Réquisitions du parquet du tribunal de Cotonou dans l’affaire Urbain Pierre Dangnivo. Ce mercredi 15 juillet 2026, le ministre public a présenté ses réquisitions dans cette affaire du nom d’un ancien cadre du ministère béninois des finances disparu en août 2010.
Dans cette affaire à multiples rebondissements qui a tenu en haleine l’opinion publique béninoise et internationale la fin du premier mandat de l’ex-président Boni Yayi et le début de son deuxième mandat, deux personnes sont en détention prévention depuis plusieurs années.
Il s’agit de Codjo Alofa et de Donatien Amoussou. Codjo Alofa, le principal accusé est poursuivi pour les faits d’assassinat d’Urbain Pierre Dangnivo et Donatien Amoussou, son coaccusé, pour complicité d’assassinat.
Dans ses réquisitions à l’audience de ce mercredi, le procureur de la République près le tribunal de première instance de Cotonou a procédé à une requalification des faits mis à la charge des deux prévenus.
Alofa ou « l’appât du gain »
Le ministère public a demandé à la Cour de requalifier les charges d’assassinat qui pèsent contre le principal mis en cause en complicité d’assassinat. Le magistrat a sollicité cette requalification des faits au regard des constances à charge de Codjo Alofa relevées dans le dossier.
Pour le magistrat, il est constant au dossier que Dangnivo et Alofa se connaissent même si ce dernier jure ne connaître la victime ni d’Adam, ni d’Eve. Le procureur en veut pour preuve les relevés d’appels téléphoniques. Ces relevés prouvent que les deux ont eu des échanges.
L’autre constance soulignée par le ministère public c’est la disparition de Pierre Dangnivo. Pour le ministère public, sauf à se complaindre dans le déni, il est judiciairement prouvé que Pierre Urbain Dangnivo est mort et ses restes sont sous scellés.
Mais est-ce vraiment Alofa, qui après s’est présenté comme le féticheur de Dangnivo et a affirmé lui avoir ôté la vie avant de revenir sur ces aveux, l’assassin ? Le ministère public estime que non. Il pense cependant qu’il est tout de même associé à la disparition de l’ancien cadre du ministère des Finances tout au moins pour avoir fourni les moyens.
Le procureur de la République près le tribunal de Cotonou est convaincu que c’est Codjo Alofa qui a livré Pierre Dangnivo à Paul dit Ibo et Akon. Ces deux derniers seraient les assassins de l’ancien cadre du ministère des Finances. Urbain Pierre Dangnivo aurait été sauvagement battu à mort par Paul dit Ibo et Akon, en présence d’Alofa.
Pour le mobile du crime, le ministère public retient l’appât du gain. Alofa, selon le procureur, voulait profiter de Paul dit Ibo, de Akon, des officiers judiciaires chargés de l'enquête ainsi que de ses geôliers.
Pour ces faits, le ministère requiert la peine de 30 ans de réclusion contre Alofa. Outre la peine de prison, le magistrat a demandé à la Cour de condamner le principal mis en cause à verser à la famille de Dangnivo constituée partie civile la somme de 150 millions FCFA. Ceci, à titre de dommages et intérêts.
Escroquerie contre Donatien Amoussou
Dans ses réquisitions, le procureur est revenu sur les antécédents judiciaires de Donatien Amoussou. Le magistrat a indiqué que le coaccusé de Codjo Alofa était mêlé à une affaire de trafic d'armes. Donatien Amoussou, apprend le procureur, était également mêlé à une affaire de détournement de camion de convoyage de fonds de l'entreprise pour laquelle il travaille après sa démission de l'armée.
Mais dans l’affaire d’assassinat de Pierre Urbain Dangnovi, le ministère public n’a trouvé "aucun élément objectif" qui lie l’accusé à la mort de la victime. Le procureur a trouvé que le seul fait qui devrait être retenu contre Donatien Amoussou est une escroquerie. Le coaccusé de Alofa se serait rendu coupable d'escroquerie d’une somme de cinq cent mille francs CFA auprès du colonel Koumassegbo. Il aurait soutiré cette somme d’argent à l’officier en lui faisant croire qu'il pourrait lui être utile dans l'affaire.
Ainsi, le ministère public a demandé la requalification des faits de « complicité d'assassinat » mis à la charge de Donatien Amoussou en « escroquerie ». Pour la répression de ces faits d’escroquerie, le procureur a proposé à la Cour de condamner Donatien Amoussou à 60 mois de prison ferme et à 2,4 millions de FCFA d’amende.
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