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Ulrich Takam : l’humoriste camerounais à coeur ouvert dans une interview exclusive à Banouto

Ulrich Takam : l’humoriste camerounais à coeur ouvert dans une interview exclusive à Banouto

De passage à Cotonou, Ulrich Takam est l'une des célébrités de l’humour en Afrique francophone a accordé, en décembre 2025, une interview exclusive à Banouto en marge de Cotonou Comedy Festival. L’artiste revient sur ses débuts, partage ses inspirations, évoque ses projets, commente la rumeur de sa séparation avec Diane Nama, une collaboratrice et dévoile ses projets.

De passage à Cotonou, Ulrich Takam est l'une des célébrités de l’humour en Afrique francophone a accordé, en décembre 2025, une interview exclusive à Banouto en marge de Cotonou Comedy Festival. L’artiste revient sur ses débuts, partage ses inspirations, évoque ses projets, commente la rumeur de sa séparation avec Diane Nama, une collaboratrice et dévoile ses projets.

L'humoriste camerounais Ulrich Takam

L'humoriste camerounais Ulrich Takam

Ulrich Takam. Ce nom résonne quand il s’agit de parler humour en Afrique francophone. Très populaire au Cameroun, son pays d’origine, le jeune artiste a très vite élargi son cercle de fans grâce à ses web-séries diffusées sur les réseaux sociaux. Parmi les plus connues figurent "Les Délires de Takam", "Les Capsules de Takam", "Les feats de Takam", "Les parodies de Takam" ou encore "Ekol publik groupe 2".

 

Ces projets n’ont pas fait qu’asseoire la notoriété de ‘’l’enfant de Ma’a Monique’’ mais ont contribué à révéler de grands noms de la jeune génération de l’humour africain dont Diane Nama, Frida Choco Bronzé, Raissa Chimala ou encore Joys sa'a, toutes camerounaises. 

 

En décembre 2025, le fils de Penka-Michel, commune située dans la région de l'Ouest  du Cameroun était l’un des artistes dans la short-liste des humoristes conviés à la première édition du Cotonou Comedy Festival, nouveau rendez-vous majeur de l'humour en Afrique, tenue avec succès du 1er au 6 décembre 2025. A quelques heures du lancement de ce rendez-vous culturel dans la capitale béninoise, Ulrich Takam s’est confié à Banouto dans une ambiance chaleureuse et décontractée. 

 

Banouto : D'où est venue cette passion pour l'humour ?

 

Ulrich Takam : Un gros hasard, on va dire ça comme ça, un gros concours de circonstances. À la base, je voulais être journaliste. J'ai fait le concours pour devenir journaliste, j'ai échoué, lamentablement. J'ai échoué trois fois. A un moment, il fallait se résoudre au fait que je ne suis pas fait pour devenir journaliste. C'est comme ça que j'ai choisi les arts de spectacle, et j'ai découvert le théâtre, je suis tombé amoureux. C'est comme ça que j'en suis arrivé à l'humour. 

 

Et l'humour, pour vous, c'est quoi ? 

L'humour, c'est le partage de sa vision du monde, c'est partager son idéologie, c'est partager ce qu'on ressent sur scène avec les gens qui nous écoutent.

 

Comment devient-on Takam ?

Rire… Je ne sais pas. Je ne sais pas comment Takam est devenu Takam. Je ne sais pas comment il a fait. Je pense que c'est un amour fou pour ce qu'on a envie de faire. C'est une croyance et une résilience réelles pour ce qu'on a envie de faire. Et se donner à fond au quotidien. Et puis il y a l'être suprême qui est Dieu qui se dit « Ok, allons-y accompagnons celui-là dans son rêve et dans sa volonté. » 

 

Qu'est-ce qui vous inspire ? 

La vie quotidienne. Ce par quoi je passe, ce que je traverse, ce que je vois. C'est tout ça qui m'inspire au quotidien. 

 

Est-ce que l'humour nourrit son homme ? 

