Frédéric Joël Aïvo, constitutionnaliste et ancien candiat à la présidentielle 2021 au Bénin
Le nom de Frédéric Joël Aïvo reste associé à l’un des dossiers politico-judiciaires les plus commentés de ces dernières années au Bénin. Le constitutionnaliste béninois, agrégé de droit public et figure critique du pouvoir Talon avait été arrêté le 15 avril 2021 à Abomey-Calavi.
Connu pour son opposition à la prorogation du mandat présidentiel induite par la révision constitutionnelle de 2019, l’universitaire avait publiquement défendu la thèse selon laquelle « cinq ans, c’est cinq ans », contestant les 45 jours supplémentaires accordés au premier mandat du président Patrice Talon. Avant ladite réforme, l'entrée en fonction du président de la République se faisait le 06 avril de l'année d'élection. En fixant l'élection présidentielle au deuxième dimanche du mois d'avril de l'année d'élection et celle de l'entrée en fonction du président élu au quatrième dimanche de mai de l'année électorale, la réforme constitutionnelle de novembre 2019 a induit une rallonge d'environ 50 jours du premier mandat de Patrice Talon.
Joël Aïvo avait ensuite affiché son ambition de briguer la magistrature suprême lors de la présidentielle de 2021, avant d’être recalé par la CENA pour défaut de parrainage.
Après avoir appelé au boycott du scrutin du 11 avril 2021, Frédéric Joël Aïvo est arrêté quelques jours plus tard. Le 6 décembre 2021, la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) le condamne à dix ans de prison ferme pour « complot contre l’autorité de l’État » et « blanchiment de capitaux ». Lors de son procès, l'universitaire rejette les accusations et plaide non coupable. L'affaire Aïvo est perçue par une partie de l'opinion comme étant un dossier politique.
Le dossier a également été porté devant le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire, qui a appelé à sa libération après examen de la procédure. Malgré cette position, l’universitaire est toujours en prison.
0 commentaire
0 commentaire