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Arrestation de Reckya Madougou: contrattaque des avocats de l’opposante béninoise

Arrestation de Reckya Madougou: contrattaque des avocats de l’opposante béninoise

Les avocats de Reckya Madougou ont animé vendredi 5 mars 2021, une conférence de presse pour contrattaquer après la sortie médiatique du procureur de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET).

Les avocats de Reckya Madougou ont animé vendredi 5 mars 2021, une conférence de presse pour contrattaquer après la sortie médiatique du procureur de la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET).

Le dossier dans lequel Reckya Madougou a été arrêtée puis placée en garde à vue depuis mercredi 3 mars 2021 est-il politique ? Les avocats de l’opposante béninoise dont la candidature à l’élection présidentielle d’avril 2021 a été recalée en sont convaincus. Face à la presse vendredi 5 mars, Maîtres Renaud Agbodjo et Paul Kato Atita, membres du collège d’avocats qui défend Reckya Madougou, leur cliente « gravement mise en cause » selon le procureur spécial de la CRIET dans une affaire de terrorisme, est victime de machination politique.

« Elle a été interpellée dans un contexte politique pour des faits éminemment politiques et des incriminations politiques. Le terrorisme, c’est de la politique », a laissé entendre Me Paul Kato Atita. L’avocat juge que l’opposante est en train de payer son combat pour une élection présidentielle ouverte. « C’est simple. Elle est mise en cause pour terrorisme parce que tout simplement elle est dans la logique d’aller aux élections », croit savoir Me Paul Kato Atita.

A en croire les avocats de Reckya Madougou, l’affaire est un montage. « C’est un scénario qui a été pensé, qui a été monté et qui est en train d’être exécuté », fait savoir Me Renaud Agbodjo. L’avocat poursuit en indiquant que « le scénario qui a conduit à l’interpellation musclée de madame de Reckya madougou à la descente du pont de Porto-Novo n’est que le deuxième scénario. Si ce scénario avait échoué, il y aurait probablement un troisième scénario, voire un quatrième, un cinquième scénario ».

Un premier scénario, aux dires de Me Renaud Agbodjo, a été mis en œuvre sans succès. Ce premier scénario mis en branle contre Reckya Madougou, selon Me Renaud Agbodjo, est celui relatif au dossier Bio Dramane Tidjani. Dans ce dossier, Bio Dramane Tidjani, coordonnateur adjoint du parti ''Les Démocrates'' et proche collaborateur de Reckya Madougou, a été placé sous mandat de dépôt lundi 1er mars avec son neveu, Mamandou Tidjani pour association de malfaiteurs et terrorisme. A en croire Me Renaud Agbodjo, cette affaire qu’il qualifie de « scénario » avait pour finalité d’arrêter Reckya Madougou. « Comme ce scénario a échoué, pendant que ce scénario était en train de connaître son épilogue, un autre était en train d’être déroulé. C’est celui de l’arrestation de Geroges Sacca (un proche de Reckya Madougou, ndlr) et du colonel Touré ».

« Vous allez apprendre que Georges Sacca  a été interpellé à Parakou, présenté, entendu en l’absence d’un avocat. (..) On apprendra après que l’ex-colonel de l’armée, monsieur Touré aurait déclaré que monsieur Georges Sacca l’aurait instruit à la demande de madame Reckya Madougou d’attenter à la vie de certaines autorités de la ville de Parakou », a relaté Me Renaud Agbodjo d’indiquer que : « A aucun moment, elle n’a eu un contact physique, ni téléphonique, ni visuel avec monsieur Touré ».

« On se croirait dans un rêve »

Pour Me Renaud Agbodjo, les faits dont on accuse Reckya Madougou sont semblables à un songe. « Comment une personne bien constituée qui sait qu’elle a commandité des assassinats politiques, saurait-elle que les personnes à qui j’ai demandé de commettre des assassinats ont toutes deux été arrêtées, ont fait des aveux, pouvait-elle rester sereine comme elle l’a été jusqu’au jour de son arrestation ? (…) Comment vous pouvez comprendre qu’un terroriste, un malfaiteur décide de rester alors qu’il sait pertinemment qu’il y a des éléments de preuve contre lui ? », interroge Me Agbodjo avant d’ajouter : « On se croirait dans un rêve ».

Dans les faits présentés par le procureur spécial près la CRIET, Georges Sacca et l’ex-colonel de la gendarmerie à la retraite Ibrahim Mama Touré ont été interpellés au moment de la transaction financière de la mission d’élimination physique d’autorités politique de Parakou. Selon Me Renaud Agbodjo, même s’il y a transaction financière, cela ne saurait constituer une infraction. « Une remise de fonds ne peut jamais être considérée comme un commencement d’exécution », est catégorique l’avocat pour qui tant qu’il n’y a pas commencement d’exécution, il n’y a pas d’infraction pénalement répréhensible. « Dans ce pays, un juge d’instruction bien connu, alors qu’il y a eu remise de fonds, alors qu’il y a eu remise de produits nocifs, alors que ces produits nocifs ont été reçus pour être administrés à quelqu’un, le juge a dit que ces éléments sont des actes préparatoires et ne peuvent pas faire l’objet de poursuite et a conclu à un non-lieu », a laissé entendre Me Agbodjo allusion faite à l’affaire empoisonnement sur la personne de Boni Yayi et dans laquelle Patrice Talon, alors homme d’affaires a été cité comme étant l’instigateur. « Mais, aujourd’hui, vous convenez avec moi que c’est autre temps, autres mœurs ». 

1 commentaire

1 commentaire

Kaolo
il y a 5 ans
Madougou est un fruit politique beninois et togolais, on comprend certainement qu'elle a côtoyé les habitudes d'interpellation au Togo et de bousculade des opposants et comprend bien la technique d'inculpation. Je ne suis pas déçu de ce qu'elle vit, je souhaite seulement que cette voie l'éclaire sur la façon dont la politique se fait au Togo et au Benin. Si elle encourage les positions du gouvernement dans la mise à sac de l'opposition togolaise, elle .doit etre aussi en mesure de savoir qu'elle ne doit pas exporter la recherche de la liberté au Benin.
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