INVESTIGATION-REPORTAGE

Ganiath Bello: une plume au service de la communauté et des femmes

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Ganiath Bello est l’une des journalistes blogueuses qui fait la fierté de la gent féminine dans son domaine.  Sa plume et sa passion pour le micro et la caméra l’ont très tôt propulsé au-devant de la scène. Très attachée au fait du numérique et des opportunités y afférentes, elle ne rate aucune occasion de partager son art et ses espérances. Ses secrets de réussites sont : le travail, la rigueur et la volonté de servir.

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Jeune femme béninoise, pétrie de talent, alliant une belle voix à une plume rare. Ganiath Bello, deuxième prix radio production médias pour les 10 ans de l’Autorité de régulation des communications électroniques et de la poste (ARCEP) au Bénin en décembre 2017 et distinguée meilleure blogueuse béninoise 2018 avec l'initiative Bénin Blog Awards est née de parents yoruba et mina.

La majeure partie de la scolarité de Ganiath s'est déroulée à Porto-Novo au cours primaire publique Attakè avant qu’elle ne rejoigne le  Lycée des Jeunes Filles Toffa 1er. Après l'obtention de son diplôme de Baccalauréat, série B, elle s’est inscrite en Linguistique en 2006 à l'Université d'Abomey-Calavi.

A cette époque, Ganiath savait déjà ce qu’elle voulait devenir : une journaliste. Car, dit-elle, « l'image de l'aînée Annick Balley présentant le 20h sur l'Ortb (la télévision nationale) m'a toujours fait un bel effet ». En linguistique, elle a donc choisi l'option Communication/médias en troisième année. Et parallèlement, elle a fait Radio Univers qui en 2007 l'a conduit à Radio Tokpa. Elle y a fait un peu plus de 4 ans, ensuite Golfe TV où elle a  été employée pendant trois ans.

Elle a travaillé comme journaliste sur la Web TV de l'Université d'Abomey-Calavi  mais avant elle a eu  quelques collaborations avec des médias en ligne dont Bénincultures et Infostime. En résumé, avec sa licence en communication, Ganiath totalise un peu plus de 10 ans d'expériences dans les médias classiques et en ligne. « Ces médias m'ont appris le métier. Je leur en serai toujours reconnaissante », confie-t-elle.

A l’origine de ‘’Les Cahiers de Ganiath Bello’’

‘’Les Cahiers de Ganiath Bello’’ se définissent comme une plateforme de promotion de la culture, du numérique, de la femme et de la jeunesse prioritairement africaine.  Ils ont vu le jour dans un contexte qui mérite d’être rappelé. En 2014, Ganiath a créé un blog, d'abord ganiebenie.wordpress.com qui est devenu ensuite ganiathbello.net puis enfin lescahiersdeganiath.blog , à la suite d'une formation de FTIC. 

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Mais elle se rappelle surtout de cette date, un mois de novembre 2014 et cette fâcheuse affaire de la suspension de l'organe de presse qui l'employait. Au cours de ce mois, l'opportunité d'une formation en blogging s'est présentée et elle l’a saisie. Au début, elle pensait en faire une plateforme de publication de ses textes en littérature. Elle a d'ailleurs créé le blog ''Le journal intime de Ganiath Bello'' qui existe toujours mais qu’elle ne fournit plus depuis longtemps. Le deuxième, ‘’Les Cahiers de Ganiath Bello’’, a pris le pas sur le premier.

Les sujets tels que l’autonomisation des femmes, l’émergence des jeunes, l’art et la culture que retracent ‘’les Cahiers de Ganiath’’ sont choisis à dessein et représentent pour la blogueuse, sa contribution dans le processus de développement de son pays. « Cela a toujours été dit que ''la femme n'aime pas la femme'', que nous nous jalousons, que la gent féminine est sa propre ennemie, ce n’est plus trop d’actualité », confie Ganiath. Et sa plume sert d’ailleurs à le prouver.

Pour Ganiath Bello, les leviers sur lesquels il faudra actionner pour espérer voir les femmes occuper davantage l'espace public et politique au Bénin et en Afrique, sont l’engagement et la combativité. Elle est foncièrement contre l’idée qu'on pose la problématique de la représentativité des femmes dans les instances de prise de décisions comme un problème de dispositions, de lois, de faveurs, ou de privilèges que les nations doivent établir pour favoriser la femme et son ascension.

« Je ne suis pas dans cette logique-là. J'appartiens à cette intelligence qui veut que la femme, ne soit plus prise comme un enfant pour qui il faut tout décider ou un aveugle à qui il faut tenir le bras », soutient-t-elle. La femme a l'obligation d'être combative au quotidien, même si c'est souvent pénible, pour briller dans les secteurs qu'elle aura choisis pour elle-même.

Une plume pour réajuster certains déséquilibres

La blogueuse s’indigne également du regard de la société sur les femmes qui aspirent à diriger. Elle évoque pour preuve les propos de la plupart des hommes chaque fois que Maitre Marie-Elise Gbedo se propose pour occuper le fauteuil présidentiel ou lorsqu'une jeune femme de surcroit belle fait partie du gouvernement. De la première, il est dit qu'elle ne passera pas parce que les femmes ne l'aiment pas. De la deuxième, il est dit qu'elle a peut-être servi certains de ses atouts dans les draps de tel ou tel autre.

« Je pense que ce sont des injustices que nous avons la responsabilité de corriger surtout pour d'autres générations de femmes », martèle-t-elle. Car, justifie Ganiath, la femme lorsqu'on y pense bien où qu'elle soit ou quoiqu'elle fasse, est un être extraordinaire à respecter au regard des responsabilités originelles qui sont les siennes à savoir donner la vie et éduquer les peuples.

La blogueuse soutient qu’il est nécessaire d'essayer de réajuster certains déséquilibres et corriger des erreurs du passé. Elle reste aussi convaincue que chaque gouvernement a besoin de son peuple surtout de sa jeunesse pour mieux réussir ses engagements. Selon elle, nous ne devons pas attendre les bras croisés que l'État fasse ceci ou cela et avoir après des propos pour mal critiquer.

Nous devons travailler et participer à la construction d'une société noble et juste, présente pour toutes les couches socioprofessionnelles. La veille citoyenne, c'est une responsabilité dans ce monde où internet est presque à la portée de tous. A part la presse, le blogging, Ganiath  consacre  le reste de son temps  à ses proches et d’autres hobbies. « Je prends soin de ma petite famille, je lis et j'écris », confie-t-elle.

 A la question de savoir où sera Ganiath Bello dans 10 ans en matière d'accomplissement, elle évoque un nouveau projet naissant ‘’Elles Médias’’ et complète : « Là où je dois être, selon les plans établis pour moi par Notre Créateur ».

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