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Retour des biens culturels africains : un mot dérange les sénateurs français dans la loi

Retour des biens culturels africains : un mot dérange les sénateurs français dans la loi

Les sénateurs français ont amendé mercredi 4 novembre 2020 la loi d'exception portant restitution de 26 pièces du Trésor de Béhanzin au Bénin.

Les sénateurs français ont amendé mercredi 4 novembre 2020 la loi d'exception portant restitution de 26 pièces du Trésor de Béhanzin au Bénin.

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Biens culturels du Bénin 

 

Le Sénat français n’est pas d’accord avec le mot « restitution » contenu dans la loi sur le retour des trésors royaux à certains pays africains. Le mercredi 4 novembre 2020, les sénateurs ont amendé en « en procédure accélérée » cette loi sur le retour des biens culturels pillés par la France pendant la période coloniale. Entre autres biens, il y a 26 pièces du Trésor du roi Béhanzin pillées dans le palais d'Abomey en 1892 au Dahomey, (actuel Bénin) et conservées actuellement au musée du Quai Branly en France. Des trérors roayaux que réclament d'ailleurs le Bénin depuis 2018. 

Il ne s’agit pas que du cas du Bénin. Déjà renvoyé au Sénégal, le sabre à haute valeur symbolique  attribué à El Hadj Omar Tall, figure militaire et religieuse ouest-africaine du XIXe siècle est également concerné par la loi amendée. 

Après son adoption par les députés français, le Sénat a décidé d’encadrer la loi en changeant le mot « restitution » qui, selon le dictionnaire Larousse, signifie « rendre quelque chose que l'on possède indûment », par le mot « transfert ». Un amendement qui vise à éviter l’ouverture de la boîte de Pandore, selon Les EchosL’amendement de cette loi entre dans le cadre de l’accélération du processus de la restitution de ces biens culturels du Bénin et du Sénégal détenus par la France.

Le Sénat français craint qu’après le Sénégal et le Bénin, pays ouest-africains déjà ciblés pour la restitution, d’autres pays fassent des demandent alors que la provenance et la « traçabilité » de certaines œuvres ne sont pas encore établies, notamment à cause de la similitude entre les cultures de certains pays africains. « Il faut remettre de la sérénité et de la méthode dans la réflexion, pour examiner des demandes qui peuvent être légitimes, tout en évitant le 'fait du prince', motivé par des raisons diplomatiques », tempère Catherine Morin-Desailly, rapporteur et experte du sujet, rapportée par Les Echos.

Ces restitutions sont, en premier, une volonté du chef de l’Etat béninois, Patrice Talon d’accueillir les biens culturels de son pays détenus par la France, ainsi que l’engagement de son homologue français Emmanuel Macron de refonder les relations culturelles avec l'Afrique. Selon l’état de lieux dont le rapport a été rendu public en novembre 2018, 90 000 œuvres africaines ont été recensé dans les musées français dont plus 45 000 à restituer. Mais, selon les sénateurs, déjà 5 pays africains ont réclamé 13.000 objets.