Sa femme aussi. Je vais dire, ça ne nourrit pas seulement son homme. Sa femme, même ses enfants. Parce que ça fait presque 7 ans que je ne vis que de l'humour. Je ne fais pas autre chose. 

 

Qu'est-ce qui vous a le plus marqué dans cette aventure depuis que vous l'avez entamée ? 

Les gens. Ce qui me marque beaucoup plus, c'est l'aventure humaine. Les gens sont magnifiques. L'amour des gens, c'est magnifique. Je ne savais pas que les gens pourraient autant aimer les inconnus. Et leur donner autant d'amour. Vraiment, le public, depuis le début, me donne beaucoup d'amour. Et j'en suis très fier.

 

Dans nombre de vos web-séries, Joys sa'a apparaît comme votre conjointe. Des rumeurs indiquent que c’est aussi votre épouse dans la vraie vie. Quelles sont concrètement vos liens ? 

 

Les liens que j'ai avec Joys sa'a sont les mêmes liens que j'ai avec Frida Choco Bronzé. Les mêmes liens que j'ai avec Diane Nama. Les mêmes liens que j'ai avec Fidèle. Ce sont des actrices avec lesquelles je travaille. Parmi ces artistes-là, il y en a qui deviennent mes amis. D'autres qui ne le deviennent pas. Et d'autres même qui deviennent mes ennemis. Éclat de rire… Ce sont des collaboratrices avec lesquelles je travaille. Après, on peut s'entendre au point de devenir amis. Mais ce n'est pas forcément le cas avec tout le monde. 

 

Parlant d’ennemis, des rumeurs ont circulé sur une rupture de liens avec Diane Nama qui s’est véritablement illustrée vos web-séries "Les Capsules de Takam" et "Ekol publik groupe 2". 

 

Quels sont aujourd’hui vos liens et qu'est-ce qu'il y a eu concrètement ? 

 

Je me réserve sur un certain nombre de choses. Ce que je peux dire, c'est que Diane, aujourd'hui, nos rapports ne sont plus les mêmes que par le passé. Mais elle reste une artiste talentueuse et l'une des plus grosses forces de l'humour féminin au Cameroun. Je continue de le penser. Même si aujourd'hui, je ne fais plus partie de ceux-là qui pourraient s'investir et donner du leur pour le développement de cette compétence-là et de ce talent-là.

 

Qui sont les acteurs qui vous ont inspiré ? 

 

J'ai suivi tous les acteurs de l'humour africain. J'ai suivi tous les acteurs majeurs de l'humour du monde francophone. Je vais citer Valéry Ndongo, Moustik Karismatik au Cameroun, ou alors Gohou Michel, ou alors Digbeu Cravate. 

 

Avec cette belle carrière construite en moins d’un décennie, avez-vous encore soif ? Ulrich Takam se voit où dans 10 ans ?   

 

Il y a énormément de choses à faire. Il y a un festival à lancer au Cameroun. Il y a un Comedy Club à ouvrir au Cameroun. Il y a un marché à conquérir, que ce soit au Canada, que ce soit aux Etats-Unis, que ce soit en France. Il y a des marchés, il y a des choses à créer. On ne peut pas se contenter de ce qu'on a fait. On ne peut pas partir du principe de ce qu'on a fait pour dire qu'on est arrivé. Non, il y a beaucoup de choses à faire encore. On ne s'arrête pas. 

 

Qu’est-ce qui différencie le Takam dans la vraie vie et le Takam que le public connaît ? 

 

Explosion de rires… Il y a Takam dans la vie réelle et un Takam dans la vie privée. Il y a un écart. Il y a quand même un Takam qui reste celui de sa petite amie, de sa fiancée, voire de sa femme. 

 

À quoi il ressemble ?

Il est un peu plus calme. Il est un peu plus serein. Il observe les choses. Parce que son autre côté bavarde beaucoup. Il essaie d'être calme pour essayer de comprendre pourquoi son autre côté bavarde autant. 

