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Expo à la Présidence du Bénin : un crime de lèse-majesté fâche la cour Dako Donou

Expo à la Présidence du Bénin : un crime de lèse-majesté fâche la cour Dako Donou

Présent parmi la centaine d’œuvres d’artistes contemporains accompagnant les 26 trésors royaux restitués par la France et exposés à la présidence de la République, un tableau sur les successions au trône dans le royaume de Danxomè suscite incompréhension et colère à la cour royale de Houawe Djotin.

Présent parmi la centaine d’œuvres d’artistes contemporains accompagnant les 26 trésors royaux restitués par la France et exposés à la présidence de la République, un tableau sur les successions au trône dans le royaume de Danxomè suscite incompréhension et colère à la cour royale de Houawe Djotin.

expo-presidence-benin-dako-donou-art-benin-hier-aujourd-huiL'Oeuvre d'art querellée

Un crime de lèse-majesté dans l’expo « Art du Bénin d’hier et d’aujourd’hui : de la restitution à la révélation ». C’est ce que dénonce la cour du roi Dako Donou qui s’insurge contre l’une des 106 œuvres d’artistes contemporains exposés en soutien aux 26 trésors royaux restitués au Bénin par la France.

Dans un communiqué en date du 20 février, au lendemain du vernissage en grande pompe, la cour royale de Sa majesté Kpogbémabou, 12ième roi successeur au trône du Roi Dako Donou s’est offusquée de constater le traitement réservé à son patriarche sur un tableau censé présenter les successions au trône au royaume de Danxomè. 

Cité comme un "chef précurseur", Dako Donou, n’apparaît pas parmi les rois formellement cités sur le tableau.  Un changement de statut que l’actuel souverain n’entend pas admettre.  « A l’occasion de leur vernissage à la présidence de la République, il leur a été donné de noter un tableau qui présente les Rois et Reine du " Danhomè" et qui indique sans même préciser ses attributs royaux que le Souverain Dako Donou qui a conquis les Guedevis, et des localités, fondé Houawé-Danxomè, fut un "chef précurseur" parmi d’autres », signale le communiqué.

« Que recouvre ce terme ? Quel usage peut-on en faire ? Une relation de filiation peut-elle être transformée en relation de précurseur ? Dans quelle mesure ce tableau nourrit-il des allégations divisionnistes ? Il est à se demander de quoi procède ce statut, à quand il remonte et l’ambition qu’il nourrit », s’interroge Dako-Wegbe Nestor, Porte-parole de la Cour Kpogbémabou.

Un tableau à corriger ou retirer

Pour le successeur du roi Dako Donou, il est inadmissible que l’œuvre objet de protestation soit maintenue. « En attendant de connaître la source ainsi que la visée d’une telle thèse peu ou mal inspirée qui nie notre histoire commune, remet en cause tous les faits historiques réels, connus, documentés et enseignés officiellement, le Roi Kpogbemabou et sa cour, élèvent une vive et royale protestation contre cette thèse qu’ils jugent de négationniste et de révisionniste peu ou mal inspiré.

Ils en appellent à son retrait pur et simple ou au mieux, à   sa correction sans délai dans le sens des informations historiques et officielles disponibles à ce jour, en attendant les conclusions des comités scientifiques mis en place pour une réécriture de nos histoires nationales », lit-on dans le communiqué royal.

De nombreuses œuvres d’histoire ont fait mention du roi Dako Donou dans la généalogie des souverains ayant régné sur le royaume de Damxomè. Sa succession, de ce fait, aurait été assurée par son neveu Aho appelé encore Houégbadja, reconnu comme le fondateur du royaume d’Abomey.

Entre autres ouvrages, rappelle le site d’information, Bénin Intelligent, il y a « Histoire-Géographie-Mœurs-Coutumes…Expéditions françaises (1891-1894) » de Edouard Foa édité en 1895 qui place Dako Donou en tête avec un règne situé entre 1625-1640 suivi de Dan, Aho et Akaba. Aussi, l’ouvrage scolaire « L’histoire de mon pays le Bénin (conforme aux programmes officiels) » dispose que Dako Donou est « le premier roi des Fon ».

Selon le récit récurrent, Dako Donou, n’aurait pas eu de descendants capables de lui succéder avant sa mort et sa succession aura été assurée par son neveu Aho appelé encore Houégbadja reconnu comme le fondateur du royaume d’Abomey.