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Libération de Bazoum exigée par l’UE : l’AES fustige une «ingérence grave» et rejette toute leçon de gouvernance

Libération de Bazoum exigée par l’UE : l’AES fustige une «ingérence grave» et rejette toute leçon de gouvernance

La Confédération des États du Sahel (AES) dénonce une tentative d’ingérence dans les affaires intérieures du Niger et rejette toute pression extérieure suite à la résolution adoptée par le Parlement européen sur la détention de l’ancien président nigérien Mohamed Bazoum.

La Confédération des États du Sahel (AES) dénonce une tentative d’ingérence dans les affaires intérieures du Niger et rejette toute pression extérieure suite à la résolution adoptée par le Parlement européen sur la détention de l’ancien président nigérien Mohamed Bazoum.

Les présidents Goita, Traoré et Tiani respectivement du Mali, du Burkina Faso et de Niger

Les présidents Goita, Traoré et Tiani respectivement du Mali, du Burkina Faso et de Niger

La résolution du Parlement européen, largement adoptée le 11 mars 2026, demandant la libération de l’ancien président du Niger Mohamed Bazoum, n’est pas du goût de l’AES. Elle a provoqué la colère à Niamey et dans l’Alliance des États du Sahel (AES).

 

La résolution adoptée par 524 députés sur 555 «condamne fermement le maintien en détention arbitraire du président Bazoum, démocratiquement élu, et de son épouse, ainsi que de toutes les autres personnes placées en détention lors du coup d’État».

 

Elle demande par ailleurs la «libération immédiate et inconditionnelle» de l’ancien président du Niger et de son épouse. Elle exhorte les autorités nigériennes à rétablir l’ordre constitutionnel et à organiser des élections libres.

 

La résolution évoque également «une dégradation» de la situation sécuritaire au Niger depuis le putsch du 26 juillet 2023 et s’inquiète de la répression visant des acteurs politiques, des journalistes et des organisations de la société civile.

 

En réponse, dans un communiqué lu le 19 mars 2026 sur RTB (la télévision nationale du Burkina Faso), la Confédération des États du Sahel « condamne avec fermeté cette ingérence grave, concertée et délibérée dans les affaires intérieures d'un État souverain». 

 

Dans son communiqué signé par le capitaine Ibrahim Traoré, président de la Confédération, l’AES accuse le Parlement européen d’avoir agi « sous le couvert d’une prétendue humanité ».

 

L’organisation sahélienne estime que l’institution européenne a fait preuve de « sélectivité tant inopportune que malveillante ». Ce, en gardant selon elle, « un silence assourdissant » sur d’autres violations du droit international et sur « la crise sécurité orchestrée que la Confédération AES traverse depuis plus d'une décennie».

 

L’AES critique ce qu’elle présente comme l’influence d’« acteurs connus animés d’un paternalisme rétrograde, nostalgique d’un passé colonial révolu ». Elle affirme que la résolution européenne viserait en réalité à préserver des « intérêts économiques et géostratégiques inavoués » dans le Sahel.

 

Selon la Confédération, les initiateurs du texte chercheraient à rétablir « un système créé et entretenu pour ne servir que les intérêts de l’ancienne puissance coloniale au détriment des aspirations légitimes des populations du Sahel ».

 

Une position de fermeté face à la demande de libération

 

L’AES insiste sur le fait qu’elle n’a « ni d’injonction ni de leçon de gouvernance à recevoir ». La confédération à par la même occasion accusé les «acteurs» du Parlement européen être les relayeurs « voire la source de fausses informations». Ces acteurs «gagneraient à recentrer leurs efforts sur la gestion de leur propre crise sociétale», suggère l’AES. 

 

«La Confédération AES tient à souligner qu'une telle résolution totalement en défasage avec la nouvelle dynamique politique, économique et sociale enclenchée par les peuples de l'espace confédéral ne saurait en aucun cas influencer sa marche», conclut le communiqué. 

 

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