 

Quel est votre regard sur l’humour africain et béninois ? 

Ça bouge beaucoup. Pour parler particulièrement de l'humour béninois, il  a toujours existé. On va le dire, à travers les skits sur Internet. Par exemple, nous, depuis longtemps, on suit Jojo le comédien et Axel Merryl. C'est vrai que ce n'est pas le stand-up ou quoi que ce soit, mais c'est déjà un emballage qui est super sympa et qui a mis la lumière sur le Bénin.

 

Après, aujourd'hui, il y a plein de personnes qui ont suivi. Il y a Tranquillin qui est arrivé. Il y a l’école des stand-upers. Il y a le travail que Eliphaz fait depuis de nombreuses années. Aujourd'hui, il y a Kromosome, il y a Pacheco, qui est devenu très présent aussi sur Internet.

 

Il y a Sam du Barça ou encore Gros et Métis. L'humour béninois est désormais de plus en plus présent sur la plateforme panafricaine. Et c'est très bien, que ce soit les skits sur Internet ou même le stand-up avec des humoristes béninois qui tournent. L'humour en Afrique se porte beaucoup plus bien que par le passé. De grosses choses restent à faire, mais il y a de l'espoir pour un avenir meilleur pour l'humour en Afrique. 

 

Quel est le rôle de l'humour dans le développement des États dans le développement de l’Afrique ? 

 

L'humour a sa place. L'humour a un volet économique qui est hyper intéressant. L'humour a un volet touristique. Par exemple, je vous ai dit, on pense uniquement au cas de ce festival, il y a énormément d'étrangers qui sont dans le pays. Donc c'est très bien pour le tourisme. Il y a un gros rendez-vous qui est en train de se créer. Les hôtels, les salles de spectacle. Il y a un volet économique qui est super sympa. L'humour et l'art, de façon générale, ont une place importante dans le développement d'un pays. C'est hyper important. 

 

En créant Cotonou Comedy Festival, les autorités visent à promouvoir l'humour béninois et africain francophone en créant une plateforme de rayonnement international. Quel est le vide à combler pour l’atteinte de cet objectif ? 

 

La première chose, je dirais, c'est les plateformes qui sont en train d'être créées. Les plateformes créent des occasions. Les plateformes vont forcément améliorer la qualité de production. Avec des plateformes de qualité, les artistes de qualité vont davantage se produire. Ça va être bien, parce qu'en fait, chacun va pouvoir s'améliorer. On ne peut pas être un bon humoriste si on n'a pas un endroit où jouer. Aujourd'hui, que les endroits où jouer qui sont en train de se créer.

 

Il y a des plateformes comme celle-ci, il y a les Comédie Club qui devraient normalement suivre. Même des initiatives personnelles par des tiers sont en train d'être créées. C'est très bien pour le développement de l'humour. Le marché est en train de se créer. Les gens vont pouvoir commercialiser, exporter leur art. Je suis très positif. Je crois véritablement en l'humour en Afrique. L'Afrique va bientôt se positionner comme un réel marché, comme « the place to be » sur le monde de l'humour de façon générale.

 

Quels sont vos conseils pour les jeunes qui vous lisent et veulent emprunter le chemin de l’humour ? 

 

Ne pas cesser d'y croire. Ne pas cesser de se donner à fond. C'est hyper important de croire. Ne pas avoir peur de tomber parce qu'il faut tomber pour pouvoir se relever. Ne pas avoir peur de tomber. C'est hyper important de croire, avancer, tomber, se relever et y aller encore parce que ça ne va pas nous sourire tout de suite.

 

C'est clair que ça ne va pas nous sourire tout de suite. Ça peut arriver que ça te sourire pas tout de suite. Mais, il faut partir du principe sur lequel ça ne va pas nous sourire tout de suite. C'est un métier qui est difficile. Et c'est des étapes, et des étapes, et des étapes.

 

 

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