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Modernisation du foncier : Terra Bénin et le PPMEC II lancés pour accélérer la couverture cadastrale, ce qu'il faut comprendre

Modernisation du foncier : Terra Bénin et le PPMEC II lancés pour accélérer la couverture cadastrale, ce qu'il faut comprendre

Avec l'appui de la Banque mondiale et du Royaume des Pays-Bas, le Bénin engage une nouvelle étape de sa réforme foncière. Ce vendredi 6 novembre 2026, le ministre Nicolas Yenoussi a procédé au lancement de Terra Bénin et le PPMEC II, deux programmes qui visent à étendre le cadastre national, sécuriser les droits de propriété et améliorer l'accès des populations aux services fonciers.

Avec l'appui de la Banque mondiale et du Royaume des Pays-Bas, le Bénin engage une nouvelle étape de sa réforme foncière. Ce vendredi 6 novembre 2026, le ministre Nicolas Yenoussi a procédé au lancement de Terra Bénin et le PPMEC II, deux programmes qui visent à étendre le cadastre national, sécuriser les droits de propriété et améliorer l'accès des populations aux services fonciers.

Vue partielle des personnes qui ont pris part à la cérémonie de lancement des programmes  Terra Benin et PPMEC II, ce vendredi 6 novembre 2026 à Cotonou

Vue partielle des personnes qui ont pris part à la cérémonie de lancement des programmes Terra Benin et PPMEC II, ce vendredi 6 novembre 2026 à Cotonou

Le Bénin accélère la modernisation de son administration foncière. Le gouvernement a procédé, vendredi 6 novembre 2026 à Cotonou, au lancement conjoint du programme Terra Bénin et du Projet de participation à la mise à l'échelle du cadastre national (PPMEC II). À travers cette initiative, les autorités entendent renforcer les acquis des précédentes réformes et étendre progressivement la couverture cadastrale à une plus grande partie du territoire national.

 

La cérémonie a réuni les responsables de l'Agence nationale du domaine et du foncier (ANDF), les représentants des partenaires techniques et financiers ainsi que plusieurs acteurs institutionnels. Pour le directeur général de l'ANDF, Xavier Zola, cette nouvelle étape doit permettre de consolider les efforts engagés en faveur d'une administration foncière plus performante. Il a notamment rappelé que « la sécurité des droits qui s'y attachent constitue dès lors une condition essentielle de confiance et de vérité dans notre société ».

Les personnalités ayant pris par part à la cérémonie de lancement des programmes  Terra Benin et PPMEC II, ce vendredi 6 novembre 2026 à Cotonou

Les deux programmes s'inscrivent dans la continuité des initiatives soutenues depuis plusieurs années par le gouvernement béninois et ses partenaires. Ils doivent notamment favoriser une meilleure connaissance du territoire, faciliter l'identification des détenteurs de droits fonciers et rendre les services administratifs plus accessibles. L'objectif est également de réduire les conflits liés à la terre, qui constituent encore une source de tensions pour de nombreuses familles et entravent parfois les investissements économiques.

 

 

Terra Bénin, un programme de dix ans pour changer d'échelle

 

Présentant les grandes orientations de Terra Bénin, Fabrice Gilles Kossou, chef du département Cadastre, opérations et informations foncières, a expliqué que le programme est conçu sur dix ans, avec une première phase de cinq ans. Celle-ci prévoit des interventions dans 14 communes : Natitingou, Bèmbèrèkè, Ouessè, Kétou, Dassa-Zoumè, Savalou, Djidja, Aplahoué, Abomey, Kouékanmè, Lokossa, Ouidah, Kpomassè et Adjohoun.

 

Cette première phase doit notamment permettre d'enregistrer au moins 1,5 million de parcelles et de délivrer un million de certificats d'enregistrement au cadastre, selon les objectifs présentés. Le programme prévoit également le renforcement des capacités de l'ANDF, de l'Institut géographique national (IGN) et des structures communales chargées de la gestion foncière. L'amélioration de la plateforme numérique e-Foncier Bénin figure aussi parmi les priorités.

 

À terme, Terra Bénin ambitionne de couvrir 44 communes et de contribuer à la délivrance de quatre millions de certificats d'enregistrement. Sa représentante résidente au Bénin, Karine Bachongy, a souligné la portée de cette initiative, présentée comme le plus important programme foncier financé par la Banque mondiale en Afrique. « Sécuriser les droits fonciers, donner aux familles davantage de sérénité, c'est aussi permettre aux entrepreneurs, aux femmes et aux jeunes, la possibilité d'investir. Et c'est aussi prévenir les conflits, renforcer la cohésion sociale », a-t-elle expliqué.

 

 

Le PPMEC II pour consolider les acquis

 

En complément, le PPMEC II, soutenu par le Royaume des Pays-Bas, doit renforcer les acquis des précédentes interventions et accompagner l'extension du cadastre. L'ambassadeur néerlandais, Joris Jurriëns, a rappelé les résultats obtenus depuis 2018-2019 grâce à l'accompagnement de son pays. Parmi eux figurent le développement de la plateforme numérique cadastrale, la couverture intégrale de Cotonou, Parakou et Porto-Novo ainsi que le recensement d'environ 644 000 parcelles.

 

La nouvelle phase prévoit notamment la couverture intégrale de six communes et un accompagnement technique de l'ANDF et de l'IGN dans douze autres communes, selon les précisions apportées par le diplomate. Avec la contribution de la Banque mondiale, l'ambition est de porter à 56 le nombre de communes couvertes par les deux programmes, soit près des deux tiers des communes du Bénin.

Nicolas Yenoussi, ministre délégué chargé des Finances et de la Microfinance, ce vendredi 6 novembre 2026 à Cotonou

 

Pour le ministre délégué chargé des Finances et de la Microfinance, Nicolas Yenoussi, ce lancement conjoint traduit la volonté du gouvernement de faire converger les interventions autour d'un même objectif national. Il a insisté sur la nécessité d'une coordination efficace entre les institutions, les communes et les partenaires. Il a également appelé à placer les citoyens au cœur du processus, notamment à travers une communication de proximité et une prise en compte rigoureuse de leurs observations et réclamations.

 

Au-delà des outils numériques et des opérations de cartographie, la réussite de cette réforme dépendra donc de l'appropriation du dispositif par les populations et de la qualité du suivi sur le terrain. Car, comme l'a rappelé Karine Bachongy, « cartographier la terre, c'est sécuriser le présent. Reconnaître les droits, c'est permettre d'investir pour l'avenir ».

 

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