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Monnaie ECO : magouille sur le franc CFA, les dénonciations d’un député français

Monnaie ECO : magouille sur le franc CFA, les dénonciations d’un député français

Le député  français, Jean-Paul Lecoq a dénoncé une réforme du Franc CFA qui ne change pas grand-chose. C’est lors du vote du projet de loi autorisant la ratification de l’accord de coopération entre la France et les États membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), au parlement français.

Le député  français, Jean-Paul Lecoq a dénoncé une réforme du Franc CFA qui ne change pas grand-chose. C’est lors du vote du projet de loi autorisant la ratification de l’accord de coopération entre la France et les États membres de l’Union économique et monétaire ouest-africaine (UEMOA), au parlement français.

cfa-monnaie-eco-jean-paul-lecoq Jean-Paul Lecoq

Un député français ne partage pas les termes proposés dans les accords qui doivent mettre fin au Franc CFA. Jeudi 10 décembre 2020, Jean-Paul Lecoq a déploré une réforme cosmétique du franc CFA et a invité ses collègues a rejeté le projet de loi qui doit donner naissance à l’Eco de l’UEMOA. « C’est à regret que je me tiens ici pour défendre cette motion de rejet préalable du projet de loi autorisant la ratification de l’accord de coopération entre la France et les États membres de l’Union monétaire ouest-africaine », a-t-il déclaré devant l’Assemblée nationale.

Selon ce député du parti communiste français, cette « réforme n’a pas été faite pour changer quoi que ce soit sur la forme » et « la méthode confirme la condescendance de la France vis-à-vis de ces pays ».

Pas de grands changements

Lors d’une visite à Abidjan en décembre 2019, rappelle le député d’opposition, le président français, Emmanuel Macron et son homologue ivoirien, Alassane Ouattara ont annoncé la fin du Franc CFA dans les huit pays de l’UEMOA.

Jean-Paul Lecoq n’apprécie pas cette réforme qui, selon lui, ne fait que préserver les intérêts français. « Rien ne changera, et le cordon ombilical qui relie le franc CFA à la zone euro va perdurer, au travers de l’arrimage à l’euro, de la liberté des transactions et de la convertibilité illimitée entre les deux monnaies, ce triple lien permettant à toute multinationale qui fait du commerce dans la zone monétaire du franc CFA de voir ses investissements sécurisés sur le long terme », souligne le député communiste.

Les trois choses qui vont changer, souligne-t-il, sont le nom, la possibilité pour la BCEAO de déposer ses réserves de change ailleurs qu’au Trésor français et l’absence de Français dans la gouvernance de la zone monétaire. Mieux, alerte Lecoq, « l’étude d’impact du projet de loi affirme que la fin de l’obligation de réserve de change au Trésor français ne modifiera absolument pas la tutelle monétaire. En revanche, cette disposition allégera le coût supporté par la France, qui n’aura plus à rémunérer les avoirs déposés sur le compte dédié ; voilà qui en dit long sur l’état d’esprit de ses auteurs ».

Quant à l’absence de Français dans la gouvernance de la zone monétaire, la lecture attentive de l’article 4 de l’accord commande de la nuancer, apprend le député. « La France sort par la porte pour mieux revenir par la fenêtre ».  A son avis, « l’objectif de la France vis-à-vis de l’UEMOA est clair : faire taire les critiques populaires sur le franc CFA par une réforme plus que minimaliste ».