans sa déposition, le chef d’équipe a déclaré avoir refusé de discuter avec le client du fait que le travail était fini et qu’il lui fallait vite se rendre au chevet de son fils. Il était assis au volant en ce moment. Il dit avoir démarré par la suite. C’est en cours de route, a confié le chef d’équipe, que le membre de l’équipe, proche du soudeur, a sorti l’enveloppe de 50 000 FCFA. Le chef dit l’avoir réprimandé en précisant que lui ne travaille pas de cette manière. Selon les explications qu’il dit avoir reçu sur la remise de l'enveloppe, le soudeur (introuvable) s’était réjoui que les agents puissent intervenir sur son compteur à problème.
Il a affirmé que c’est pour la première fois qu’il est allé sur le terrain avec cette composition. Le chef a dit avoir récupéré l’enveloppe et déposé dans un tiroir à l’avant du véhicule. Une fois au bureau, a-t-il laissé entendre, il a pris son véhicule personnel pour courir au chevet de son fils oubliant l’enveloppe dans le véhicule de fonction. C’était un vendredi, précise-t-il. Au retour le lundi matin, l’enveloppe n’était plus là, a-t-il déclaré à la Cour. Il ignore celui qui a pris l’enveloppe.
Mais son récit des faits a été contredit par le proche du soudeur, l’agent de l'ANM qui aurait pris l’argent des mains du donateur. Il a rejeté devant le juge que ce n’est pas lui qui a pris l’enveloppe. C’est son chef, a-t-il martelé. Après le contrôle, le chef d’équipe et le client sortaient de la maison quand le client a dit qu’il a quelque chose pour eux avec quoi ils vont prendre de l’eau. C’est en ce moment, précise-t-il, que le chef l’a désigné pour aller prendre l’enveloppe et lui a remis.
Il a également déclaré qu’il n’est pas allé au bureau avec le chef. Il est descendu en cours de route et le chef lui a remis 10 000 FCFA. Ces deux agents ainsi que leur troisième ont confirmé avoir relevé aussi des dysfonctionnements sur deux compteurs, sauf que les compteurs étaient bloqués et il fallait juste les changer. Ce problème n’est pas nouveau et peut arriver même à un compteur neuf. Ils ont estimé qu’après leur passage, les compteurs ont été touchés avec des plombs violés.
A son tour à la barre, le propriétaire interpellé a déclaré qu’il n'avait rien à se reprocher. Il a indiqué avoir été appelé par la première équipe avant le contrôle. « Je leur ai demandé de faire leur travail », a-t-il confié devant le juge. Il dit avoir répété la même chose à la deuxième équipe. La deuxième équipe, fait-il savoir a relevé que les plombs de son compteur sont violés et que le calibre est augmenté à 30 ampères.
Il a dit avoir marqué son étonnement parce qu’il n’aurait pas de souci avec son compteur jusque-là et il payait ses factures. Après les avoir écoutés, la Cour a renvoyé le dossier au 19 mai 2025 pour les réquisitions du ministère public et les plaidoiries des avocats.
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