Vue partielle des participants à l'ouverture du Forum d’investissement sur les zones économiques spéciales, ce mercredi 21 octobre 2026 à Cotonou
Faire de la transformation locale un moteur de croissance en rapprochant les projets industriels de ceux qui peuvent les accompagner. C’est l’ambition affichée à l’ouverture du Forum d’investissement sur les zones économiques spéciales, organisé par Afreximbank, la Zone industrielle de Glo-Djigbé (GDIZ) et Panafritex. Prévu sur deux jours, les 21 et 22 octobre 2026, ce rendez-vous réunit des acteurs publics et privés autour des possibilités d’investissement offertes par la plateforme industrielle béninoise. Les activités se déroulent autour du thème "investir dans l'industrialisation et création de valeur''.
Pour Létondji Beheton, directeur général de la SIPI-Bénin, l’industrialisation constitue une voie essentielle pour mieux valoriser les ressources africaines. « Notre ambition ne peut plus se limiter à produire et à exporter les matières premières. Nous devons aller plus loin, transformer davantage notre continent, développer les industries compétitives et renforcer nos chaînes de valeur », a-t-il déclaré.
Létondji Beheton a rappelé que le Bénin a longtemps exporté son coton sans en tirer toute la valeur ajoutée liée à sa transformation en produits finis. Avec la GDIZ, le pays développe désormais des unités intégrées qui permettent de passer de la fibre aux vêtements. Selon les chiffres avancés lors de son intervention, plus de 40 000 tonnes de fibres de coton sont transformées dans la zone. Il évoque la possibilité à terme de transformer la quasi-totalité de la production nationale dans les cinq à sept prochaines années.
La diversification industrielle concerne aussi d’autres ressources. La GDIZ dispose notamment d’une unité de production de carreaux dont la capacité dépasse 3,5 millions de mètres carrés par an, à partir de matières premières locales comme l’argile et le kaolin. Pour Beheton, ces activités doivent contribuer à accroître les revenus du pays et à créer des milliers d’emplois. Il avance une perspective de plus de 300 000 emplois dans les cinq à sept prochaines années.
Le financement et les débouchés au cœur des échanges
Cette montée en puissance nécessite toutefois des capitaux et des marchés. Jean Arsène Yerima, directeur régional des opérations d’Afreximbank pour l’Afrique de l’Ouest francophone, a rappelé que la banque accompagne le développement de la zone et souhaite attirer de nouveaux investisseurs et acheteurs.
« C’est maintenant qu’il faut investir sur cette zone industrielle », a-t-il lancé, invitant également les acheteurs à s’intéresser aux produits qui y sont fabriqués. Afreximbank entend soutenir les entreprises grâce à des financements et à des mécanismes de partage des risques. La banque promeut aussi le Système panafricain de paiement et de règlement (PAPSS), qui facilite les transactions commerciales entre pays africains en monnaies locales.
Le forum prévoit des rencontres entre entreprises et institutions, des échanges entre acteurs publics et privés, ainsi que des mises en relation entre fournisseurs et acheteurs. La deuxième journée, jeudi 22 octobre, doit se poursuivre au sein de la GDIZ, avec des visites d’unités industrielles.
Président du Conseil national du patronat du Bénin, Eustache Kotingan a, lui aussi, exhorté les entrepreneurs et investisseurs à saisir les possibilités offertes par la zone. Il a appelé le secteur privé à concrétiser les opportunités offertes par la zone industrielle. Il s’agit d’identifier les matières premières, les débouchés commerciaux et les financements nécessaires au développement d’activités compétitives.
Pour la GDIZ et ses partenaires, attirer les capitaux, développer la production locale et trouver de nouveaux marchés sont autant de leviers pour faire des ressources béninoises une source de richesse et d’emplois durables.
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