Les centrales et confédérations syndicales ne veulent pas d’une revalorisation salariale sans impact sur la vie des travailleurs. Après l’annonce par le chef de l’Etat béninois, Patrice Talon, de revaloriser le salaire des travailleurs au cours de cette année 2022, les responsables syndicaux n’entendent pas être des spectateurs joyeux. Vendredi 28 janvier 2022, lors d’un déjeuner de presse à Cotonou, ils ont effectué une sortie médiatique pour s’exprimer sur la revalorisation des salaires annoncée.
Mais avant, Anselme Amoussou, secrétaire général de la Centrale des syndicats autonomes du Bénin (CSA-Bénin), a présenté les résultats d’une étude comparative sur les prix des produits de première nécessité ces dernières années. Cette étude basée sur les chiffres dans les six principales villes du Bénin (Cotonou, Porto-Novo, Bohicon, Parakou, Natitingou, Lokossa) a montré une hausse des prix de la plupart des produits de première nécessité entre décembre 2020 et décembre 2021.
Par exemple le maïs séché vendu au détail a connu une hausse de 25% sur la période. Le prix du gari de 2ème qualité a augmenté de 15%. L’huile de palme non raffinée a vu son prix presque doublé en l’espace d’un an. Le taux d’augmentation est davantage élevé lorsqu’on compare les prix de 2016 à ceux de 2021. « Le pouvoir d’achat s’est complètement amenuisé », font remarquer les responsables syndicaux.
Ce pouvoir d’achat est davantage amenuisé avec les récentes taxes créées le pouvoir du président Patrice Talon, fait savoir Appolinaire Affewé, secrétaire général de l’Union nationale des syndicats des travailleurs du Bénin (UNSTB). « L’électricité, l’eau, le loyer ont connu une fiscalité qui était autre. Tout cela agit directement sur le pouvoir d’achat des travailleurs », a laissé entendre le syndicaliste.
Exigences des syndicalistes
Au regard de la hausse des prix depuis un certain temps, l’annonce de la revalorisation des salaires des travailleurs faite par le président Patrice Talon dans son message à la veille du nouvel an est une bonne nouvelle selon les syndicalistes. Mais pour eux, il est important que la hausse des salaires annoncée se fasse de sorte à impacter positivement la vie des travailleurs. « Le salaire doit permettre au travailleur de satisfaire l’ensemble de ses besoins », a indiqué Moudachirou Bachabi, secrétaire général de la Confédération générale des travailleurs du Bénin (CGTB), citant l’Organisation internationale du travail (OIT).
Pour ce faire, les responsables syndicaux ont formulé plusieurs doléances sous forme d’exigences. La première, « c’est que le gouvernement ouvre les négociations sur la fameuse augmentation des salaires ». La seconde exigence concerne l’inflation. Les responsables syndicaux demandent que le gouvernement joue son rôle de régulateur du marché en faisant un contrôle des prix. Les syndicalistes demandent en point 3 de leurs exigences, une relecture du Code général des impôts. Anselme Amoussou et ses camarades souhaitent que soit mis en place un cadre de concertation exclusivement dédié aux questions de salaire et que l’Etat s’engage à augmenter les salaires périodiquement sur une période minimale de trois ans.
En point 5, les centrales et confédérations syndicales demandent à l’Etat d’augmenter le SMIG et de procéder à une hiérarchisation des salaires. Ceci, « sans oublier le rattrapage de la hiérarchisation au titre de 2014 ». Les responsables syndicaux demandent que soient pris en compte dans la revalorisation salariale les pensionnés du privé comme du public. « Nous allons sur le même marché. Ce serait une injustice de ne pas les prendre les en compte », a indiqué Anselme Amoussou. Ils demandent également une baisse des taxes et une augmentation des allocations familiales.
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