societe

CRIET : 02 policiers accusés d’avoir libéré un trafiquant présumé contre 500 000 FCFA jugés

CRIET : 02 policiers accusés d’avoir libéré un trafiquant présumé contre 500 000 FCFA jugés

Devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) s'est ouvert le procès de deux policiers et deux présumés trafiquants de stupéfiants arrêtés à Abomey-Calavi. Les deux agents de la police sont accusés d’avoir libéré un des présumés trafiquants contre la somme de 500 000 FCFA.

Devant la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) s'est ouvert le procès de deux policiers et deux présumés trafiquants de stupéfiants arrêtés à Abomey-Calavi. Les deux agents de la police sont accusés d’avoir libéré un des présumés trafiquants contre la somme de 500 000 FCFA.

Une affaire de "trafic d'influence et d'escroquerie" impliquant des policiers devant la CRIET. Devant la juridiction spéciale s'est ouvert, lundi 2 mars 2026, le procès de fonctionnaires de la police républicaine et deux présumés trafiquants de stupéfiants. 

 

L’affaire a fait grand bruit lorsque quatre policiers parmi lesquels les deux comparaissant devant la CRIET ont été interpellés pour soupçon de corruption au niveau du commissariat d’Akassato dans la commune d’Abomey-Calavi. Lors du transfèrement des quatre policiers, deux ont réussi à échapper à la vigilance de leurs collègues. 

 

Lors de leur comparution devant la CRIET à l’ouverture de leur procès, ces deux policiers qui portaient leur gilet de prisonnier, étant sous de dépôt, avaient à leurs côtés deux présumés trafiquants de produits psychotropes.

 

Que s’est-il réellement passé pour que les quatre prévenus se retrouvent en prison ? Un des présumés trafiquants a dit sa part de vérité devant les juges de la chambre de jugement de la CRIET. Selon sa déposition, il a été interpellé par une patrouille composée de trois éléments du commissariat d’Akassato dont deux policiers et une policière.

 

Il a été retrouvé en sa possession 106 boulettes de chanvre indien. Interpellé, le mis en cause se serait lancé dans une négociation avec les policiers pour étouffer l’affaire. Il a fait savoir que c'est un policier qui lui a fait la proposition d’un montant de 500 000 FCFA pour le laisser partir. Il dit avoir tenté de débattre pour ramener la somme 300 000 FCFA mais le policier, chef de la patrouille s'y est opposé. Le responsable d’une structure de call-center, comme il s’est présenté, a confié que le policier a été catégorique et menaçant.

 

Selon sa déposition, le policier l’a menacé de le conduire au poste et d’enclencher la procédure à son encontre s’il ne paie pas les 500 000. Et la menace fut exécutée. Le chef de patrouille l’a confié à un de ses collègues pour lancer la procédure. En ce moment, le mis en cause aurait compris que sa liberté était en jeu. Il a décidé de payer la somme exigée. Mais il dit que le policier qui devrait se charger de dresser les procès-verbaux à monter les enchères à 1 000 000 FCFA. De discussions en discussions avec son vis-à-vis, il a déclaré avoir donner 500 000 FCFA.

 

Les murs ont d'oreilles

 

L’affaire qui devrait rester entre les policiers au poste ce jour est parvenue aux oreilles de la hiérarchie. Le commissaire de l’unité d’Akassato a été informé de ce deal. Il a convoqué une réunion le lendemain matin pour comprendre ce qui s’est passé dans son commissariat. Les quatre policiers ont nié avoir pris de l’argent. L’officier a décidé d’ouvrir une enquête contre eux. Le chef d’équipe du patrouille et le policier devant dresser le procès-verbal se sont échappés. Une procédure judiciaire a été enclenchée contre les deux autres et les enquêtes ont permis de mettre la main sur les deux présumés trafiquants.

 

Convoqués à la barre, les deux policiers ont plaidé non coupable. Ils sont poursuivis pour les faits de « trafic d’influence et d’escroquerie ». Les deux fonctionnaires de police ont affirmé qu’ils n'étaient pas au parfum des discussions que leurs supérieurs ont eues avec le présumé trafiquant interpellé. Mais la Cour leur a opposé des déclarations sur un dispatching qui a été fait l'argent encaissé auprès du présumé trafiquant. Les trois plus gradés ont partagé, entre eux, 450 000 FCFA et donné 50 000 FCFA à la policière qui n’a pas encore bouclé ses deux ans de carrières.

 

Le prévenu ayant été arrêté en possession des boulettes de chanvre indien a plaidé coupable. L’intermédiaire qui lui aurait confié les sachets a, quant à lui, nié les faits. Ils ont confié que le colis était destiné à une autre personne. Les deux sont poursuivis pour détention et cession de chanvre indien et corruption d’agent public ».

 

Après les débats, la Cour a renvoyé le dossier 20 avril 2026 pour les réquisitions du ministère public et les plaidoiries des avocats. Au moins trois avocats se sont constitués pour la défense des prévenus. 

0 commentaire

0 commentaire