
Chaque jour avec son lot de surprises et de rebondissements dans le dossier politico-judiciaire qu’il convient désormais d’appeler "Affaire Madougou", du nom de Reckya Madougou, l’opposante arrêtée pour des faits de terrorisme présumés.
L’invité du moment dans le sulfureux dossier a nom, Modeste Kérékou. Le fils de l’ancien Président, feu Général Mathieu Kérékou, qui tient le portefeuille des Petites et Moyennes entreprises dans le gouvernement de Patrice Talon, a jeté un pavé dans la marre vendredi 05 mars 2021.
De graves révélations
« Je me fais le devoir d’intervenir aujourd’hui, dans le débat qui agite l’actualité, pour partager avec l’opinion des informations dont j’ai connaissance et qui, au moment où je les recevais, m’ont laissé perplexe », c’est ainsi qu’il a justifié dès l’entame, sa décision de faire une déclaration.
Modeste Kérékou est venu sur la place publique avec des éléments qui remontent à décembre 2018 et qui sont, à l’en croire, d’une grande importance pour comprendre les accusations de terrorisme contre l’ancienne ministre de Boni Yayi recalée à la présidentielle 2021, faute de parrainage pour affronter Patrice Talon dans les urnes.
« Avec le recul, au regard des développements actuels de l’actualité, ces informations révèlent toute leur gravité mais aussi tout leur caractère nuisible. Replacées dans leur contexte comme dans le contexte actuel, elles sont de nature à favoriser la bonne compréhension des tentatives de déstabilisation de notre pays et c’est ce qui m’oblige à parler aujourd’hui », argumente le ministre Kérékou qui apprend avoir averti le Président Patrice Talon au moment des faits mais, celui-ci l’avait persuadé de les banaliser.
Aujourd’hui décidé à parler pour, dit-il, éclairer l’opinion publique, Modeste Kérékou raconte : « Le 23 décembre 2018, aux environs de 2h du matin, je reçois des messages WhatsApp d’un profil qui affiche le numéro togolais +228 93 39 33 39 avec la photo de dame Réckya Madougou. Surpris par la teneur des messages, j’ai tout de suite pris conscience de leur gravité et ai aussitôt fait une capture d’écran avant de répondre à l’expéditeur que je n’ai rien compris et de lui demander à qui j’avais à faire. C’est alors qu’avec empressement mon interlocuteur de l’autre côté a supprimé les messages. Je n’étais certainement pas la personne à qui elle adressait lesdits messages. Ensuite la photo de dame Madougou a été retirée du profil pour être remplacée par une photo montrant des panthères. Là également j’ai fait une capture d’écran ».
Images à l’appui, il révèle des messages attribués à Madougou qui témoigneraient, à l'en croire, de manœuvres ourdies pour déstabiliser le Bénin.
Les captures et les accusations de Kérékou



A en croire le révélateur des captures d’écrans, « plus de deux ans après, ces messages viennent aujourd’hui, dans le contexte du débat sur les tentatives de déstabilisation de notre pays par dame Madougou et compagnie, jeter une lumière crue sur les intentions de notre compatriote. Ils apportent la preuve qu’il y a longtemps qu’elle conspire contre notre pays et que les derniers événements ne sont que l’épilogue de ce qui se trame depuis des années ».
En rapprochant le moment de ces messages WhatsApp " parvenus par erreur " sur son téléphone des évènements tragiques qui ont entaché les élections législatives de 2019, Modeste Kérékou soutient qu’ils « révèlent sans autre interprétation que son auteure, dame Réckya Madougou, est tout sauf la patriote qu’elle prétend être au point d’aspirer à nous diriger contre vents et marrées, faute de quoi elle est prête à provoquer le chaos dans notre pays ».
Convaincu d’avoir à faire à de dangereuses personnes, le jeune ministre de Patrice Talon estime, « de tels personnages, pions à la solde de tous les intérêts sauf ceux du Bénin, n’hésitent pas à recourir à tous les moyens, toutes les manipulations et toutes les exagérations pour essayer de parvenir à leurs fins en abusant de la crédulité et de la bonne foi du peuple ».
« C’est eux qui terrorisent leur peuple »,
Reckya Madougou
Désormais en détention d’où elle ne peut réagir aux captures de Modeste Kérékou, Reckya Madougou ne se reconnaît pas dans les accusations de terrorisme mises à sa charge. Peu avant son arrestation, à une conférence conjointe avec le Professeur Joël Aïvo, la candidate du parti " Les Démocrates " accuse de son côté, le régime de Patrice Talon de se livrer au « terrorisme politique » contre ses opposants.
Reckya Madougou n’est pas surprise par ce qui lui arrive. L’ex-conseillère spéciale du président togolais Faure Gnassingbé argue qu'elle est victime d’un acharnement pour avoir décidé de se présenter contre Patrice Talon.
« N’avez-vous pas remarqué que vous avez beau avoir un parcours professionnel linéaire, dès lors que vous devenez opposant au Bénin ou candidat face à ce régime, vous devenez subitement terroriste ? », a-t-elle fait constater à une foule de partisans massée à la conférence de presse d’avant son arrestation à Porto-Novo, le mercredi 03 mars 2021.
« Ceux-là qui vous admiraient, magnifiaient votre parcours, qui vous félicitaient même quelques semaines plus tôt pour votre parcours, subitement, ils découvrent en vous des actions de terroriste et commencent par interpeller tout le monde autour de vous, préparant le terrain et venant vers vous ».
« RM » pour ses proches qui voient en elle une brave femme, affirme qu’elle ne réclame que des élections ouvertes et ne mène qu’un combat pour la démocratie dans son pays. « Réclamer la démocratie, réclamer des élections inclusives, c’est cela être malfaiteur ? », a demandé l’opposante.

5 commentaires
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Carlos
il y a 5 ansSam
il y a 5 ansJordan
il y a 5 ans