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Journalistes tués dans le monde: 2025, année noire, l’armée Israël au banc des accusés se défend

Journalistes tués dans le monde: 2025, année noire, l’armée Israël au banc des accusés se défend

Le bilan annuel du Comité pour la protection des journalistes, publié mercredi 25 février 2026, fait état d’un niveau de mortalité inédit parmi les professionnels de l’information, avec une majorité des décès attribuée à Israël, qui conteste ces accusations.

Le bilan annuel du Comité pour la protection des journalistes, publié mercredi 25 février 2026, fait état d’un niveau de mortalité inédit parmi les professionnels de l’information, avec une majorité des décès attribuée à Israël, qui conteste ces accusations.

129 journalistes et employés des médias ont perdu la vie dans le monde en 2025, un niveau jamais atteint depuis trois décennies de recensement. C’est ce que renseigne le rapport annuel du Comité pour la protection des journalistes (CPJ) publié mercredi 25 février 2026. Le rapport décrit une progression continue, après les 124 morts enregistrés en 2024, et désigne l’armée israélienne, Tsahal, comme responsable dans près des deux tiers des cas.

 

« Des journalistes sont tués en nombre record à un moment où l’accès à l’information est plus important que jamais », déclare Jodie Ginsberg, directrice générale de l’organisation. Le rapport souligne que « l’armée israélienne a désormais commis davantage d’assassinats ciblés de membres de la presse que n’importe quelle autre armée gouvernementale à ce jour, l’écrasante majorité des personnes tuées étant des journalistes et travailleurs des médias palestiniens à Gaza ».

 

Les autorités israéliennes rejettent ces « allégations ». L'armée israélienne rejette « fermement les allégations présentées dans le rapport » du CPJ, a déclaré à l'AFP un porte-parole militaire israélien. Il a affirmé que les forces israéliennes ne visent « pas intentionnellement les journalistes ou les membres de leur famille ». Selon lui, l’armée met « en œuvre tous les moyens possibles pour réduire les atteintes aux civils, y compris les journalistes ».

 

Sur les zones de conflit, le territoire palestinien concentre à lui seul 86 morts. L’Ukraine et le Soudan suivent loin derrière avec respectivement quatre et neuf victimes. Au-delà des champs de bataille, de nouvelles menaces émergent. « L’un des constats marquants de ces dernières années est la hausse du recours aux drones », observe Carlos Martinez de la Serna, chef de projet au sein de l'organisation du CPJ. Il évoque 39 cas documentés contre deux seulement en 2023. La criminalité organisée s’impose aussi comme un facteur de risque majeur. Au Mexique, six journalistes ont été tués en 2025, tandis que d’autres assassinats ont été signalés en Inde et au Pérou.

 

Le rapport mentionne également une exécution qui a marqué l’année : celle du chroniqueur saoudien Turki al-Jasser. L’éditorialiste, connu pour ses écrits sur les droits des femmes et la cause palestinienne, a été mis à mort en juin par les autorités de l'Arabie Saoudite après une condamnation pour terrorisme et haute trahison, accusations qualifiées « d’allégations fallacieuses » par l’organisation. Ce cas constitue le premier meurtre documenté d’un journaliste dans ce pays depuis l’assassinat de Jamal Khashoggi en 2018.

 

« Les attaques contre les médias sont un indicateur majeur d’atteintes à d’autres libertés, et il faut faire bien davantage pour empêcher ces assassinats et punir leurs auteurs. Nous sommes tous en danger lorsque des journalistes sont tués pour avoir couvert l’actualité », insiste Jodie Ginsberg.

 

Fondée en 1981 à New York, l’organisation à l’origine de ce bilan est financée par des fondations et des fonds privés et dirigée par un conseil réunissant professionnels des médias et figures de la société civile.

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