Archives

Vivi l’internationale : dans le deuil, les Béninois appellent les autorités à honorer l'icône

Vivi l’internationale : dans le deuil, les Béninois appellent les autorités à honorer l'icône

Icône de la musique béninoise, la chanteuse Vivi l’internationale a rendu l’âme dans la nuit du mardi au mercredi 16 février 2022. Entre tristesse et prières, les Béninois ont accueilli la mort de l’artiste.

Icône de la musique béninoise, la chanteuse Vivi l’internationale a rendu l’âme dans la nuit du mardi au mercredi 16 février 2022. Entre tristesse et prières, les Béninois ont accueilli la mort de l’artiste.

b-vivi-l-internationale-chanteuseLa chanteur Vivi l'internationale n'est plus

Les Béninois sous le choc après le décès de l’icône de la musique, Vivi l’internationale. La chanteuse très populaire est décédée dans la nuit du mardi au mercredi 16 février 2022. La nouvelle tombée dans la matinée du mercredi a été accueillie diversement au sein de la population.

Côme Desso, le quinquagénaire a connu l’artiste dans les années 90 au cours de la Conférence des forces vives de la nation. « Pendant ce temps, c’est son titre N'dokolidji que jouent les radios. C’est une chanson qui inspire la paix et appelle à la culture de la paix. C'est avec beaucoup de frissons que je réécoute cette chanson aujourd'hui. Cela a calmé populations et politiques. On a la chair de poule quand on écoute cette chanson », témoigne Côme Desso.

Pour lui, Vivi l’internationale est une bibliothèque et sa mort est une perte pour la Nation béninoise. « Quand j’ai appris l’information, je n’y croyais pas avant que la radio nationale ne la confirme. J’ai été abattu », confie-t-il peiné. Tout comme Côme Desso, Mobèrèola Foumi Olloude, fonctionnaire au ministère du cadre de vie dit avoir été touchée par la mort de l’artiste. « C’est vrai qu’elle a disparu mais qu’elle est la cause de sa disparition ? », s’interroge la jeune femme qui dit avoir  connu l’artiste surtout lors de ses escapades.

« Je n’étais pas triste mais… »

Ex-journaliste de Frissons radio, Faradj Ali Yarou fait partie de ceux qui ont connu la chanteuse qu’il qualifie de « légende ». Non seulement parce que les œuvres de l’artiste ont bercé son enfance mais parce qu’il a fait la rencontre de l’icône de la musique béninoise. « C’est une dame plus joviale, très affable, très souriante et une maman. Elle ne fait pas de distinction. Moi, elle ne m’avait jamais rencontré, je ne la connaissais pas non plus, mais le peu de temps qu’on a passé, on dirait qu’on se connaissait depuis très longtemps. On a même pris de photo ensemble », témoigne-t-il.

Aujoud'hui, il regarde cette photo de souvenir et écoute les chansons de Vivi l’internationale depuis la nouvelle de sa mort. « Quand j’ai appris son décès, je n’étais pas triste mais, je me suis mis à prier pour elle parce que la mort est une certitude et tout le monde devrait y passer », affirme Faradj Ali Yarou.

Espoir Houmanbou journaliste au Groupe de presse Eden, n’a pas été surpris du décès de la chanteuse qu’il classe dans le rang des artistes hors pair. Et pour cause, explique-t-il, « nous sommes à une époque où nous sommes en train de perdre ces grandes personnalités que nous avons dans le pays. Depuis un certain moment, elle reste carrément à la maison, elle ne sort plus ».

Une artiste à immortaliser

Vivi l’internationale s’est révélée par sa chanson N’dokolidji. Ce titre est le plus célèbre de ses réalisations. Cette chanson a été d’ailleurs l’hymne de la paix à la conférence des forces vives de février 1990. Les tubes de la chanteuse ont marqué la transition du Bénin du Marxisme-léninisme au Renouveau démocratique. Pour Marie-Josée, enseignante à la retraite, la chanteuse doit être immortalisée en raison de la contribution de ses œuvres à la démocratique béninoise.

Espoir Houmanbou plaide pour la construction d’un mausolée pour Vivi l’internationale : « Elle ne doit pas être l’artiste qu’on doit oublier et donc à partir de l’éducation de nos enfants, il faut leurs rappeler ces personnes qui ont marqué à une certaine époque la démocratie béninoise ». Pour sa part, Faradj Ali Yarou fait trois propositions. La première, est l'inscription du nom de la chanteuse dans les livres d'histoire du Bénin. La deuxième est l'ajout de ses chansons phares dans l'anthologie de la musique béninoise. La troisième concerne l'initiation d'un trophée Vivi l'internationale pour récompenser la meilleure production promouvant la paix et la cohésion nationale.

La chanteuse Sèna Noble, reine de Gogohoun partage l’idée d’immortaliser l’icône de la musique béninoise laisse le gouvernement décider de la meilleure manière.