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Mali : la BCEAO applique les sanctions de la CEDEAO, le gouvernement réagit

Mali : la BCEAO applique les sanctions de la CEDEAO, le gouvernement réagit

Les autorités de la transition malienne ont déploré ce mercredi 2 février 2022 la mise en application par la BCEAO des sanctions de la CEDEAO contre le Mali.

Les autorités de la transition malienne ont déploré ce mercredi 2 février 2022 la mise en application par la BCEAO des sanctions de la CEDEAO contre le Mali.

b-assimi-goita-mali-cedeao-sanctionsAssimi Goïta, président de la transition du Mali

Le gouvernement malien exprime sa colère après la mise en application par la BCEAO des mesures contre le Mali. Opposée à la période de 5 ans demandée par gouvernement de la transition au Mali pour transmettre le pouvoir aux civils, la Communauté économique des Etats de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO) a pris des sanctions contre le pays.

Parmi ces sanctions, le gel des avoirs de l’Etat malien et des entreprises publiques et parapubliques à la BCEAO et le blocage de tous les transferts de l’Etat malien passant par les systèmes de paiement de la Banque Centrale. Dans un communiqué en date du lundi 1er février 2022, le ministre malien de l'économie et des finances, Alousséni Sanou apprend que ces mesures ont été appliquées par l'institution bancaire. 

« A cause de ces restrictions et malgré des avoirs suffisants du Trésor public du Mali dans ses livres, la Banque centrale n’a pas procédé au règlement de l’échéance du 28/01/2022 au titre du paiement du coupon sur les Obligations Assimilables du Trésor référencées ML0000001577 et ML0000001585 pour un montant total de 2 699 664 000 FCFA. Cette pratique de la BCEAO constitue une violation de l’article 11 du Règlement N°06/2013-CM-UEMOA sur les Bons et Obligations du Trésor émis par voie d’adjudication ou de syndication avec le concours de l’Agence UMOA-Titres », informe-t-il. 

« L’Etat du Mali déplore ces pratiques contraires aux règles de fonctionnement du marché monétaire et financier régional et ses conséquences préjudiciables sur les investisseurs. Au-delà, cette pratique fragilise le développement de notre marché financier régional et le décrédibilise auprès des investisseurs régionaux et internationaux », lit-on également dans le communiqué. A cause de la mise en application des sanctions de la CEDEAO par la BCEAO, le gouvernement malien a différé ses dettes. 

« En tout état de cause, l’Etat du Mali, qui a toujours honoré ses engagements sur le marché financier, tient à rassurer les investisseurs de sa volonté et de sa capacité à faire face à ses engagements. Aussi, les échéances non réglées seront immédiatement payées dès la levée des restrictions », souligne Alousséni Sanou.