Romuald Wadagni, candidat à la présidentielle 2026 en campagne
Romuald Wadagni embarque le septentrion et impose son rythme à la campagne présidentielle. Le candidat de la mouvance a sillonné cinq départements, visité onze communes et parcouru plus de 3 000 kilomètres en cinq jours de campagne pour le scrutin du 12 avril 2026. Après une journée de pause, il entame, avec sa colistière Mariam Chabi Talata, la deuxième phase de cette campagne électorale à partir du jeudi 2 avril, à travers les départements du Sud. Avant cette nouvelle étape, retour sur les faits marquants de sa tournée dans les communes du Nord et du Centre.
Romuald Wadagni, le visage de l’unité nationale
À mesure que la campagne progresse, l’image de Romuald Wadagni s’affirme comme celle d’un candidat en quête de rassemblement, porté par des symboles et des gestes politiques forts. Le choix de Tchaourou et de Savè, longtemps perçues comme des bastions de l’ancien président Boni Yayi, traduit une volonté claire de dépasser les clivages politiques traditionnels.
Dans ces localités, le candidat est allé à la rencontre des populations avec un message d’inclusion, martelant qu’aucune partie du territoire ne saurait être marginalisée. Cette démarche contribue à forger une stature d’homme d’État, soucieux de s’adresser à tous les Béninois sans distinction. À travers ses déplacements, il laisse entendre qu’« il n’y a pas de zone taboue », posant ainsi les bases d’un discours centré sur l’unité nationale et le développement équilibré.
Sur le terrain, cette posture semble trouver un écho favorable. À Savè comme à Tchaourou, les mobilisations observées traduisent une adhésion progressive, marquée par des scènes de liesse et une forte participation. Pour de nombreux habitants, le candidat apparaît davantage comme un porteur d’espoir que comme un simple adversaire politique. À cette dynamique s’ajoute le ralliement de Chabi Yayi, fils de l’ancien chef de l’État, un soutien perçu comme un signal politique significatif. Ce rapprochement renforce l’image d’un candidat capable de fédérer au-delà des clivages.
Les engagements et les grandes annonces
Au fil des étapes, notamment dans les Collines et à Tchaourou, la campagne de Romuald Wadagni a pris une dimension résolument programmatique, marquée par des engagements concrets en réponse aux préoccupations locales.
À Tchaourou, l’accent a été mis sur le secteur agricole, avec une attention particulière accordée aux producteurs de maïs et de soja. « L’agriculture va bénéficier d’une grande partie de nos énergies. Nous avons entendu les cris du cœur de plusieurs producteurs », a-t-il déclaré, annonçant une concertation avec les acteurs de la filière en vue d’une homologation des prix du soja. Il a également promis la reconstruction du pont sur le fleuve Okpara, une infrastructure jugée essentielle pour le désenclavement de la zone.
À Savè, le discours s’est élargi à la valorisation des savoir-faire locaux et à la relance économique. Saluant le rôle des chasseurs dans la préservation de la paix, il a affirmé : « Nous allons nous asseoir ensemble pour voir comment faire de votre métier une vraie profession. » Il a aussi annoncé la relance de la société sucrière de Savè, avec l’ambition de bâtir une unité industrielle mécanisée plus performante. À cela s’ajoute la volonté d’exploiter les gisements de granit ornemental, avec en perspective la création d’emplois et l’exportation vers la sous-région.
Un candidat qui lève les foules
Le rythme de la campagne est soutenu, presque effréné. Mais au-delà de l’endurance du candidat, c’est surtout l’ampleur de la mobilisation populaire qui retient l’attention. Des places publiques aux carrefours stratégiques, des villages enclavés aux centres urbains, les foules se rassemblent bien avant l’arrivée du cortège. Femmes, jeunes, artisans et commerçants convergent pour apercevoir, écouter et parfois interpeller le candidat. Les chants, les slogans et les gestes d’adhésion rythment ces rencontres, qui prennent souvent des allures de démonstration de force.
À chaque étape, l’accueil semble gagner en intensité, porté par un effet d’entraînement qui dépasse les cercles militants. Le candidat multiplie les bains de foule, serrant des mains, échangeant quelques mots et cultivant un contact direct avec les populations. Dans certaines localités, l’affluence est telle qu’elle déborde les dispositifs prévus, obligeant à réorganiser le programme. Au fil des kilomètres, la campagne s’impose ainsi comme un véritable baromètre populaire.
Une stratégie de développement ancrée dans les réalités locales
Au cœur de ses déplacements, Romuald Wadagni met en avant une approche centrée sur les réalités quotidiennes des populations, en particulier celles des paysans, des éleveurs, des femmes et des jeunes. À Ségbana, il a détaillé les contours d’une ambition sociale fondée sur la protection et l’inclusion. « Nous allons rapidement, dans le dialogue avec chacun, mettre en place ce qu’il faut pour que la protection sociale et la retraite soient une réalité pour les paysans, mais aussi pour les femmes des marchés et les jeunes », a-t-il affirmé.
Cette orientation s’inscrit dans ce qu’il présente comme une nouvelle phase du développement économique. « La phase suivante de notre développement est celle du développement par le bas pour réduire la pauvreté de masse et éradiquer l’extrême pauvreté », a-t-il déclaré. Il souligne ainsi un changement d’approche dans les priorités.
Dans cette dynamique, il promet un rapprochement de l’action publique avec les citoyens. « Nous allons rapprocher les actions publiques au plus près de vous pour que vos problèmes soient traités efficacement », a-t-il assuré. La question de la microfinance a également occupé une place importante, notamment dans ses échanges avec les femmes commerçantes. Il évoque des mesures visant à faciliter l’accès au financement, sans exigences de garanties lourdes.
Désenclavement et valorisation culturelle
Face aux populations de Kouandé, le candidat a exposé une vision du développement fondée à la fois sur l’amélioration de l’accessibilité et la valorisation des richesses culturelles. Il a insisté sur la nécessité de renforcer les infrastructures routières afin de faciliter la circulation des biens et des personnes. « Nous allons faire en sorte que la région soit encore plus accessible pour que vous puissiez écouler vos productions jusqu’au Togo, au Nigeria et au Burkina Faso », a-t-il déclaré, mettant en avant l’ouverture des marchés sous-régionaux.
Au-delà des enjeux économiques, il a également souligné le potentiel touristique et culturel de Kouandé, qu’il estime comparable à celui de Nikki. « Il faudra valoriser davantage le potentiel culturel et touristique de Kouandé (…) comme cela a été fait ailleurs », a-t-il affirmé, suggérant une mise en valeur des sites emblématiques.
Dans cette perspective, il évoque une modernisation globale de la zone, incluant la construction d’infrastructures touristiques telles que des hôtels, des auberges et des espaces modernes, tout en veillant au respect des cultures et des traditions locales. Le candidat a placé, dans son projet de société, le tourisme comme un secteur transversal pour toutes les communes.
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