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MINUSCA: l’ONU donne 90 jours au Gabon pour élucider les accusations d’abus sexuels contre ses soldats

MINUSCA: l’ONU donne 90 jours au Gabon pour élucider les accusations d’abus sexuels contre ses soldats

Le secrétariat des Nations Unies donne 90 jours au Gabon pour faire la lumière sur les accusations d’abus sexuels à l’endroit de ses casques bleus rapatriés de la Centrafrique.

Le secrétariat des Nations Unies donne 90 jours au Gabon pour faire la lumière sur les accusations d’abus sexuels à l’endroit de ses casques bleus rapatriés de la Centrafrique.

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Antonio Guterres, Secrétaire général des Nations Unies

 

Le compte à rebours est déjà lancé. Depuis le 7 septembre 2021, l’Etat gabonais dispose de 90 jours pour faire des enquêtes sur les accusations d’abus sexuels dont seraient coupables ses casques bleus renvoyés de la Centrafrique. C'est une injonction du Secrétariat des Nations Unies après les dénoncaitaions d'abus sexuels impliquant des soldats gabonais en Centrafrique. « Le Bureau des services de contrôle interne (BSCI) a ouvert une enquête et se tient prêt à assister l’enquêteur national (choisi par le Gabon, Ndlr) sous réserve de sa désignation », ajoute un communiqué de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA), publié le mercredi 15 septembre.

Selon le communiqué, cinq filles ont été victimes d’abus sexuels impliquant des « membres non-identifiés du contingent militaire gabonais déployés dans une localité du centre du pays ». RFI rapporte que ces accusations d'abus sexuels ont commencé depuis 2017. Au total, précise le média français, 32 cas d’abus sexuels impliqueraient des soldats gabonais.

Conformément à la politique globale des Nations Unies d’aide et de soutien aux victimes d’actes d’exploitation et d’abus sexuels commis par des membres du personnel des Nations Unies ou du personnel apparenté, poursuit le communiqué de la MINUSCA, « les victimes identifiées ont été aussitôt prises en charge par les partenaires selon leurs besoins médicaux, psychosociaux et en matière de protection ».

Mais, eu égard à la « gravité de ces allégations et de la politique de tolérance zéro des Nations Unies, et sous réserve des conclusions de l’enquête, la MINUSCA a dépêché une mission pluridisciplinaire sur les lieux qui a fait une évaluation de la situation et pris des mesures de prévention des risques ». L’une des décisions phares est le rapatriement des soldats gabonais. Selon RFI, ils ont au total 450 soldats.

Cette décision, souligne la MINUSCA, se fonde sur la résolution 2272 du Conseil de Sécurité (2016) de l’ONU, dont le Comité permanent d'examen de mise en œuvre évalue le contingent gabonais depuis 2017. Cette résolution dispose qu’en cas de « preuves crédibles de cas répandus ou systémiques d’exploitation et d’abus sexuels commis par des unités d’un pays contributeur, ou lorsqu’un pays contributeur n’a pas pris les mesures voulues pour enquêter sur ces allégations, ou lorsqu’un pays contributeur n’a pas amené les auteurs de ces actes à en répondre ou informé le Secrétaire général des progrès des enquêtes ou des mesures prises, de remplacer toutes les unités du pays concerné ».